Le chanteur britannique Boy George, figure historique de Culture Club, s’est attiré les foudres des internautes après la publication d’une chanson sur X (ex-Twitter) soutenant la position israélienne dans le conflit à Gaza. Intitulé « Od Nirkod (We Will Dance Again) », ce titre au style reggae, non disponible sur les plateformes de streaming, a été partagé le 8 août 2026 avec la mention « Shalom ». Selon Euronews FR, cette initiative a provoqué un tollé en ligne, Boy George contestant ouvertement l’existence d’un génocide dans la bande de Gaza, en dépit des rapports d’organisations internationales comme l’ONU, Amnesty International ou Human Rights Watch.

Ce qu'il faut retenir

  • Boy George publie une chanson pro-israélienne, « Od Nirkod (We Will Dance Again) », sur X le 8 août 2026.
  • Le titre nie l’existence d’un génocide à Gaza, malgré les conclusions d’organisations internationales.
  • Un rapport de l’ONU de 2025 accuse Israël de « génocide » contre les Palestiniens à Gaza et de « crimes de guerre » en Cisjordanie.
  • Les paroles de la chanson citent des attaques du Hamas du 7 octobre 2023 et s’ouvrent sur une comparaison entre « génocide » et « guerre ».
  • Boy George, non juif mais soutien affiché d’Israël, a ignoré les appels du mouvement BDS à boycotter des représentations en Israël.
  • La chanson a suscité des réactions virulentes sur les réseaux sociaux, certains qualifiant le morceau de « propagande sioniste ».

Le titre choisi par Boy George, « Od Nirkod », reprend une expression liée à l’attaque du Hamas contre le festival Supernova Sukkot Gathering le 7 octobre 2023, qui avait fait 378 morts et déclenché l’offensive militaire israélienne à Gaza. Ce même intitulé avait déjà été utilisé pour un documentaire sorti en 2024, retraçant cet événement. Dans sa chanson, le chanteur britannique évoque notamment la réponse israélienne face aux attaques, avec des paroles comme : « Tu dis génocide / moi je dis guerre / quand on t’attaque / c’est à ça que sert l’armée ».

Ces propos s’inscrivent en totale contradiction avec les conclusions de plusieurs rapports internationaux. Selon Euronews FR, une commission indépendante de l’ONU a établi en 2025 que « les autorités et forces de sécurité israéliennes ont délibérément pris pour cible des enfants palestiniens, entraînant un génocide et des crimes d’atrocité dans la bande de Gaza, ainsi que des crimes de guerre en Cisjordanie ». Le rapport rappelle une conclusion rendue en 2024, selon laquelle « Israël avait commis un génocide contre le groupe palestinien dans la bande de Gaza », précisant que l’ampleur des opérations militaires israéliennes a causé « des niveaux sans précédent de morts, de blessures et de traumatismes chez les enfants palestiniens ».

Boy George va plus loin en qualifiant ses détracteurs de propagandistes. Dans le morceau, il dénonce : « Des jeunes filles violées contre des arbres / assassinées brutalement / tu condamnes les Juifs / avec une mémoire sélective ». Ces accusations s’ajoutent à des propos visant les artistes soutenant la cause palestinienne, qu’il compare à des « moutons bêlant », alimentant selon lui une « propagande alimentée par internet ».

La publication de ce titre a immédiatement suscité une vague de réactions indignées sur les réseaux sociaux. Plusieurs internautes ont rappelé les chiffres avancés par des organisations humanitaires : plus de 20 000 enfants tués à Gaza, une population palestinienne « nettoyée ethniquement » et parquée dans des zones de confinement, plus de 80 % des infrastructures détruites, ainsi que des milliers de personnes victimes d’épuration ethnique en Cisjordanie. « Honte à toi », a lancé un utilisateur de X, tandis qu’un autre qualifiait la chanson de « morceau sordide de propagande sioniste répugnante, conçu pour justifier le massacre de plus de 80 000 Palestiniens, dont plus de 20 000 enfants ».

Parmi les réactions les plus vives, certains internautes ont pointé du doigt le passé judiciaire de Boy George. En 2007, l’artiste avait été condamné à 15 mois de prison pour avoir séquestré et frappé un escort masculin avec une chaîne en métal. « Il a vendu son âme. Je suis tellement déçu. Ses proches irlandais, qui se sont battus pour la liberté, seraient horrifiés », a écrit un utilisateur, faisant référence aux origines irlandaises catholiques de Boy George.

Boy George, qui n’est pas de confession juive, affiche depuis plusieurs mois un soutien sans équivoque à Israël. Lors d’un événement Eurovision à Londres en 2026, il avait déclaré : « J’ai beaucoup, beaucoup d’amis juifs que je connais depuis que j’ai 15 ou 16 ans. Est-ce que l’on me demande, en tant qu’être humain de principe, de tourner le dos à mes amis juifs ? Cela n’arrivera pas, cela n’arrivera jamais. » Ce positionnement tranche avec celui de nombreux artistes qui ont choisi de boycotter Israël dans le cadre du mouvement BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions). Boy George, lui, a fait fi des appels à renoncer à se produire à Tel-Aviv, malgré les pressions du mouvement.

Et maintenant ?

La polémique autour de Boy George pourrait s’étendre au-delà des réseaux sociaux. Des appels au boycott de ses œuvres et de ses futures performances se multiplient, tandis que certains organisateurs de festivals pourraient reconsidérer ses invitations. Reste à voir si cette prise de position aura un impact durable sur sa carrière, déjà marquée par des controverses passées. Pour l’heure, Boy George n’a pas réagi publiquement aux critiques, son compte X restant silencieux depuis la publication du titre.

Cette affaire illustre les tensions persistantes autour du conflit israélo-palestinien, où la culture et l’art deviennent souvent des terrains d’affrontement. Depuis le début de la guerre à Gaza, de nombreux artistes ont pris position, certains choisissant de boycotter Israël, d’autres de s’exprimer en faveur de la Palestine. Boy George, par son soutien affiché à Israël et son refus de condamner la politique israélienne, s’inscrit dans une ligne minoritaire parmi les célébrités, mais qui n’est pas sans précédent. Cette polémique rappelle également le rôle des réseaux sociaux dans l’amplification des débats géopolitiques, où une publication peut instantanément déclencher une onde de choc internationale.

Dans un contexte où les rapports sur la situation humanitaire à Gaza continuent de s’accumuler, les prises de position artistiques deviennent des actes politiques. Boy George, en niant l’existence d’un génocide à Gaza, s’aligne sur une narrative controversée, qui contraste avec les conclusions de l’ONU et des ONG. Pour ses détracteurs, cette chanson représente une instrumentalisation de l’art à des fins propagandistes. Pour ses défenseurs, il s’agirait d’une liberté d’expression légitime. Quoi qu’il en soit, ce titre a déjà marqué les esprits et relancé le débat sur le rôle des artistes dans les conflits internationaux.

Boy George a repris l’expression « Od Nirkod », qui signifie « Nous danserons encore » en hébreu, un titre associé à l’attaque du Hamas contre le festival Supernova Sukkot Gathering le 7 octobre 2023. Ce choix sémantique vise à établir un lien direct entre la résistance israélienne et la réponse aux attaques du Hamas, selon les observateurs.