Le géant pétrolier britannique BP traverse une période particulièrement agitée. Selon Libération, le groupe vient de connaître une nouvelle secousse avec le départ inattendu d’Albert Manifold, président du conseil d’administration, après seulement huit mois à son poste. Ce limogeage s’inscrit dans une série de difficultés pour le groupe, déjà fragilisé par l’échec de sa stratégie de transition vers les énergies renouvelables.

Ce qu'il faut retenir

  • Albert Manifold a été écarté de la présidence de BP après seulement huit mois à la tête du groupe
  • Le virage vers les énergies vertes, annoncé comme une priorité, n’a pas convaincu les investisseurs
  • BP accumule les mauvaises nouvelles depuis plusieurs mois, entre résultats en baisse et critiques sur sa gouvernance

Un président limogé en pleine tourmente stratégique

La décision de se séparer d’Albert Manifold, un cadre expérimenté issu du secteur industriel, a été prise par le conseil d’administration de BP. Selon les informations rapportées par Libération, cette révocation intervient dans un contexte où le groupe peine à convaincre sur sa stratégie de diversification énergétique. Manifold, qui avait rejoint BP en 2017 avant d’en devenir le président en septembre 2025, n’aura donc pas eu le temps d’imprimer sa marque.

Son départ s’ajoute à une série de remous internes. Depuis plusieurs trimestres, les résultats financiers de BP sont en berne, notamment en raison de la chute des cours du pétrole et des tensions géopolitiques. Les actionnaires, de plus en plus critiques, réclament des clarifications sur la feuille de route du groupe, entre maintien des activités traditionnelles et développement des énergies bas-carbone.

Le virage vert, un pari risqué et controversé

BP avait fait de la transition énergétique un axe central de sa communication ces dernières années. Le groupe avait annoncé des investissements massifs dans les énergies renouvelables, promettant de réduire drastiquement ses émissions de CO₂ d’ici 2050. Pourtant, selon Libération, cette stratégie a été perçue comme trop ambitieuse, voire mal calibrée, par une partie des investisseurs et des analystes.

Les résultats récents semblent donner raison aux sceptiques. Les marges dégagées par les activités vertes restent limitées, tandis que les projets phares, comme les parcs éoliens offshore ou les stations de recharge pour véhicules électriques, accusent des retards importants. « On a sous-estimé les défis techniques et économiques de la transition », a confié un ancien cadre du groupe sous couvert d’anonymat. Autant dire que la feuille de route verte de BP est aujourd’hui au point mort.

Une gouvernance sous le feu des critiques

Le limogeage de Manifold n’est pas un cas isolé. Depuis 2024, BP a connu plusieurs changements à sa tête, avec le départ de deux directeurs généraux en moins de deux ans. Les actionnaires, réunis en assemblée générale le mois dernier, avaient déjà exprimé leur mécontentement en votant contre la réélection d’un administrateur indépendant, jugé trop proche de la direction.

Les observateurs s’interrogent désormais sur la capacité du groupe à retrouver une trajectoire stable. « La situation est délicate, car BP doit concilier deux impératifs contradictoires : maintenir ses profits à court terme tout en investissant massivement dans un avenir décarboné », a souligné un analyste de la banque d’investissement Jefferies. Une équation qui s’avère plus complexe que prévu.

Et maintenant ?

Le nouveau président de BP, dont le nom n’a pas encore été officialisé, devra rapidement clarifier la stratégie du groupe. Une annonce pourrait intervenir d’ici la fin du mois de juin, selon des sources proches du dossier. Dans l’immédiat, les marchés restent attentifs : une nouvelle dégradation des résultats financiers ou un report des projets verts pourraient accentuer la pression sur la direction. Bref, BP se trouve à un carrefour stratégique, entre besoin de stabilité et urgence de la transition.

Quant au départ d’Albert Manifold, il illustre les difficultés de BP à concilier les attentes des actionnaires et les impératifs d’une industrie en pleine mutation. Reste à voir si le groupe parviendra à redresser la barre avant que la crise ne s’aggrave.

Selon les informations rapportées par Libération, son départ s’inscrit dans un contexte de crise stratégique pour BP. Les résultats financiers décevants et l’échec partiel de la transition vers les énergies renouvelables ont fragilisé sa position. Le conseil d’administration a estimé nécessaire un changement de cap pour rassurer les investisseurs et redéfinir la feuille de route du groupe.