Le secrétaire aux Droits numériques, Victor Fernandes, a déclaré au cours d'une conférence de presse que la police brésilienne a réalisé mardi une opération contre huit hommes, dont un séminariste, soupçonnés d'avoir projeté au cours d'échanges sur Telegram des attaques contre les institutions à Brasilia pendant l'élection présidentielle d'octobre, selon Le Figaro. Les suspects, âgés de 19 à 31 ans, ont été la cible d'une opération ayant visé à éviter de possibles «graves actes violents» contre le palais présidentiel, le Parlement, la Cour suprême et les ministères.
Ils faisaient partie de «deux groupes publics sur la plateforme Telegram qui partageaient des informations sur la planification d'attentats à Brasilia» pendant la période électorale, a précisé Victor Fernandes. La police a saisi des téléphones portables et des ordinateurs, mais n'a pas arrêté les suspects et n'a trouvé ni armes ni explosifs.
Ce qu'il faut retenir
- Huit hommes, âgés de 19 à 31 ans, soupçonnés de vouloir attaquer les institutions pendant l'élection présidentielle.
- Les suspects faisaient partie de deux groupes publics sur Telegram qui partageaient des informations sur la planification d'attentats.
- La police a saisi des téléphones portables et des ordinateurs, mais n'a pas arrêté les suspects et n'a trouvé ni armes ni explosifs.
Les suspects et leur planification
Les huit hommes vivent dans cinq États du Brésil, ne se connaissent pas personnellement et n'ont pas de casier judiciaire. L'un d'eux est séminariste dans un monastère du Pernambouc (nord-est). Ils partageaient des «manuels de fabrication d'engins explosifs» et discutaient de «l'invasion de bâtiments, de la sélection de cibles, de la formation tactique, du recrutement régional», selon un communiqué de la police civile.
Le chef du renseignement de la Police civile de Brasilia, Maurilio Coelho, a souligné que les mis en cause conspiraient contre «le système politique dans son ensemble, sans distinguer gauche ou droite» ni cibler nommément de personnalités.
Le contexte de l'élection présidentielle
Le président de gauche Luiz Inacio Lula da Silva briguera en octobre un quatrième mandat. Il affrontera le candidat de droite Flavio Bolsonaro, dont le père est l'ancien président Jair Bolsonaro (2019-2022), qui purge une peine de 27 ans de prison pour tentative de coup d'État. Le 8 janvier 2023, une foule de sympathisants bolsonaristes avait saccagé les sièges des institutions dans la capitale, appelant à une intervention militaire pour déloger Lula, une semaine après son investiture.
Ces émeutes s'inscrivaient, selon la justice, dans le cadre du projet de coup d'État qui a conduit Jair Bolsonaro en prison. Le Brésil s'est doté en avril d'une loi qui durcit les règles relatives à la responsabilité des plateformes numériques et des réseaux sociaux concernant les contenus diffusés par leurs utilisateurs.
En conclusion, l'opération menée par la police brésilienne contre les huit hommes soupçonnés de vouloir attaquer les institutions pendant l'élection présidentielle est un exemple de la volonté des autorités de prendre des mesures pour assurer la sécurité et la stabilité du pays pendant cette période sensible.