Le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva a promulgué, ce vendredi 24 juillet 2026, une loi interdisant la production et la vente de foie gras au Brésil. Selon BFM Business, cette mesure s’inscrit dans une logique de protection du bien-être animal, en ciblant spécifiquement le gavage des canards et des oies. Les contrevenants s’exposeront à des peines de prison allant de trois mois à un an, ainsi qu’à des amendes, une fois la loi entrée en vigueur dans six mois.

Cette décision survient alors que la France, premier producteur mondial de foie gras, dénonce un précédent dangereux pour l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et les pays du Mercosur. Le Comité interprofessionnel des palmipèdes à foie gras (Cifog) a immédiatement qualifié cette interdiction de « première violation » de cet accord, comme le rapporte BFM Business. Le marché brésilien, bien que modeste avec un volume d’affaires annuel d’environ un million d’euros, concentre ses ventes auprès de restaurants haut de gamme et d’importateurs dans les grandes villes.

Ce qu'il faut retenir

  • Le Brésil interdit la production et la vente de foie gras, effective dans six mois, sous peine de sanctions pénales (3 mois à 1 an de prison et amendes).
  • La loi cible le gavage des canards et des oies, une pratique jugée contraire au bien-être animal en raison de son impact sur la santé des oiseaux.
  • La France, premier producteur mondial, y voit une « première violation » de l’accord UE-Mercosur et craint un effet domino sur d’autres produits agricoles.
  • Le marché brésilien du foie gras pèse près d’un million d’euros par an, principalement dans les circuits haut de gamme.
  • Le projet de loi, présenté en 2020, a été adopté en avril 2026 après un parcours législatif mouvementé.

Une mesure radicale au nom de l’éthique animale

La nouvelle loi brésilienne interdit toute forme de gavage, qu’il soit mécanique ou manuel. Cette technique consiste à insérer un tube dans la gorge des canards et des oies pour les gaver de grandes quantités de nourriture, provoquant une hypertrophie rapide du foie. Selon le député Fred Costa, rapporteur du projet de loi, cette pratique multiplie par 25 le taux de mortalité des animaux par rapport aux autres méthodes d’élevage. Le texte a été adopté en avril 2026 après une première tentative infructueuse en 2020, sous la pression d’organisations de protection animale qui ont mené des campagnes de collecte de signatures et des lettres ouvertes adressées au président Lula.

Le Brésil rejoint ainsi un cercle restreint de pays ayant banni le foie gras, une mesure plus stricte que celle de plusieurs nations européennes qui restreignent le gavage mais autorisent la commercialisation du produit. En France, cette interdiction est perçue comme une atteinte aux traditions culinaires, mais aussi comme un signal inquiétant pour les échanges commerciaux avec le Mercosur.

La France en première ligne face à un « précédent dangereux »

Dès mai 2026, le Cifog avait alerté sur les conséquences de cette interdiction, estimant qu’elle constituerait une « première violation » de l’accord UE-Mercosur, signé en 2019 et entré en vigueur partiellement en 2024. Pour les producteurs français, cette décision pourrait ouvrir la voie à d’autres restrictions sur des produits agricoles européens, comme les volailles ou les produits laitiers, traditionnellement sensibles aux débats sur le bien-être animal. « C’est une attaque frontale contre nos filières », a réagi une source proche du dossier, citée par BFM Business.

Le marché brésilien du foie gras, bien que modeste, représente un enjeu symbolique. Les importations se concentrent dans les grandes villes comme São Paulo ou Rio de Janeiro, où la gastronomie haut de gamme apprécie ce produit d’exception. Les producteurs français, qui fournissent déjà des pays comme la Chine ou les États-Unis, redoutent que cette interdiction ne serve de prétexte à d’autres barrières non tarifaires.

Un parcours législatif long et controversé

Le projet de loi brésilien contre le foie gras, initialement présenté en 2020, a mis six ans à aboutir. Après un premier échec au Congrès, il a finalement été adopté en avril 2026 grâce à une mobilisation accrue des défenseurs des droits des animaux. Fred Costa, député à l’origine du texte, a souligné que cette mesure concernait un marché de niche au Brésil, où seuls quelques élevages produisaient du foie gras. « La protection animale ne doit pas être une variable d’ajustement des accords commerciaux », a-t-il déclaré.

Les organisations de protection animale, telles que l’ONG *Animals Brazil*, ont salué cette avancée comme une étape majeure pour les droits des animaux dans le pays. Elles rappellent que le Brésil est déjà sous le feu des critiques pour ses pratiques d’élevage intensif, notamment dans le secteur de la viande bovine.

Et maintenant ?

La loi entrera en vigueur dans six mois, laissant un délai aux acteurs du secteur pour s’adapter. La filière française du foie gras pourrait tenter une médiation au niveau européen pour contester cette décision, mais les chances de succès semblent limitées. D’ici là, les producteurs brésiliens devront se conformer à la nouvelle réglementation, tandis que les importateurs européens devront explorer d’autres débouchés pour leurs produits.

Un enjeu qui dépasse le seul foie gras

Cette interdiction illustre les tensions croissantes entre commerce international et normes éthiques. Pour la France, premier producteur mondial de foie gras avec une production annuelle estimée à 20 000 tonnes, cette décision rappelle les défis posés par les accords commerciaux avec des partenaires aux législations divergentes. D’autres pays du Mercosur, comme l’Argentine ou l’Uruguay, pourraient être tentés de suivre l’exemple brésilien, surtout si la pression des ONG se renforce.

À plus long terme, cette affaire pourrait relancer le débat sur l’inclusion de clauses strictes sur le bien-être animal dans les futurs accords commerciaux de l’UE. Bruxelles, qui a déjà intégré des normes environnementales dans ses partenariats, pourrait être contraint d’aller plus loin pour éviter de nouvelles crises comme celle-ci.

Reste à voir si cette mesure brésilienne restera un cas isolé ou si elle marquera le début d’une remise en cause plus large des pratiques agricoles européennes à l’export. Une chose est sûre : la filière française du foie gras, déjà sous pression face à la concurrence asiatique, devra redoubler d’efforts pour défendre ses positions.

Le gouvernement brésilien a justifié cette interdiction par des raisons de bien-être animal, en ciblant spécifiquement le gavage des canards et des oies, une pratique jugée cruelle et responsable d’une mortalité accrue chez les animaux. La loi a été adoptée sous la pression d’ONG et de parlementaires écologistes.

La filière française craint que cette interdiction ne crée un précédent dangereux pour l’accord UE-Mercosur, ouvrant la voie à d’autres restrictions sur des produits agricoles européens. Elle pourrait aussi fragiliser les exportations vers le Brésil, un marché qui pèse environ un million d’euros par an pour le foie gras.