Le gouvernement brésilien a fait part, ce jeudi 4 septembre 2026, de sa « profonde préoccupation » à l’annonce de la suspension des importations de volaille et de bœuf brésiliens par l’Union européenne. Une décision prise par Bruxelles en raison d’un usage jugé abusif d’antibiotiques dans l’élevage au Brésil, selon nos confères de Ouest France.
Ce qu'il faut retenir
- Suspension immédiate des importations de volaille et de bœuf brésiliens par l’UE, entrée en vigueur le 4 septembre 2026.
- Bruxelles justifie cette mesure par l’usage abusif d’antibiotiques dans l’élevage brésilien.
- Le gouvernement brésilien exprime une « profonde préoccupation » face à cette décision.
Cette mesure européenne intervient alors que les relations commerciales entre le Brésil et l’UE sont déjà scrutées en raison des normes sanitaires et environnementales. Selon Ouest France, la Commission européenne a pointé du doigt des pratiques d’élevage jugées non conformes aux standards sanitaires européens. « L’utilisation abusive d’antibiotiques dans l’élevage brésilien représente un risque pour la santé publique », a rappelé un porte-parole de la Commission, sans préciser les volumes ou les produits concernés par cette décision.
Le Brésil, qui figure parmi les premiers exportateurs mondiaux de viande, voit donc une partie de son marché européen s’effriter du jour au lendemain. Le pays sud-américain exporte chaque année plusieurs centaines de milliers de tonnes de viande vers l’UE, un secteur qui pèse lourd dans son économie. « Cette suspension est injustifiée et disproportionnée », a réagi le ministère brésilien de l’Agriculture, soulignant que ses pratiques étaient conformes aux normes internationales.
Un contentieux sanitaire récurrent
Cette décision s’inscrit dans un contentieux plus large entre le Brésil et l’UE sur les normes sanitaires. Dès 2024, l’Union européenne avait déjà émis des réserves sur les méthodes d’élevage brésiliennes, notamment en matière d’antibiotiques. « Les contrôles menés par nos services ont révélé des traces de substances interdites dans certains échantillons », avait alors indiqué un responsable de la Direction générale de la santé et de la sécurité alimentaire de la Commission européenne (DG SANTE).
Le Brésil, de son côté, rejette ces accusations et met en avant ses propres contrôles sanitaires. « Nos normes sont parmi les plus strictes au monde », a affirmé un représentant du ministère brésilien de l’Agriculture, rappelant que le pays était sous surveillance constante de l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE).
Quelles conséquences pour les producteurs brésiliens ?
La suspension des importations va impacter directement les éleveurs et les industries de transformation brésiliennes. Selon les premières estimations, plus de 200 000 tonnes de viande pourraient être bloquées chaque mois, soit une perte de plusieurs centaines de millions d’euros pour les exportateurs brésiliens. Les régions les plus touchées devraient être le Mato Grosso, le Goiás et le Rio Grande do Sul, où l’élevage bovin et avicole est particulièrement développé.
Pour tenter de limiter l’impact, le gouvernement brésilien a annoncé qu’il allait intensifier les négociations avec Bruxelles et présenter des garanties supplémentaires sur l’usage des antibiotiques. « Nous allons travailler jour et nuit pour lever cette suspension », a déclaré un haut fonctionnaire du ministère de l’Agriculture, sans préciser de calendrier.
Cette crise illustre les tensions croissantes autour des normes sanitaires et environnementales dans le commerce international. Alors que l’UE renforce ses exigences, les pays émergents comme le Brésil doivent adapter leurs pratiques pour conserver l’accès à un marché aussi lucratif que celui de l’Union.
Les producteurs brésiliens pourraient se tourner vers d’autres marchés comme la Chine, la Russie ou le Moyen-Orient. Cependant, ces destinations offrent souvent des prix moins élevés et des exigences différentes en matière de normes sanitaires.