D'après Libération, le géant britannique du tabac British American Tobacco (BAT) a dévoilé, ce jeudi 9 juillet 2026, un plan d'envergure visant à supprimer plus de 5 000 emplois à l'échelle internationale. Cette restructuration s'inscrit dans une stratégie globale d'économies estimées à près de 700 millions d'euros, tout en accélérant la transition vers des activités axées sur « les domaines des technologies et des services aux entreprises ».

Ce qu'il faut retenir

  • British American Tobacco prévoit de supprimer plus de 5 000 postes dans le monde d'ici la fin de son plan de restructuration.
  • Ce plan vise des économies de 700 millions d'euros sur la période couverte.
  • L'entreprise réoriente sa stratégie vers les technologies et les services aux entreprises, délaissant progressivement son cœur de métier historique.
  • Les suppressions d'emplois concerneront plusieurs continents, sans précision géographique détaillée pour l'instant.
  • Le groupe n'a pas encore communiqué de calendrier précis pour la mise en œuvre de ces mesures.

Un virage stratégique pour un géant du tabac en mutation

British American Tobacco, l'un des plus grands fabricants mondiaux de cigarettes, accélère sa mue vers des activités moins dépendantes du tabac. Selon les informations rapportées par Libération, ce plan social s'accompagne d'une réorientation majeure de ses investissements. L'entreprise mise désormais sur les nouvelles technologies et les services aux entreprises, un secteur jugé plus porteur et moins exposé aux régulations croissantes pesant sur l'industrie du tabac.

Les économies réalisées grâce à ces suppressions de postes permettront de financer cette transition, a indiqué un porte-parole du groupe. « Ce plan est essentiel pour renforcer notre compétitivité et soutenir notre croissance dans des segments en expansion », a-t-il expliqué. La décision intervient alors que le marché du tabac connaît des pressions réglementaires accrues en Europe et en Amérique du Nord, poussant les acteurs du secteur à diversifier leurs activités.

Des chiffres qui interrogent sur l'ampleur de la restructuration

Avec plus de 5 000 emplois menacés, ce plan social représente une réduction significative des effectifs pour BAT. Le groupe emploie actuellement environ 57 000 personnes à travers le monde, selon ses derniers rapports financiers. Les économies de 700 millions d'euros annoncées équivaudraient à une baisse d'environ 10 % des coûts opérationnels annuels, un effort conséquent pour un acteur déjà engagé dans une logique de rationalisation depuis plusieurs années.

Interrogé par Libération, un analyste du secteur a souligné : « Ce chiffre de suppressions de postes est cohérent avec les tendances observées dans d'autres industries en pleine transformation. Reste à savoir si cette transition vers les services aux entreprises sera suffisamment rapide pour compenser le déclin des ventes de tabac. »

Un calendrier encore flou pour les salariés concernés

Si le nombre de postes concernés et l'objectif d'économies sont clairement affichés, le calendrier exact de mise en œuvre du plan reste à préciser. British American Tobacco n'a pas encore communiqué de date butoir pour le début des suppressions, ni détaillé les pays ou régions les plus touchés par cette restructuration. Les syndicats ont d'ores et déjà fait savoir qu'ils suivraient de près les négociations en cours.

« Nous attendons des explications détaillées sur les modalités de ce plan, notamment sur les critères de sélection des emplois supprimés et les mesures d'accompagnement prévues pour les salariés », a réagi un représentant syndical cité par Libération. Ce dernier a également rappelé que les plans sociaux dans l'industrie du tabac s'étaient multipliés ces dernières années, reflétant les difficultés structurelles du secteur.

Et maintenant ?

Plusieurs éléments devraient se préciser dans les prochaines semaines. British American Tobacco devrait dévoiler un calendrier détaillé de son plan social, ainsi que les mesures de reconversion ou de reclassement proposées aux salariés concernés. Les syndicats, de leur côté, pourraient engager des actions pour tenter d'influer sur le contenu de l'accord social associé à cette restructuration.

Sur le plan financier, la réussite de cette transition dépendra en grande partie de la capacité du groupe à générer des revenus dans ses nouveaux secteurs cibles. Une première évaluation des résultats pourrait intervenir d'ici la fin 2026, selon des sources proches du dossier.

Enfin, ce plan pourrait inspirer d'autres acteurs du tabac, dans un contexte où l'industrie doit faire face à la fois à la baisse de la consommation et à l'augmentation des coûts liés aux régulations sanitaires. La question reste entière : cette stratégie permettra-t-elle à BAT de compenser durablement le déclin de son cœur de métier historique ?

Selon les informations de Libération, le groupe mise sur les technologies et les services aux entreprises. Ces domaines incluent notamment les solutions digitales, les services financiers innovants ou encore les conseils en transformation numérique, sans que des précisions supplémentaires n'aient été apportées pour l'instant.