Avec un secteur des hydrocarbures qui représente 60 % de son PIB, le sultanat de Brunei figure parmi les économies les plus dépendantes du pétrole au monde, selon nos confères de RFI. Situé sur l’île de Bornéo, entre la Malaisie et l’Indonésie, ce micro-État de seulement 400 000 habitants tente depuis des années de réduire cette ultra-dépendance, sans parvenir à s’en extraire durablement.

Ce qu'il faut retenir

  • Le pétrole et le gaz assurent 60 % du PIB de Brunei, l’un des taux les plus élevés au monde.
  • Le pays ambitionne de diversifier son économie depuis des années, sans succès majeur jusqu’à présent.
  • Brunei partage l’île de Bornéo avec la Malaisie et l’Indonésie, dans une région riche en ressources naturelles.
  • Malgré ses réserves, le sultanat peine à s’imposer comme une économie post-pétrole.

Une économie sous perfusion des hydrocarbures

Depuis des décennies, Brunei mise presque exclusivement sur ses ressources pétrolières et gazières. Selon les données officielles, ces deux secteurs génèrent l’essentiel des revenus de l’État, qui finance ainsi son modèle social et ses infrastructures. Pourtant, cette situation expose le pays aux fluctuations des prix du baril, comme en témoignent les récentes crises du marché énergétique. « Notre économie reste trop vulnérable aux chocs externes », a reconnu un haut responsable du ministère de l’Énergie, cité par RFI.

Malgré des réserves estimées à plusieurs milliards de barils, le pays n’a pas su développer d’autres secteurs porteurs. Le tourisme, par exemple, bien qu’encouragé par les autorités, peine à décoller en raison d’une offre limitée et d’une infrastructure insuffisante. Autant dire que la transition vers une économie plus diversifiée reste un défi de taille.

Des tentatives de diversification en demi-teinte

Dès les années 2000, les autorités de Brunei ont lancé des plans pour stimuler d’autres industries, notamment la finance, les services ou encore les technologies vertes. Pourtant, les résultats se font attendre. Le secteur financier, bien que dynamique, reste concentré sur la région et ne parvient pas à attirer suffisamment d’investissements étrangers. « Nous avons besoin de réformes structurelles pour attirer des capitaux », a expliqué un économiste local sous couvert d’anonymat.

Côté tourisme, les efforts portent surtout sur la promotion des richesses naturelles du pays, comme les parcs nationaux ou les sites de plongée. Mais le manque d’hôtels haut de gamme et de connexions aériennes directes freine son développement. Résultat : le tourisme représente moins de 5 % du PIB, un chiffre bien en deçà des ambitions affichées.

Un contexte régional défavorable

Brunei évolue dans un environnement concurrentiel marqué par la montée en puissance de ses voisins. La Malaisie, par exemple, a su diversifier son économie avec succès, notamment dans les technologies et les services. L’Indonésie, quant à elle, mise sur une industrialisation massive et une main-d’œuvre bon marché. Face à cette concurrence, Brunei peine à se différencier. « Le retard accumulé est difficile à rattraper », a souligné un analyste basé à Singapour, interrogé par RFI.

Autre obstacle : la gouvernance du pays, longtemps marquée par un système politique autoritaire et peu transparent. Les réformes économiques se heurtent parfois à des résistances internes, limitant la capacité du sultanat à innover. Pourtant, des initiatives récentes, comme la création d’une zone économique spéciale, pourraient, à terme, redynamiser certains secteurs.

Et maintenant ?

Les prochains mois seront déterminants pour Brunei. Le gouvernement a annoncé vouloir accélérer sa transition énergétique, avec un plan visant à porter la part des énergies renouvelables à 30 % d’ici 2035. Une échéance qui pourrait coïncider avec la mise en service de nouveaux projets gaziers offshore. Reste à voir si ces annonces se traduiront par des actions concrètes, ou si le pays continuera à osciller entre dépendance pétrolière et velléités de diversification.

Dans un contexte où les prix de l’énergie restent volatils, Brunei pourrait se retrouver à la croisée des chemins. La question n’est plus seulement de savoir si le pays parviendra à sortir du pétrole, mais à quel rythme et avec quels leviers. Une chose est sûre : sans une volonté politique forte et des réformes ambitieuses, le sultanat restera prisonnier de son modèle économique.

Outre le pétrole et le gaz, Brunei possède des réserves de charbon et de bois, ainsi qu’un potentiel hydroélectrique limité. Cependant, ces ressources restent peu exploitées en raison de contraintes géographiques et environnementales.