Bruno Retailleau, candidat Les Républicains à l’élection présidentielle de 2027, s’est positionné en faveur de la castration chimique pour les auteurs de crimes sexuels sur mineurs, une mesure qu’il présente comme une réponse nécessaire pour protéger les enfants dans une société où leur sécurité reste « insuffisante », selon BFM - Politique. Lors de plusieurs interventions publiques, le sénateur a défendu cette proposition dans le cadre d’un paquet de mesures destinées à renforcer la lutte contre les violences sexuelles et à instaurer des peines « incompressibles ».
Ce qu'il faut retenir
- Bruno Retailleau, candidat LR à la présidentielle 2027, propose la castration chimique pour les pédocriminels, qualifiant cette mesure d’inévitable pour protéger les mineurs.
- Il plaide pour des peines incompressibles et un référendum sur une « nouvelle politique pénale » pour lutter contre la récidive.
- Parmi ses propositions figurent également la création d’un fichier accessible aux employeurs pour signaler les personnes condamnées pour crimes sexuels.
- Ces déclarations interviennent dans un contexte où plusieurs affaires de violences sexuelles sur mineurs, comme l’affaire Lyhanna, ont mis en lumière les lacunes du système judiciaire et de la protection de l’enfance.
Une série de propositions pour renforcer la sécurité des mineurs
Bruno Retailleau a multiplié les prises de parole ces dernières semaines pour détailler son programme sécuritaire, notamment à l’occasion de l’affaire Lyhanna, une fillette de 11 ans violée et assassinée en 2024. « Il faut des peines incompressibles », a-t-il martelé à plusieurs reprises, insistant sur la nécessité de « protéger nos enfants » face à une société qu’il juge trop permissive. Selon lui, la castration chimique pourrait être une solution pour réduire la récidive chez les criminels sexuels, une mesure qu’il a qualifiée de « nécessaire » pour éviter « une société de la violence ».
Le candidat Les Républicains ne se limite pas à cette proposition controversée. Il souhaite également la création d’un fichier national accessible aux employeurs, afin que ceux-ci puissent vérifier si un candidat à un poste impliquant un contact avec des mineurs a déjà été condamné pour des faits similaires. « Il faut que les employeurs puissent avoir accès à un fichier », a-t-il indiqué, soulignant que « si on ne le fait pas, on expose nos enfants ».
Un référendum pour une « nouvelle politique pénale »
Pour donner plus de poids à ses propositions, Bruno Retailleau a annoncé vouloir organiser un référendum sur une « nouvelle politique pénale ». Ce scrutin, dont il n’a pas précisé la date exacte, permettrait selon lui de consulter directement les citoyens sur des mesures comme la castration chimique ou les peines incompressibles. « Bruno Retailleau souhaite un référendum pour une ‘nouvelle politique pénale’ », confirme BFM - Politique, précisant que cette initiative s’inscrit dans une logique de « fermeté » affichée par le candidat LR.
Cette proposition s’ajoute à d’autres mesures déjà évoquées par Retailleau, comme le durcissement des peines pour les casseurs ou une gestion plus stricte des violences urbaines. « La méthode Retailleau, c’est la méthode de la fermeté », a-t-il déclaré, insistant sur l’idée que la répression doit être au cœur de la politique de sécurité.
Contexte et réactions politiques
Les déclarations de Bruno Retailleau interviennent dans un climat politique tendu, marqué par plusieurs affaires de violences sexuelles sur mineurs qui ont ébranlé l’opinion publique. L’affaire Lyhanna, en particulier, a mis en lumière les dysfonctionnements du système judiciaire et les lacunes de la protection de l’enfance. « L’affaire Lyhanna : ‘C’est une accumulation de manquements et de ratés’ », a déclaré le candidat LR, critiquant ouvertement le parcours judiciaire de cette affaire et celui d’autres dossiers similaires.
Sur le plan politique, ses propositions ont suscité des réactions contrastées. Du côté de la gauche, certains députés comme Ugo Bernalicis (LFI) ont réagi avec ironie, affirmant : « Il a raison d’avoir peur M. Retailleau parce qu’on va gagner ». À l’inverse, des voix à droite soutiennent l’idée d’une politique pénale plus stricte, saluant une approche « sans complaisance » face aux crimes sexuels.
La parole se libère, mais les solutions restent à construire
Parallèlement, Bruno Retailleau a salué « une bonne chose que la parole se libère » concernant les violences sexuelles, un phénomène qu’il lie à l’affaire Lyhanna et à d’autres scandales médiatiques. « Violences sexuelles : ‘C’est une bonne chose que la parole se libère’ », a-t-il déclaré, tout en insistant sur le fait que les actes doivent désormais être suivis de mesures concrètes.
Ses propositions, bien que claires, restent sujettes à débat. La castration chimique, par exemple, est une mesure rare en Europe, où elle est pratiquée sous conditions strictes dans certains pays comme l’Allemagne ou la Pologne. En France, elle n’a jamais été appliquée dans le cadre pénal, et son adoption soulèverait des questions éthiques, juridiques et médicales. Pour autant, Retailleau balaye ces objections : « Si on ne le fait pas, on expose nos enfants », a-t-il martelé, insistant sur l’urgence de la situation.
Reste à voir si les propositions de Retailleau trouveront un écho auprès des électeurs en 2027, alors que la campagne présidentielle s’annonce déjà comme l’une des plus disputées de la Ve République. Une chose est sûre : le sujet de la protection des mineurs et de la lutte contre les violences sexuelles ne manquera pas d’alimenter les discussions politiques dans les mois à venir.
La castration chimique consiste en l’administration de traitements hormonaux visant à réduire la libido des criminels sexuels pour limiter les risques de récidive. En France, cette mesure n’est actuellement pas prévue par le Code pénal. Elle est parfois évoquée dans le cadre de mesures post-carcérales, mais n’a jamais été appliquée dans un cadre judiciaire strict. Certains pays européens, comme l’Allemagne ou la Pologne, l’utilisent sous conditions pour les auteurs de crimes sexuels graves.