Alors que les débats autour du budget 2027 s’intensifient, le patronat français met en garde contre un nouvel alourdissement de la fiscalité pesant sur les entreprises. Selon nos confrères de BFM Business, Patrick Martin, président du Medef, a appelé ce mercredi 2 septembre 2026 sur France Inter à éviter de faire « supporter la charge » aux sociétés, déjà soumises à une imposition parmi les plus élevées au monde.
Ce qu'il faut retenir
- Patrick Martin, président du Medef, a critiqué la possible reconduction de la surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises dans le budget 2027.
- Les entreprises françaises sont « les plus taxées au monde », selon le dirigeant, qui évoque un « seuil de douleur » déjà atteint.
- Il a souligné que cette situation menace l’emploi, l’investissement et la compétitivité des entreprises, avec 12 millions de salariés concernés.
- Le Medef propose de suspendre la réforme des retraites pour financer d’autres mesures, estimant que les économies réalisées seraient équivalentes.
- Patrick Martin a critiqué la défiance envers l’État, lié à la reconduction répétée d’impôts initialement présentés comme exceptionnels.
Une fiscalité jugée dissuasive et contre-productive
Depuis la dissolution de l’Assemblée nationale, les politiques économiques, fiscales et sociales mises en place sont perçues comme « très dissuasives » pour les entreprises, a expliqué Patrick Martin sur France Inter. « C’est tellement facile, pour les politiques de tout bord, de faire supporter la charge aux entreprises », a-t-il déclaré, estimant que « l’effort partagé pèse déjà beaucoup » sur elles. Pour le patronat, cette situation risque de freiner l’embauche, les investissements et les augmentations de salaires.
« On peut se dire que ce n’est pas grave, ce sont les actionnaires qui payent. Mais il y a 12 millions de salariés dans les rangs des entreprises adhérentes au Medef. Qu’est-ce qui se passe ? On embauche plus, parfois on doit licencier, on ne peut pas augmenter les salaires comme on voudrait, on n’investit pas. »
— Patrick Martin, président du Medef
La surtaxe sur les grandes entreprises dans le viseur
Le Medef s’oppose fermement à la reconduction de la surtaxe sur les bénéfices des plus grandes entreprises, introduite il y a deux ans comme une mesure temporaire. « Les entreprises françaises sont les plus taxées au monde », a rappelé Patrick Martin, ajoutant que « moins d’argent signifie moins d’investissement et moins d’embauches ». Il a également pointé du doigt un « problème de message » adressé au monde économique, évoquant la défiance créée par la reconduction de cet impôt.
« Quand l’État s’engage à ne prélever un impôt que sur une année, qu’il le reconduit sur une deuxième année, qu’il s’apprête à le reconduire une troisième année, ça crée une défiance à l’égard de l’État. »
— Patrick Martin
Chômage et dépenses publiques : les craintes du patronat
Patrick Martin a également mis en lumière la hausse du chômage, qui touche désormais le secteur privé depuis six trimestres. « Où est-ce qu’il augmente ? Dans le privé. Est-ce que les emplois dans les fonctions publiques ont diminué en même temps ? Non. Il y a eu des créations d’emplois publics », a-t-il observé. Pour le Medef, cette situation illustre un déséquilibre dans la répartition des efforts, où le secteur privé supporte l’essentiel de la charge. « Dire que les entreprises doivent faire un effort supplémentaire, et en réalité qu’elles supporteront une fois de plus l’intégralité de l’effort, c’est scier la branche sur laquelle on est assis », a-t-il lancé.
Suspension de la réforme des retraites : une piste de financement ?
Le président du Medef a proposé une alternative pour financer le budget 2027 : la suspension de la réforme des retraites, introduite sous le gouvernement Borne. Selon ses calculs, les économies réalisées par une désindexation partielle des pensions seraient équivalentes au coût de cette suspension. « D’un côté on travaille moins et de l’autre on dépense plus. Et ça n’est pas fini si on ne revient pas à cette réforme », a-t-il affirmé. Cette proposition s’inscrit dans un contexte où le gouvernement explore plusieurs pistes, dont une désindexation partielle des retraites, comme l’a confirmé le ministre de l’Économie début août 2026.
Les prochaines étapes seront déterminantes pour évaluer l’impact des choix budgétaires sur la compétitivité des entreprises françaises et leur capacité à investir dans l’emploi et l’innovation.
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La surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises est un impôt exceptionnel introduit il y a deux ans, initialement présenté comme temporaire. Elle vise à taxer davantage les entreprises réalisant les plus hauts profits. Le Medef demande aujourd’hui son abandon dans le cadre du budget 2027.