L’ancien gardien emblématique de la Nazionale italienne, Gianluigi Buffon, a remis en cause dans un entretien accordé à la Gazzetta dello Sport le retour de Roberto Mancini au poste de sélectionneur de l’Italie, comme le rapporte RMC Sport. Avec 176 sélections, Buffon reste le joueur le plus capé de l’histoire de la Squadra Azzurra, et son avis pèse dans le débat sur l’avenir de la fédération italienne (FIGC).
Dans ses déclarations publiées ce dimanche 8 août 2026, Buffon a indirectement soutenu le profil de Claudio Ranieri, nommé directeur technique de la FIGC, plutôt que celui de Mancini. Ce dernier, qui avait quitté la sélection en 2023 pour rejoindre l’Arabie saoudite avant de reconnaître une erreur, entame un deuxième mandat marqué par une pression inédite. Son premier passage (2018-2023), couronné par un titre à l’Euro 2021, avait été terni par l’échec en qualification pour la Coupe du monde 2022.
Ce qu'il faut retenir
- Gianluigi Buffon, recordman de sélections en équipe d’Italie (176), a exprimé des réserves sur le retour de Roberto Mancini comme sélectionneur.
- Buffon a préféré citer Antonio Conte et Daniele Baldini comme alternatives potentielles, tout en soulignant l’importance d’un projet structuré.
- Roberto Mancini a reconnu une erreur en quittant la Nazionale pour l’Arabie saoudite en 2023.
- Claudio Ranieri, nommé directeur technique à la FIGC, semble bénéficier du soutien implicite de Buffon.
- L’Italie doit se qualifier pour la Coupe du monde 2030 dans quatre ans, un objectif qui suscite des interrogations sur le choix du sélectionneur.
Un choix critiqué par la légende du football italien
Dans ses propos rapportés par RMC Sport, Gianluigi Buffon a livré une analyse sans concession sur la stratégie de la FIGC. « J’ai l’impression qu’il y a un consensus », a-t-il déclaré à la Gazzetta dello Sport, avant d’ajouter : « Mais il faut avoir le courage de prendre des décisions et le talent de les communiquer à tous, y compris à la presse. » Pour l’ancien portier, l’objectif prioritaire reste la qualification pour le Mondial 2030. « Sur cette base, j’aurais choisi Conte, puis Baldini », a-t-il expliqué, critiquant les choix « instinctifs » plutôt que mûrement réfléchis.
Buffon a également pointé du doigt l’absence de projet cohérent derrière la nomination de Mancini. « On entend trop souvent dire « c’est la bonne personne », sans aucune raison valable », a-t-il souligné, insistant sur l’importance de l’adéquation entre la personne et la vision globale. L’ancien gardien, aujourd’hui consultant, n’a pas caché son scepticisme quant à la capacité de Mancini à mener à bien cette mission délicate.
Mancini sous pression après un premier mandat mitigé
Le retour de Roberto Mancini à la tête de la Nazionale intervient dans un contexte particulièrement tendu. Son premier passage à la sélection s’était achevé sur une non-qualification pour la Coupe du monde 2022, malgré le titre européen remporté en 2021. Cette fois, la pression est encore plus forte : l’Italie, championne d’Europe en titre, doit impérativement se qualifier pour le Mondial 2030, sous peine de voir son statut de nation majeure du football remis en cause.
Mancini lui-même a reconnu avoir commis une erreur en quittant l’Italie pour l’Arabie saoudite, un choix qui avait suscité de vives critiques. Aujourd’hui, il doit faire face à des attentes démesurées, dans un pays où le football est une religion. La FIGC, dirigée par Gabriele Gravina, mise sur son expérience pour redresser la barre après des années de résultats en demi-teinte en éliminatoires.
Buffon évoque aussi l’hypothèse Guardiola, écartée par Maldini et Leonardo
Gianluigi Buffon a révélé avoir été approché par Paolo Maldini et Federico Leonardo, respectivement directeur sportif et manager général de la FIGC jusqu’à leur démission après l’élimination en barrage pour le Mondial 2026. Les deux dirigeants lui avaient proposé un rôle de sélectionneur national, en coordination entre la Serie A et les équipes de jeunes, notamment les moins de 17 ans. « Leur enthousiasme m’a fait hésiter, mais je suis resté ferme », a confié Buffon.
« Depuis 1991, je ne me suis jamais accordé plus de vingt jours de congé », a-t-il rappelé. L’ancien joueur a justifié son refus par la nécessité de se recentrer sur sa vie familiale : « Il était temps de me consacrer à ceux qui se sont consacrés à moi : ma femme, mes enfants, mes parents. J’ai besoin de me ressourcer. » Une décision qui souligne, une fois encore, l’équilibre délicat entre carrière et vie privée dans le football moderne.
Quel avenir pour la Nazionale après le retour de Mancini ?
Le choix de Roberto Mancini comme sélectionneur s’accompagne d’une question centrale : l’Italie peut-elle enfin tourner la page des échecs en éliminatoires ? Son expérience et sa connaissance du football italien sont des atouts, mais son retour soulève des interrogations sur la capacité de la FIGC à construire un projet durable. Les critiques de Buffon, bien que mesurées, reflètent un malaise plus large au sein du football italien, où les attentes envers la Nazionale restent extrêmement élevées.
La Squadra Azzurra devra enchaîner les bons résultats dès les prochains matchs de qualification pour le Mondial 2030, sous peine de voir la pression s’accentuer encore davantage. La FIGC, de son côté, mise sur une approche collective, avec Claudio Ranieri en directeur technique pour encadrer le staff technique et apporter une vision à long terme.
En attendant, le débat lancé par Gianluigi Buffon rappelle que le football italien, malgré ses légendes, n’a pas fini de questionner ses choix et ses méthodes. L’enjeu dépasse largement le cadre sportif : il s’agit de redonner confiance à une nation qui attend, depuis trop longtemps, des résultats à la hauteur de son palmarès.
Buffon remet en cause la pertinence du choix de Mancini, estimant que l’Italie aurait dû opter pour un profil comme Antonio Conte ou Daniele Baldini. Il critique également l’absence de projet structuré derrière cette nomination et souligne l’importance de la qualification pour le Mondial 2030 comme critère principal.
Claudio Ranieri a été nommé directeur technique de la FIGC. Son rôle consiste à encadrer le staff technique et à apporter une vision à long terme pour la Nazionale, notamment dans la perspective de la Coupe du monde 2030. Son profil est indirectement soutenu par Gianluigi Buffon dans l’entretien accordé à la Gazzetta dello Sport.