L’entreprise informatique Bull, spécialisée dans les supercalculateurs et rachetée récemment par l’État français après sa séparation d’Atos, a annoncé vendredi son intention de recruter 500 nouveaux salariés en 2026. Selon BFM Business, ces embauches visent principalement des profils techniques et commerciaux pour accélérer ses programmes d’innovation en calcul haute performance et intelligence artificielle.
Ce qu'il faut retenir
- 500 recrutements prévus en 2026, principalement des ingénieurs et commerciaux, avec un budget global de 50 millions d’euros.
- Bull a été séparée d’Atos en avril 2026 et rachetée par l’État français via l’Agence des participations de l’État (APE).
- 720 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2025, avec une valorisation estimée à 404 millions d’euros lors de son rachat.
- Développement du supercalculateur Alice Recoque, le plus puissant de France, dont la livraison est prévue en deux étapes d’ici 2027.
- 3 000 salariés actuellement, dont la moitié en France, avec des recrutements prioritairement européens.
Cette annonce intervient alors que Bull, autrefois intégrée au groupe Atos, opère une mutation stratégique majeure. Emmanuel Le Roux, directeur général de Bull, a souligné que ces recrutements répondent à « des gros projets signés » et à un besoin accru de « forces vives » pour leur mise en œuvre. « On a des gros projets qui ont été signés, et on a besoin de forces vives pour permettre leur mise en œuvre », a-t-il déclaré.
La société, qui compte aujourd’hui 3 000 salariés, dont la moitié en France, prévoit de renforcer ses effectifs en Europe. Les profils recherchés concernent principalement les ingénieurs, mais aussi les fonctions support et commerciales. Le montant global alloué à ces embauches s’élève à environ 50 millions d’euros, selon les précisions d’Emmanuel Le Roux.
Le rachat de Bull par l’État français a été officialisé en avril 2026, marquant une étape clé pour la souveraineté technologique du pays. Roland Lescure, ministre de l’Économie et des Finances, a qualifié cette opération de « décisive pour la souveraineté technologique de la France ». L’Agence des participations de l’État (APE) est désormais l’unique actionnaire de l’entreprise, valorisée à 404 millions d’euros lors de son transfert depuis Atos.
Bull, qui a réalisé un chiffre d’affaires de 720 millions d’euros en 2025, se positionne comme un acteur majeur du calcul haute performance (HPC) et du calcul quantique. Ses équipes ont notamment conçu Jupiter, le premier supercalculateur « exascale » d’Europe, inauguré en septembre 2025 en Allemagne. Capable d’effectuer un milliard de milliards de calculs par seconde, cette machine illustre l’expertise de l’entreprise dans des domaines stratégiques comme la dissuasion nucléaire ou la recherche scientifique.
Un ancrage industriel renforcé en France
Parallèlement à ses recrutements, Bull investit dans l’extension de son site de production à Angers, où est actuellement assemblé Alice Recoque, le supercalculateur le plus puissant de France. Fabriqué en collaboration avec un consortium incluant le groupe américain AMD, ce projet s’inscrit dans le cadre d’un partenariat avec le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA). La livraison d’Alice Recoque est prévue en deux phases : fin 2026 pour la première partie, puis en 2027 pour la seconde.
Ce développement s’ajoute aux ambitions de Bull de poursuivre sa croissance dans les années à venir. Si l’entreprise n’a pas encore communiqué d’objectifs chiffrés précis, elle devrait les détailler dans les prochains mois, selon ses dirigeants. Pour l’heure, les priorités stratégiques restent centrées sur l’innovation en calcul haute performance et en intelligence artificielle, des secteurs en pleine expansion.
Une souveraineté technologique au cœur du projet
Le rachat de Bull par l’État français s’inscrit dans une logique de renforcement de l’autonomie technologique du pays. Après des années d’intégration au groupe Atos, la séparation des activités a été actée en avril 2026, offrant à Bull une autonomie décisionnelle et une capacité à se concentrer sur ses projets stratégiques. « Cette opération marque une étape décisive pour la souveraineté technologique de la France », a affirmé Roland Lescure, soulignant l’importance de disposer d’un champion national dans le domaine du calcul intensif.
Cette stratégie s’appuie sur des atouts industriels concrets, comme la production locale de supercalculateurs et le développement de technologies critiques. Bull, avec ses 3 000 salariés, dont une forte proportion en France, joue un rôle clé dans ce dispositif. L’entreprise mise également sur des partenariats internationaux, comme celui avec AMD pour Alice Recoque, tout en consolidant ses capacités internes.
Avec ce plan de recrutement et ses investissements industriels, Bull se positionne comme un acteur incontournable du paysage technologique français. La réussite de cette transition dépendra de sa capacité à attirer les talents nécessaires et à concrétiser ses projets dans un environnement concurrentiel exigeant.
Les recrutements chez Bull en 2026 seront principalement axés sur les profils techniques, notamment des ingénieurs spécialisés en calcul haute performance et en intelligence artificielle. Les fonctions support et commerciales seront également renforcées pour accompagner la croissance de l’entreprise.
Le supercalculateur Alice Recoque, assemblé à Angers, sera livré en deux étapes : la première partie est prévue pour fin 2026, et la seconde en 2027. Ce projet est mené en collaboration avec le CEA et le groupe AMD.
