L’imprimerie fédérale allemande, la Bundesdruckerei, a présenté lors de la Conférence sur les billets de banque 2026 à Washington un prototype révolutionnaire de billet de banque : STELLA. Contrairement aux billets traditionnels, ce dernier adopte un format réduit aux dimensions d’une carte bancaire, soit 85 x 54 millimètres, contre 133 x 72 millimètres pour un billet de 20 euros. Selon BFM Business, ce concept s’inscrit dans une réflexion plus large sur l’avenir de la monnaie fiduciaire dans un monde de plus en plus dominé par les paiements numériques.

Ce qu'il faut retenir

  • STELLA est un prototype de billet miniature de 85 x 54 mm, contre 133 x 72 mm pour un billet de 20 euros traditionnel.
  • Fabriqué en polymère durable issu de matières renouvelables, il vise à réduire les coûts de production et l’empreinte environnementale.
  • Son design « edge-to-edge » intègre des éléments de sécurité répartis sur toute la surface pour lutter contre la contrefaçon.
  • Le projet s’inscrit dans la série Ex Nihilo, après le billet IGNIS dévoilé en 2024 et primé par l’International Association of Currency Affairs (IACA).
  • La Banque centrale européenne travaille également sur une nouvelle génération de billets en euros, dont les visuels pourraient être sélectionnés dès 2026.
  • En France, les paiements par carte ont dépassé ceux en espèces en nombre d’achats en 2024, bien que l’attachement au cash persiste.

Un format innovant pour un billet plus durable et pratique

L’objectif principal de STELLA est de concevoir un billet plus durable, moins coûteux à produire et plus facile à transporter. En réduisant sa taille à celle d’une carte bancaire, la Bundesdruckerei réduit considérablement la quantité de matières premières nécessaires — encre, papier ou encore énergie — tout en optimisant les processus de fabrication. Le support retenu est un polymère issu de ressources renouvelables, une technologie déjà adoptée par plusieurs pays comme le Canada, l’Australie ou le Royaume-Uni, où les billets en polymère sont réputés pour leur résistance supérieure à celle du papier.

Le design de STELLA s’inspire des étoiles, symbolisant l’origine cosmique du carbone. Comme l’explique la Bundesdruckerei dans un communiqué, « son design met l’accent sur l’origine de la vie et de la matière, tout en traduisant ce thème en un billet qui, dans un esprit de développement durable, se concentre délibérément sur l’essentiel ». Le billet adopte ainsi un concept sans bordures, où toute la surface, y compris les bords, est utilisée pour intégrer des éléments de sécurité.

Une sécurité optimisée malgré la réduction de taille

Réduire un billet à la taille d’une carte de crédit pose un défi majeur : maintenir un niveau de sécurité élevé sur une surface aussi limitée. Pour y parvenir, les ingénieurs de la Bundesdruckerei ont opté pour un design « edge-to-edge » (bord à bord), où les dispositifs de sécurité sont répartis sur l’ensemble du support. Certains éléments sont même divisés en plusieurs parties, ne révélant leurs effets visuels que lorsqu’ils sont observés ensemble. Cette approche vise à garantir une protection renforcée contre la contrefaçon, tout en réduisant significativement la taille du billet.

Ce projet mobilise plusieurs partenaires spécialisés dans les technologies de sécurité fiduciaire, dont Koenig & Bauer, SICPA et KURZ, des acteurs majeurs du secteur. Leur collaboration permet d’intégrer des innovations technologiques avancées, comme des micro-impressions ou des motifs holographiques, difficiles à reproduire.

« Son design s'inspire des étoiles, à l'origine du carbone. Il met ainsi l'accent sur l'origine de la vie et de la matière et traduit ce thème en un billet qui, dans un esprit de développement durable, se concentre délibérément sur l'essentiel. »
Bundesdruckerei

STELLA, suite logique d’une réflexion entamée en 2024

STELLA s’inscrit dans la série expérimentale Ex Nihilo, lancée par la Bundesdruckerei. Le premier billet de cette série, IGNIS, avait marqué les esprits en 2024 en devenant le premier billet noir au monde, intégrant notamment une puce de sécurité ultra-fine. Ce projet avait d’ailleurs été récompensé par l’International Association of Currency Affairs (IACA), soulignant son caractère innovant. STELLA reprend cette esthétique sombre tout en déplaçant l’accent vers la sobriété des matériaux et l’efficacité de production.

Contrairement à IGNIS, conçu comme un objet d’exception, STELLA a vocation à explorer une nouvelle forme de monnaie fiduciaire plus accessible et plus pratique. Pour autant, ce prototype n’est pas destiné à entrer immédiatement en circulation. Il s’agit avant tout d’un laboratoire d’idées permettant d’anticiper les futures évolutions de la monnaie physique dans un contexte de digitalisation croissante.

L’argent liquide résiste-t-il à l’ère du numérique ?

Malgré l’essor des paiements dématérialisés, l’argent liquide conserve une place importante dans les habitudes des consommateurs. En France, les cartes bancaires ont dépassé les billets et pièces en nombre d’achats dès 2024, une première. Pourtant, les espèces restent plébiscitées dans certains contextes, notamment lors de périodes d’inflation, comme c’est le cas depuis deux mois avec la hausse du prix des carburants. Leur anonymat et leur simplicité d’utilisation en font un moyen de paiement toujours apprécié, malgré la concurrence des solutions digitales.

Du côté des institutions, la Banque centrale européenne (BCE) planche elle aussi sur une nouvelle génération de billets en euros. Les nouveaux visuels pourraient être sélectionnés dès 2026, avec une mise en circulation prévue dans les années suivantes. Ces futurs billets intégreront probablement des innovations en matière de sécurité et de durabilité, tout en répondant aux attentes des citoyens en matière de modernité.

Et maintenant ?

Si STELLA reste pour l’instant un projet expérimental, il pourrait inspirer les futures générations de billets dans le monde entier. La Bundesdruckerei a d’ores et déjà indiqué que ce prototype servirait de base à de nouvelles réflexions sur la forme et la fonction de la monnaie fiduciaire. Quant à la BCE, ses décisions sur les nouveaux billets en euros, attendues pour 2026, pourraient accélérer ou freiner l’adoption de formats innovants comme celui de STELLA. Une chose est sûre : l’équilibre entre numérique et physique dans les moyens de paiement continuera de faire débat dans les années à venir.

En attendant, les consommateurs et les commerçants devront composer avec un paysage monétaire en pleine mutation, où le cash, bien que moins dominant, reste un acteur clé. La question n’est plus de savoir si les billets disparaîtront, mais comment ils évolueront pour s’adapter aux besoins d’une société toujours plus connectée.

Pour l’instant, STELLA est un prototype expérimental et n’est pas destiné à une mise en circulation immédiate. Selon la Bundesdruckerei, il s’agit avant tout d’un outil de réflexion sur l’avenir de la monnaie fiduciaire. Une adoption concrète dépendra des retours des experts et des institutions monétaires, sans que de date précise n’ait encore été annoncée.

Oui, les billets en polymère sont généralement considérés comme plus durables. Leur durée de vie est plusieurs fois supérieure à celle des billets en papier, réduisant ainsi les coûts de remplacement et l’empreinte environnementale à long terme. Cependant, leur recyclage reste un sujet d’étude, car leur composition plastique nécessite des filières adaptées.