Près de la totalité des échanges de données transcontinentaux transite par des câbles sous-marins, mais cette infrastructure vitale est de plus en plus vulnérable. Selon Courrier International, 99 % du trafic intercontinental des données numériques emprunte ces artères sous-marines. Pourtant, ces câbles, qui s’étendent sur des milliers de kilomètres au fond des océans, sont régulièrement endommagés par des incidents d’origine naturelle ou humaine, compromettant les communications mondiales et générant des pertes économiques significatives.
Ce qu'il faut retenir
- Les câbles sous-marins acheminent 99 % du trafic intercontinental des données, soit l’intégralité des échanges numériques entre continents.
- En 2024 et 2025, les incidents ont augmenté en mer Baltique et autour de Taïwan, suscitant des suspicions de sabotage.
- Les causes humaines (ancres de navires, pêche) représentent 74 % des ruptures, contre 26 % pour les causes naturelles.
- L’OTAN a déployé en janvier 2025 l’opération Baltic Sentry pour surveiller les câbles en mer Baltique et prévenir les sabotages.
- Les réparations peuvent prendre de quelques jours à plusieurs semaines, selon la localisation et les moyens disponibles.
Une infrastructure vitale mais vulnérable
Ces câbles en fibre optique, posés au fond des océans, sont le socle invisible d’Internet. Selon Courrier International, ils transportent près de la totalité des données échangées entre continents. Pourtant, leur fiabilité est régulièrement mise à l’épreuve. Les ruptures, même temporaires, ont des répercussions immédiates : ralentissement des communications, perturbations financières et fragilisation des échanges commerciaux. Les causes de ces incidents sont multiples, mais les plus préoccupantes restent celles d’origine humaine.
Des causes naturelles rares mais dévastatrices
Les phénomènes naturels comme les séismes ou les glissements de terrain sous-marins restent exceptionnels, mais leurs conséquences peuvent être catastrophiques. Lorsqu’un tremblement de terre frappe une zone où passe un câble, les secousses peuvent le briser net. En revanche, ces événements sont difficiles à anticiper, et leur fréquence reste faible comparée aux risques d’origine humaine. Selon Courrier International, les causes naturelles ne représentent que 26 % des ruptures, contre 74 % pour les actions liées à l’activité maritime ou industrielle.
Les activités humaines, principale menace sur les câbles
Les ancres des navires et les engins de pêche sont les principaux responsables des ruptures accidentelles. Lorsqu’un chalutier ou un cargo accroche un câble, la réparation peut prendre plusieurs jours, voire des semaines. Mais au-delà des accidents, des soupçons de sabotage pèsent sur certains incidents récents. Entre 2024 et 2025, une hausse anormale des ruptures a été observée en mer Baltique et autour de Taïwan.
« En 2024 et 2025, nous avons observé une hausse notable des incidents survenus en mer Baltique et autour de Taïwan. Il est difficile d’affirmer avec certitude qu’il s’agit d’actes intentionnels. Cependant, les schémas qui se dégagent de ces événements laissent à penser qu’il pourrait s’agir d’accidents »,a déclaré Matthew Mooney, directeur des questions internationales au sein de la société de cybersécurité Recorded Future, au site américain CNBC en novembre 2025.
L’expert établit un lien entre cette augmentation et les tensions géopolitiques croissantes dans ces zones. La Russie et l’Ukraine, d’une part, ainsi que la Chine et Taïwan, de l’autre, sont au cœur des suspicions. Si aucune preuve formelle de sabotage n’a encore été apportée, les gouvernements concernés prennent la menace au sérieux.
L’OTAN mobilisée pour protéger les câbles en mer Baltique
Face à la recrudescence des incidents en mer Baltique, l’OTAN a lancé en janvier 2025 l’opération Baltic Sentry. Baptisée « Sentinelle de la Baltique », cette mission vise à surveiller et protéger les infrastructures sous-marines de la région. Elle repose sur le déploiement de drones, d’aéronefs, de navires de surface et de sous-marins. Selon Matthew Mooney, les résultats semblent encourageants : « En conséquence, je ne crois pas que nous ayons constaté de cas de rupture de câble depuis fin janvier 2025 en mer Baltique. » Une avancée significative, même si d’autres zones restent exposées.
Cette initiative illustre la prise de conscience des enjeux stratégiques liés à ces câbles. Leur protection est désormais une priorité pour les États, au même titre que la cybersécurité ou la défense des frontières maritimes.
Des réparations longues et coûteuses
Lorsqu’un câble est endommagé, l’interruption du flux de données peut durer de quelques jours à plusieurs semaines. Tout dépend de la localisation et de l’ampleur des dégâts. Dans les zones à forte activité maritime, comme les détroits ou les routes commerciales, des navires câbliers sont souvent stationnés à proximité. Leur intervention est alors rapide. En revanche, dans les zones reculées, l’attente peut s’étirer sur plusieurs semaines.
Autre obstacle : l’absence d’un interlocuteur unique pour gérer ces réparations. Dans de nombreux pays, cette fragmentation des responsabilités complique la coordination et allonge les délais. « Bref, côté logistique, c’est un casse-tête », résume un expert du secteur, cité par Courrier International. Ces retards aggravent les pertes financières, déjà importantes pour les entreprises dépendantes de ces infrastructures.
Les câbles sous-marins, bien que discrets, sont le pouls d’Internet. Leur vulnérabilité interroge sur la capacité des États à protéger une infrastructure aussi critique. Entre accidents, tensions géopolitiques et défis logistiques, leur sécurité reste un chantier ouvert.
Les câbles sous-marins transportent 99 % du trafic intercontinental des données, soit l’intégralité des échanges numériques entre continents. Sans eux, les communications mondiales seraient ralenties, voire interrompues, avec des conséquences immédiates sur le commerce, la finance et les services en ligne.
Les zones les plus touchées sont celles à forte activité maritime ou soumises à des tensions géopolitiques. La mer Baltique et les abords de Taïwan ont connu une hausse des incidents ces deux dernières années. D’autres régions, comme la mer de Chine méridionale ou la Méditerranée, sont également vulnérables.