Le CAC 40 a terminé en baisse modérée ce jeudi 28 mai 2026, enregistrant un repli de 0,23% pour s’établir à 8 188,87 points. Cette performance intervient dans un contexte de forte volatilité, alimentée par des informations contradictoires sur les relations diplomatiques entre les États-Unis et l’Iran. Selon BFM Bourse, les investisseurs ont adopté une attitude prudente, oscillant entre espoir d’une détente et crainte d’une escalade des tensions au Moyen-Orient.

Ce qu'il faut retenir

  • Le CAC 40 recule de 0,23% à 8 188,87 points après une séance marquée par des rumeurs diplomatiques entre Washington et Téhéran.
  • Un mémorandum d’entente de 60 jours aurait été proposé pour prolonger un cessez-le-feu et relancer les négociations sur le programme nucléaire iranien, mais n’a pas encore été validé par le président américain.
  • Les cours du pétrole se stabilisent après une volatilité en cours de séance, avec un baril de Brent à 94,26 dollars et un WTI à 89,86 dollars.
  • L’économie américaine affiche une croissance de 1,6% au premier trimestre 2026, en dessous des prévisions, tandis que l’inflation mesurée par l’indice PCE atteint un niveau record en trois ans.
  • Soitec enregistre une hausse de 24,6% après la publication de ses résultats annuels, tandis que Dassault Systèmes chute de 5,7% en raison de partenariats signés par la start-up Mistral.

Un accord en négociation mais non confirmé

Les marchés européens ont réagi avec prudence aux informations relayées par le site américain Axios, selon lesquelles des négociateurs américains et iraniens auraient trouvé un terrain d’entente pour un mémorandum d’entente. Ce texte, d’une durée de 60 jours, aurait pour objectif de prolonger le cessez-le-feu en vigueur et de relancer les discussions sur le programme nucléaire iranien. « Des négociateurs américains et iraniens sont parvenus à un accord sur un mémorandum d’entente », a indiqué Axios, citant deux responsables américains sous couvert d’anonymat.

Cependant, cette avancée reste fragile. Le président américain Donald Trump n’a pas encore donné son feu vert définitif et aurait demandé quelques jours de réflexion avant de trancher. Jusqu’à hier encore, les investisseurs craignaient une escalade des tensions, avec des frappes aériennes possibles des deux côtés. Cette incertitude a pesé sur les décisions des traders, qui ont finalement opté pour une position de repli modéré.

Les matières premières et l’économie américaine pèsent sur les marchés

Les cours du pétrole ont connu une volatilité marquée en cours de séance. Alors qu’ils progressaient de plus de 2% en milieu de journée, ils ont finalement limité leurs gains après la diffusion des informations sur l’accord en négociation. Le contrat de juillet sur le Brent se stabilise à 94,26 dollars le baril, tandis que le WTI, coté à New York, gagne 1,3% pour atteindre 89,86 dollars. Cette modération reflète les craintes persistantes d’un blocage des approvisionnements via le détroit d’Ormuz, qui a déjà entraîné une flambée des prix de l’essence aux États-Unis.

Côté macroéconomie, les dernières statistiques américaines ont déçu les observateurs. La croissance du PIB au premier trimestre 2026 a été révisée à la baisse, passant de 1,8% à 1,6% en raison d’une consommation des ménages moins dynamique et d’investissements inférieurs aux attentes. Parallèlement, l’inflation mesurée par l’indice PCE a atteint en avril son rythme le plus élevé depuis près de trois ans, principalement en raison de la hausse des prix de l’énergie. Ces données renforcent les craintes d’un ralentissement économique et d’une persistance des tensions inflationnistes.

Les valeurs individuelles : Soitec en tête, Dassault Systèmes en difficulté

Sur le plan des valeurs individuelles, certaines entreprises ont connu des mouvements marqués par la publication de leurs résultats ou par des annonces stratégiques. Soitec, spécialiste des semi-conducteurs, a enregistré une hausse spectaculaire de 24,6% après la publication de ses comptes annuels, largement supérieurs aux attentes du marché. LDC, acteur majeur de l’agroalimentaire, a également profité de cette dynamique avec un gain de 5,7%.

À l’inverse, Dassault Systèmes a subi une forte pression vendeuse, perdant 5,7% en une seule séance. Cette chute s’explique par l’annonce de partenariats signés par Mistral, la start-up française spécialisée en intelligence artificielle, avec des géants industriels comme Airbus et BMW. Ces collaborations alimentent les craintes d’une disruption du secteur des logiciels par l’IA, un thème récurrent depuis plusieurs mois.

Dans le même temps, d’autres valeurs ont connu des évolutions notables : Ramsay Générale de Santé (+7,98%), Teleperformance (+5,03%), Ubisoft Entertainment (+4,41%) et Sopra Steria Group (+4,27%) ont affiché des performances positives. À l’opposé, Eutelsat Communications (-11,86%), Soitec (-7,62%) et SES (-4,45%) ont subi des corrections importantes.

L’euro résiste face au dollar

Sur le marché des changes, l’euro a affiché une légère appréciation de 0,3% face au dollar, s’échangeant à 1,1650 dollar. Cette évolution s’inscrit dans un contexte de recherche de stabilité par les investisseurs, alors que les tensions géopolitiques et les incertitudes économiques pèsent sur les monnaies. Les autres indices européens ont également évolué dans le rouge, avec des replis modérés pour le SBF 120 (-0,06%), l’AEX 25 (-0,22%) et le BEL 20 (-0,35%).

Et maintenant ?

Les prochains jours devraient être marqués par une attention accrue sur les déclarations officielles de Washington et Téhéran concernant le mémorandum d’entente. Si l’accord est finalement validé, cela pourrait apaiser les tensions au Moyen-Orient et soutenir les marchés actions et les matières premières. À l’inverse, un rejet ou un durcissement des positions pourrait relancer la volatilité. Côté économique, les investisseurs surveilleront de près les prochaines publications de données inflationnistes et de croissance aux États-Unis, ainsi que les décisions de la Réserve fédérale en matière de politique monétaire.

Les entreprises devraient également rester sous les projecteurs, avec des publications de résultats trimestriels qui pourraient confirmer ou infirmer les tendances observées ces derniers mois. Enfin, la dynamique des valeurs technologiques, notamment en lien avec l’intelligence artificielle, continuera de susciter l’intérêt des marchés.

Un mémorandum d’entente est un document non contraignant par lequel deux parties s’engagent à collaborer sur un sujet précis, en l’occurrence ici la prolongation d’un cessez-le-feu et le lancement de négociations. Contrairement à un traité, il n’a pas de valeur juridique obligatoire mais sert de base à des discussions ultérieures.

Les acteurs historiques des logiciels craignent une disruption de leur modèle économique par l’IA, qui permet à des start-ups comme Mistral de proposer des solutions innovantes et potentiellement plus efficaces. Cette concurrence menace leurs parts de marché et leur rentabilité, d’où une réaction immédiate des investisseurs.