Alors que l’indice parisien avait subi une chute de 1,7 % la veille, marquée par un regain d’inquiétudes politiques et budgétaires en France, le CAC 40 tente un rebond ce vendredi 28 août 2026. Selon BFM Bourse, l’indice vedette gagne 0,97 % à la mi-séance, s’établissant à 8 400,85 points, dans l’attente de l’intervention très attendue de Kevin Warsh, président de la Réserve fédérale américaine, à Jackson Hole.

Ce qu'il faut retenir

  • Le CAC 40 progresse de 0,97 % à 8 400,85 points à la mi-séance du 28 août 2026, après une chute de 1,7 % la veille.
  • L’inflation en France atteint 2,4 % sur un an en août, selon une estimation provisoire de l’Insee.
  • Le PIB français reste stable au deuxième trimestre 2026 (+0,0 %), avec une révision à la baisse de la première estimation (+0,2 %).
  • Le gouvernement français reconnaît que l’objectif de réduction du déficit public à 5 % sera « difficile » à atteindre.
  • Kevin Warsh, président de la Fed, interviendra ce vendredi à Jackson Hole pour clarifier la posture monétaire américaine.
  • Plusieurs valeurs phares comme EssilorLuxottica et Interparfums enregistrent des hausses significatives.

Cette séance s’inscrit dans un contexte économique français particulièrement fragile. Selon BFM Bourse, la croissance du PIB au deuxième trimestre 2026 a été révisée à la baisse, passant de +0,2 % à 0,0 %, confirmant un ralentissement plus marqué que prévu. « Ce chiffre nul cache cependant des mouvements contrastés et, surtout, une fragilité persistante de la demande intérieure », souligne Antoine Fraysse-Soulier, responsable de l’analyse des marchés pour eToro.

Les révisions des données macroéconomiques compliquent la tâche du gouvernement, déjà confronté à des difficultés pour atteindre ses objectifs budgétaires. « L’économie française a échappé de justesse à la récession. Les révisions à la baisse des chiffres du PIB confirment que l’activité économique a perdu davantage de dynamisme qu’on ne le pensait auparavant, ce qui rend les objectifs budgétaires du gouvernement encore plus difficiles à atteindre », explique Charlotte de Montpellier, économiste chez ING.

Dans ce contexte, Roland Lescure, ministre de l’Économie, a reconnu publiquement que l’engagement de ramener le déficit public à 5 % en 2026 serait « difficile » à tenir. Il a notamment pointé du doigt un manque de recettes fiscales, rendant la trajectoire des finances publiques encore plus incertaine.

Autre élément clé de cette séance, l’agence de notation Fitch doit réévaluer ce soir la note attribuée à la dette souveraine française. Une décision qui intervient dans un climat déjà tendu, alors que les marchés restent attentifs aux signaux envoyés par les autorités économiques.

Jackson Hole : un discours sous haute surveillance

De l’autre côté de l’Atlantique, l’attention se porte sur Jackson Hole, où Kevin Warsh doit prononcer son premier discours en tant que président de la Réserve fédérale américaine. Son intervention est particulièrement scrutée, alors que la Fed a maintenu ses taux directeurs dans une fourchette de 3,50 % à 3,75 % lors de ses deux dernières réunions. « Le premier symposium de Jackson Hole de Warsh portera moins sur une prochaine hausse de 25 points de base que sur la nécessité d’apporter des clarifications sur la posture réactive de la Fed », analyse Christophe Boucher, directeur des investissements chez ABN Amro Investment Solutions.

Un autre enjeu majeur réside dans l’évolution des rendements des obligations d’État américaines (Treasuries). Certains analystes s’interrogent sur leur capacité à se substituer à un resserrement monétaire supplémentaire de la part de la Fed. La séance de ce vendredi sera donc marquée par une forte volatilité, en fonction des orientations que Warsh pourrait dévoiler.

Les valeurs phares du CAC 40 en mouvement

Côté corporate, plusieurs entreprises du CAC 40 enregistrent des variations notables. EssilorLuxottica progresse de 2,6 % après l’annonce d’un programme de rachat d’actions portant sur un maximum de 5 millions de titres. Une opération saluée par les investisseurs, qui y voient un signe de confiance dans la solidité financière du groupe.

Interparfums, de son côté, affiche une hausse de 3,7 %, soutenue par une note positive d’Oddo BHF, qui a relevé son opinion sur la valeur de « neutre » à « surperformance ». Ces mouvements illustrent la recherche de valeurs refuges dans un marché encore incertain.

Sur le marché des changes, l’euro recule légèrement face au dollar, s’échangeant à 1,1641 dollar. Du côté des matières premières, le pétrole enregistre une légère baisse, dans l’attente d’une issue diplomatique au Moyen-Orient. Le contrat d’octobre sur le Brent de la mer du Nord perd 0,4 %, s’établissant à 88,18 dollars le baril, tandis que le WTI new-yorkais recule de 0,5 % à 83,11 dollars.

Et maintenant ?

Les prochaines heures s’annoncent décisives, avec l’annonce de la révision de la note souveraine française par Fitch en fin de journée. Les marchés resteront également focalisés sur les déclarations de Kevin Warsh à Jackson Hole, dont les propos pourraient orienter les anticipations des investisseurs pour les prochains mois. Pour l’économie française, la question de la crédibilité de la trajectoire budgétaire continuera de peser, alors que le gouvernement tente de concilier relance économique et rigueur financière.

Si les indicateurs macroéconomiques montrent des signes de faiblesse, les marchés pourraient réagir avec prudence, surtout si les signaux envoyés par la Fed ne répondent pas aux attentes des opérateurs. Autant dire que la journée de ce 28 août 2026 s’annonce riche en rebondissements.

Le CAC 40 avait chuté de 1,7 % le 27 août 2026 en raison d’un regain d’inquiétudes liées à la trajectoire des finances publiques françaises, combiné à des tensions politiques persistantes. Les craintes d’un déficit public difficile à maîtriser ont pesé sur les marchés.

Kevin Warsh, nouveau président de la Fed, devra clarifier la posture monétaire américaine. Les marchés attendent des précisions sur la stratégie de la Fed après deux réunions consécutives de maintien des taux, ainsi que des indications sur la gestion de l’inflation.