Le marché parisien a marqué le pas jeudi 28 mai 2026, selon BFM Bourse, dans un contexte de tensions géopolitiques persistantes et d'incertitudes autour des négociations entre les États-Unis et l'Iran. L'indice CAC 40 a terminé la séance en légère baisse de 0,23 %, s'établissant à 8 188 points, après une journée de fluctuations modérées.
Ce qu'il faut retenir
- Le CAC 40 recule de 0,23 % à 8 188 points, dans un marché hésitant faute d'éléments décisifs sur le dossier américano-iranien.
- Les tensions au Moyen-Orient se sont intensifiées cette semaine, malgré un « cessez-le-feu » affiché, avec des frappes américaines et des représailles iraniennes.
- L'inflation aux États-Unis, mesurée par les PCE, s'élève à 0,2 % en rythme mensuel, contre une anticipation de 0,3 %, mais accélère à 3,8 % sur un an.
- Les valeurs technologiques françaises ont connu des mouvements contrastés : Soitec bondit de 24,6 % malgré des résultats en baisse, tandis que Dassault Systèmes chute de 5,7 %.
- Le segment des satellites affiche une bonne tenue, porté par l'anticipation de l'introduction en Bourse de SpaceX prévue le mois prochain.
- Les indices américains, eux, ont tous progressé, avec le S&P 500 atteignant un nouveau sommet à 7 563 points.
Le marché parisien a évolué dans un environnement marqué par des signaux contradictoires. D'un côté, les données macroéconomiques américaines ont rassuré, avec une inflation PCE en demi-teinte : en rythme mensuel, elle a progressé de 0,2 %, contre une estimation à 0,3 % par les analystes. Cependant, sur un an, l'indice a accéléré à 3,8 %, alimenté par la hausse persistante des prix du pétrole. « La cherté chronique des prix du brut continue de peser sur l'inflation », souligne BFM Bourse.
Tensions au Moyen-Orient et impact sur les marchés
Malgré l'annonce d'un « cessez-le-feu », les tensions au Moyen-Orient se sont ravivées cette semaine. L'armée américaine a abattu quatre drones iraniens et mené des frappes sur une base dans le sud de l'Iran. Téhéran a riposté en ciblant une base américaine et des navires dans le détroit d'Ormuz. Ces échanges ont relancé la volatilité sur les marchés pétroliers, alors que les cours du baril avaient reculé la veille, dans l'espoir d'un accord entre Washington et Téhéran.
Les perspectives restent floues, même si quelques signes encourageants sont apparus vendredi matin. Le vice-président américain JD Vance a déclaré, jeudi 28 mai, que Donald Trump « sera en mesure d'approuver l'accord » actuellement négocié avec l'Iran. « Nous sommes en train de négocier certaines formulations. Nous avons fait beaucoup de progrès », a-t-il précisé lors d'une conférence de presse. « Nous espérons que nous continuerons à progresser et que le président sera en mesure d'approuver l'accord, mais cela reste encore à déterminer. »
Autres tensions géopolitiques et leurs répercussions
Les tensions ne se limitent pas au Moyen-Orient. Un cargo turc a été attaqué par un drone russe en mer Noire, tandis qu'un autre drone s'est abattu sur un immeuble en Roumanie, faisant deux blessés légers. Ces incidents rappellent l'escalade du conflit en Ukraine et ses répercussions en Europe de l'Est. « Ces développements géopolitiques ajoutent une couche d'incertitude supplémentaire pour les investisseurs », relève BFM Bourse.
Performances contrastées des valeurs françaises
Côté valeurs, le marché parisien a connu des mouvements contrastés. Soitec a enregistré une hausse spectaculaire de 24,6 %, malgré des résultats annuels en forte baisse. À l'inverse, Dassault Systèmes a chuté de 5,7 %, pénalisé par l'annonce de partenariats entre la start-up française Mistral et des géants industriels comme Airbus ou BMW. Ces accords alimentent les craintes d'une disruption des éditeurs de logiciels par l'intelligence artificielle. « L'IA devient un sujet central pour les investisseurs, qui redoutent un bouleversement du secteur », explique BFM Bourse.
À l'inverse, le segment des satellites a brillé, avec des hausses notables pour SES (+4,94 %) et Eutelsat (+5,82 %), portées par l'anticipation de l'introduction en Bourse de SpaceX, prévue le mois prochain. De son côté, LDC a progressé de 5,7 %, ses comptes annuels ayant largement dépassé les attentes des analystes.
Les indices américains dans le vert
De l'autre côté de l'Atlantique, les principaux indices ont tous terminé la séance de jeudi dans le vert. Le Dow Jones a progressé de 0,05 %, tandis que le Nasdaq Composite a gagné 0,91 %. Le S&P 500, souvent considéré comme le baromètre de l'appétit pour le risque, a atteint un nouveau sommet à 7 563 points, en hausse de 0,58 %. « Ces performances reflètent un optimisme prudent des investisseurs, malgré les incertitudes géopolitiques », commente BFM Bourse.
Contexte technique et perspectives pour le CAC 40
Sur le plan technique, le CAC 40 reste sous tension. Le test des 8 000 points, tenté en semaine 20, s'est soldé par un échec, libérant un potentiel baissier jusqu'à 7 682 points. Le gap baissier du 8 mai, suivi d'un gap haussier le 6 mai, a envoyé un signal peu rassurant. « La situation reste nerveuse à chaque fois que l'indice s'approche de ce seuil », souligne BFM Bourse. Pour l'heure, le CAC 40 profite d'un léger répit au-dessus du gap du 8 mai, mais les analystes surveillent de près un éventuel « effet d'aspiration » à l'approche des 8 000 points.
Dans ce contexte, les perspectives à court terme pour le CAC 40 sont jugées neutres par les analystes. « Un franchissement des 8 362 points raviverait la tension à l'achat, tandis qu'une rupture des 7 940 points relancerait la pression vendeuse », précise BFM Bourse.
En définitive, le marché parisien reste suspendu aux événements géopolitiques et aux indicateurs économiques. Si les signaux actuels restent mitigés, les prochaines semaines pourraient apporter plus de clarté, notamment avec l'évolution des négociations américano-iraniennes et les décisions de politique monétaire des grandes banques centrales.
Le recul du CAC 40 s'explique principalement par l'absence de catalyseurs positifs décisifs. Bien que l'inflation PCE américaine ait été moins élevée que prévu en rythme mensuel, la hausse annuelle à 3,8 % et les tensions géopolitiques persistantes au Moyen-Orient ont pesé sur la confiance des investisseurs. De plus, les valeurs technologiques françaises, comme Dassault Systèmes, ont été pénalisées par des craintes de disruption liée à l'IA, malgré des performances solides dans d'autres secteurs.