Selon BFM Bourse, l’indice parisien a connu une séance de consolidation jeudi, marquée par des avancées limitées mais significatives sur le plan technique. Porté par des valeurs bancaires et industrielles, le CAC 40 a progressé vers le reliquat d’un gap baissier datant du 2 mars, lorsque le déclenchement des hostilités entre les États-Unis et l’Iran avait provoqué un repli de plus de 1 000 points sur le marché tricolore. Depuis, le contexte géopolitique s’est apaisé, notamment avec la réouverture progressive du détroit d’Ormuz, permettant au prix du baril de brut de poursuivre sa décrue.

Ce qu'il faut retenir

  • Le CAC 40 a progressé en direction du reliquat du gap baissier du 2 mars 2026, formé lors de l’escalade militaire entre les États-Unis et l’Iran.
  • Les données macroéconomiques américaines ont globalement dépassé les attentes, à l’exception des prix PCE de mai, en hausse de 0,3% conforme aux anticipations.
  • Les valeurs technologiques liées à l’IA, comme STMicroelectronics et Soitec, ont modéré leurs gains après une forte progression matinale.
  • L’indice parisien reste coincé entre deux niveaux techniques majeurs : 8 280 points en résistance et 8 553 points pour la borne haute du gap baissier.
  • Les marchés américains ont terminé en ordre dispersé, avec un Dow Jones à +0,14% et un Nasdaq en baisse de 0,46%.

Un rebond technique sous surveillance

Après avoir franchi la résistance des 8 280 points en gap haussier vendredi dernier, le CAC 40 tente désormais de combler le fossé laissé par le gap baissier du 2 mars. Ce dernier, large et profond, s’étend jusqu’à 8 553 points, un niveau qui attire mécaniquement les cours vers le haut. Selon les analystes de BFM Bourse, une partie de ce gap a déjà été comblée lors de la séance du 15 juin, laissant entrevoir une possible poursuite de la hausse si les volumes d’échange restent soutenus.

Cependant, la dynamique actuelle reste fragile. Le CAC 40 évolue dans une phase de consolidation, avec un petit drapeau de consolidation qui se dessine sous le reliquat du gap. Cette configuration technique suggère une prudence accrue de la part des investisseurs, dans l’attente d’un catalyseur clair. « Les marchés restent attentifs aux signaux à court terme, notamment après la publication des résultats de Micron, qui ont relancé l’appétit pour les valeurs technologiques », explique Bret Kenwell, analyste des marchés américains pour eToro.

Les indicateurs macroéconomiques américains en demi-teinte

Du côté des statistiques, les investisseurs ont pu s’appuyer sur des données globalement solides, publiées à 14h30 heure de Paris. Les inscriptions hebdomadaires aux allocations chômage sont tombées à leur plus bas niveau depuis plusieurs mois, tandis que les revenus et dépenses des consommateurs ont dépassé les prévisions des économistes. Le produit intérieur brut (PIB) du premier trimestre a également été révisé à la hausse, confirmant une croissance plus robuste que prévu en début d’année. Ces éléments devraient, en temps normal, renforcer les anticipations de baisse des taux par la Réserve fédérale. Pourtant, selon l’outil FedWatch du CME Group, les probabilités d’un assouplissement dès le mois prochain n’excèdent pas 34%.

Le seul point noir concerne l’inflation, mesurée par les prix PCE (Personal Consumption Expenditures), indicateur privilégié par la Fed. Pour le mois de mai, l’inflation a progressé de 0,3%, soit exactement en ligne avec les attentes des marchés. « Le rapport confirme que les pressions inflationnistes persistent, mais l’absence de surprise à la hausse permet aux investisseurs de se concentrer sur d’autres facteurs, comme la vigueur des valeurs technologiques », précise Kenwell. Cette stabilité des prix limite pour l’instant les spéculations sur un assouplissement monétaire imminent.

Les valeurs phares du CAC 40 en ordre dispersé

Côté performances individuelles, le CAC 40 a affiché une séance contrastée. En tête des gagnants, Société Générale a enregistré la plus forte progression avec un gain de +2,84%, suivie par Accor (+3,16%), Engie (+2,11%) et Saint-Gobain (+2,40%). Les valeurs bancaires, sensibles aux anticipations de taux, ont particulièrement bénéficié de l’environnement macroéconomique. À l’inverse, Thales a accusé la plus forte baisse avec un recul de -3,06%, reflétant peut-être une prise de bénéfices après une période de forte performance.

Dans le secteur des semi-conducteurs, deux valeurs liées à l’intelligence artificielle, STMicroelectronics et Soitec, ont marqué une pause après des hausses matinales soutenues. Le premier a finalement terminé en hausse de +2,7%, tandis que le second affichait un gain de +3,2%. Ces mouvements modérés suggèrent une consolidation après les fortes réactions post-résultats de certains acteurs du secteur, comme Micron.

L’Europe face aux hésitations américaines

De l’autre côté de l’Atlantique, les principaux indices ont terminé la séance de jeudi en ordre dispersé. Le Dow Jones a clôturé en léger positif à +0,14%, tandis que le Nasdaq Composite a reculé de -0,46%, pénalisé par des prises de bénéfices sur les valeurs technologiques. Le S&P 500, souvent considéré comme le baromètre de l’appétit pour le risque, est resté stable autour de 7 357 points, reflétant une certaine indécision des investisseurs.

Sur le marché des changes, l’euro s’échangeait à 1,1375 dollar en début de matinée, tandis que le baril de WTI se négociait autour de 70,60 dollars, un niveau bas qui devrait soutenir la croissance mondiale. Les Treasuries à 10 ans affichaient un rendement légèrement supérieur à 4,37%, tandis que l’indice de volatilité VIX s’établissait à 18,89 points à la clôture du S&P 500. Autant dire que les marchés restent dans une configuration de prudence mesurée.

Et maintenant ?

Les prochaines heures pourraient être décisives pour le CAC 40. Les investisseurs scruteront avec attention la publication de l’indice U-Mich de confiance des consommateurs américains, attendue ce vendredi à 16h00. Ce chiffre, qui mesure le moral des ménages outre-Atlantique, pourrait influencer les anticipations de politique monétaire de la Fed et, par ricochet, la dynamique des marchés européens. Sur le plan technique, un franchissement des 8 645 points pourrait relancer l’élan acheteur, tandis qu’une rupture sous 8 281 points risquerait de relancer la pression vendeuse. En l’absence de catalyseur majeur, les marchés pourraient rester dans une phase de consolidation, entre espoir de rebond et crainte de nouvelles corrections.

Sur les autres classes d’actifs, les signaux restent mitigés. Le prix du pétrole, en baisse depuis plusieurs semaines, pourrait continuer à soutenir les économies développées. Quant aux obligations d’État américaines, leur rendement pourrait évoluer en fonction des prochaines annonces de la Fed. Pour l’heure, la volatilité reste contenue, mais les acteurs de marché savent que la moindre surprise macroéconomique pourrait faire basculer les tendances.

Un gap baissier correspond à un trou dans la courbe des cours, où le prix d’ouverture d’une séance est inférieur au plus haut de la séance précédente. Pour le CAC 40, le gap du 2 mars 2026 a été formé lors de l’escalade militaire entre les États-Unis et l’Iran, provoquant un repli brutal. Ces gaps attirent mécaniquement les cours vers le haut ou vers le bas, car les investisseurs cherchent à combler les écarts laissés vacants. Dans le cas du CAC 40, la borne haute de ce gap se situe à 8 553 points, un niveau qui pourrait servir de résistance ou de support selon l’évolution des cours.