Le CAC 40 a clôturé la séance de jeudi en hausse de 0,59%, à 8 529,91 points, selon BFM Bourse. Cette progression s'inscrit dans un contexte marqué par la publication d'un rapport mensuel sur l'emploi américain moins favorable que prévu, permettant d'assouplir les anticipations d'une hausse des taux directeurs de la Réserve fédérale à la fin du mois de juillet.
Ce qu'il faut retenir
- Le CAC 40 termine en hausse de 0,59% à 8 529,91 points après un rapport sur l'emploi américain décevant.
- Le taux de chômage américain recule à 4,2%, mais les créations d'emplois en juin n'atteignent que 57 000 postes, soit deux fois moins que les attentes des marchés.
- Les probabilités d'une hausse des taux fédéraux à la fin du mois sont passées de 34% à 18% en quelques heures.
- Les valeurs françaises profitent de ce contexte : Carrefour (+3,33%) et Sodexo (+7,39%) enregistrent des hausses significatives.
- Les indices européens terminent en ordre dispersé, tandis que le S&P 500 américain reste stable à 7 483 points.
- Un discours de Christine Lagarde, présidente de la BCE, est attendu ce vendredi à 10 heures à Aix-en-Provence.
Ce mouvement du CAC 40 intervient après une séance précédente marquée par une forte volatilité. L'indice parisien avait déjà enregistré une progression de 1,65% dans l'après-midi, portée par la publication du rapport sur l'emploi américain. Ce document, généralement considéré comme un baromètre clé de la santé économique des États-Unis, a cette fois-ci semé le doute parmi les investisseurs.
Le taux de chômage américain s'est établi à 4,2%, en baisse par rapport au mois précédent où il s'élevait à 4,3%. Cependant, la création d'emplois dans le secteur privé, hors agriculture, n'a atteint que 57 000 postes en juin, soit un chiffre deux fois inférieur aux prévisions des analystes. Ce chiffre contraste également avec les 120 000 emplois initialement annoncés pour le mois de mai, qui a finalement été révisé à la baisse de 25% pour s'établir à 90 000 postes.
Pour Bret Kenwell, analyste des marchés américains chez eToro, ce rapport envoie des signaux mitigés. « Alors que les investisseurs pensaient enfin avoir une lecture claire du marché du travail, le rapport sur l'emploi de juin est venu rebattre les cartes », explique-t-il. Il souligne que, malgré la baisse du taux de chômage, la faiblesse des créations d'emplois et la révision à la baisse des chiffres précédents rendent l'interprétation du rapport particulièrement complexe.
Ce recul des anticipations de hausse des taux de la Fed constitue un soulagement pour les marchés actions. « Si un rapport sur l'emploi plus faible que prévu n'est évidemment pas une bonne nouvelle pour l'économie, il pourrait néanmoins constituer une bonne nouvelle pour les actifs risqués en réduisant la pression sur la Réserve fédérale pour qu'elle conserve un ton résolument restrictif », analyse Bret Kenwell. Depuis plusieurs mois, la Fed martelait son discours sur la lutte contre l'inflation, et un marché du travail robuste aurait pu renforcer cette position. Le rapport publié jeudi ne signale pas une détérioration majeure du marché du travail, mais il contribue à rééquilibrer le débat autour du double mandat de la banque centrale : assurer la stabilité des prix tout en favorisant le plein emploi.
« Ce rapport pourrait recentrer le débat sur le double mandat de la Fed, assurer la stabilité des prix tout en favorisant le plein emploi, plutôt que de maintenir l'attention des décideurs presque exclusivement sur les pressions inflationnistes. »
— Bret Kenwell, analyste chez eToro
Cette publication s'est déroulée dans un calendrier particulier, avec une séance américaine exceptionnellement fermée ce vendredi 3 juillet, en raison de la fête nationale américaine, célébrée un samedi cette année. Ce rapport, publié un jour plus tôt que d'habitude, n'en a pas moins eu un impact immédiat sur les marchés financiers européens.
Des performances contrastées selon les secteurs
Côté valeurs, les mouvements ont été contrastés. Carrefour a enregistré une hausse de 3,33%, portée par un relèvement de recommandation à l'achat de la part d'UBS. De son côté, Sodexo a bondi de 7,39% après avoir dépassé les attentes pour son troisième trimestre 2025-2026 et relevé ses prévisions pour l'exercice en cours. À l'inverse, Soitec a accusé un repli de 9,71%, tandis que STMicroelectronics a perdu 4,39%, dans un secteur des semi-conducteurs toujours aussi volatile.
Parmi les autres valeurs en hausse, Air France-KLM (+5,82%), Renault (+2,72%), Thales (+2,70%) et Pernod Ricard (+2,66%) ont également tiré leur épingle du jeu. En revanche, Nexans (-2,41%), Lisi (-1,95%) et Eramet (-1,44%) ont subi des pressions vendeuses.
L'Europe et les États-Unis en décalage
Alors que le CAC 40 affichait une progression modérée, les indices américains ont terminé la séance en ordre dispersé. Le Dow Jones a progressé de 1,14%, tandis que le Nasdaq Composite reculait de 0,80%. Le S&P 500, souvent considéré comme le baromètre de l'appétit pour le risque, est resté stable à 7 483 points, reflétant une certaine prudence des investisseurs malgré le contexte macroéconomique américain.
Sur le marché des changes, l'euro se traitait autour de 1,1450 dollar en début de matinée vendredi. Le baril de WTI, autre indicateur clé de l'appétit pour le risque, s'échangeait à 67,60 dollars. Les obligations souveraines américaines à dix ans affichaient un rendement de 4,46%, tandis que l'indice de volatilité VIX s'établissait à 16,15 après la clôture du S&P 500.
Un regard technique sur le CAC 40
D'un point de vue technique, le CAC 40 a franchi le 12 juin dernier sa résistance court terme à 8 280 points, dans un contexte de forte hausse des volumes. Ce mouvement a permis à l'indice de s'approcher d'un gap baissier formé le 2 mars, lors du début de la crise au Moyen-Orient, dont la borne haute se situe à 8 553 points. Une partie de ce gap a été comblée le 15 juin, puis à nouveau testée les 19 juin et 2 juillet, laissant entrevoir une possible consolidation sous ce reliquat.
Selon les analystes de BFM Bourse, la configuration technique reste neutre à court terme. Un franchissement des 8 645 points pourrait relancer la dynamique acheteuse, tandis qu'une rupture des 8 281 points risquerait de relancer la pression vendeuse.
Ce vendredi 3 juillet, la journée s'annonce donc décisive pour les marchés financiers, alors que les acteurs économiques tentent de décrypter les signaux envoyés par les deux côtés de l'Atlantique. Si la Fed adopte une posture plus accommodante, cela pourrait soutenir les marchés actions dans les prochaines semaines, mais la prudence reste de mise face à un environnement économique toujours aussi incertain.
Le rapport sur l'emploi américain est l'un des indicateurs économiques les plus suivis par les investisseurs, car il reflète la santé du marché du travail, un pilier de la croissance économique. Une création d'emplois forte peut inciter la Fed à relever ses taux pour lutter contre l'inflation, tandis qu'un chiffre faible peut la pousser à adopter une politique plus accommodante. Ce rapport influence donc directement les anticipations de politique monétaire, qui ont un impact majeur sur les marchés actions et obligataires.
Un gap baissier correspond à une zone de prix où une séance a ouvert à un niveau inférieur à la clôture de la séance précédente, laissant un « trou » sur le graphique. Ces zones sont souvent considérées comme des niveaux de support ou de résistance majeurs. Dans le cas du CAC 40, le gap formé le 2 mars 2026 reste un niveau clé à surveiller, car son franchissement pourrait relancer ou inverser la tendance.