L’indice parisien a clôturé la semaine sur une note positive, malgré un contexte économique et politique marqué par de vives inquiétudes. Selon BFM Bourse, le CAC 40 a progressé de **0,98 %** ce vendredi 28 août, atteignant **8 401,18 points**. Pourtant, sur l’ensemble de la semaine, l’indice a reculé de près de **1 %**, pénalisé par une journée de cotation difficile jeudi.

Ce qu'il faut retenir

  • Le CAC 40 a terminé la semaine en légère hausse de **0,98 %** vendredi, mais affiche un repli de près de **1 %** sur cinq jours.
  • Le président de la Fed, **Kevin Warsh**, a réaffirmé vendredi que la lutte contre l’inflation restait la priorité absolue de la politique monétaire américaine.
  • En France, l’Insee a révisé à la baisse la croissance du PIB au deuxième trimestre (**0,0 %**), confirmant une fragilité persistante de l’économie.
  • Les prix à la consommation ont accéléré en août (**+2,4 %** sur un an), tandis que le gouvernement admet la difficulté à respecter l’objectif de réduction du déficit public.
  • Les marchés anticipent désormais à plus de **55 %** une hausse des taux de la Fed lors de sa prochaine réunion des **15 et 16 septembre**.

Un rebond du CAC 40 malgré un environnement économique dégradé

Le CAC 40 a clôturé la semaine en territoire positif, mais cette performance masque une semaine contrastée. Vendredi, l’indice a progressé de **0,98 %**, portant sa valorisation à **8 401,18 points**. Pourtant, sur les cinq derniers jours, il affiche un repli de près de **1 %**, en raison notamment d’une séance jeudi marquée par des craintes renouvelées sur le plan politique et budgétaire en France. Autant dire que les investisseurs ont préféré attendre le discours de Kevin Warsh à Jackson Hole, considéré comme un indicateur clé pour anticiper la future orientation de la politique monétaire de la Réserve fédérale américaine.

Selon BFM Bourse, ce regain de volatilité jeudi s’explique par un retour des inquiétudes sur la trajectoire des finances publiques françaises, dans un contexte où le gouvernement reconnaît déjà la difficulté à atteindre l’objectif de réduction du déficit à **5 %** du PIB. Roland Lescure, ministre de l’Économie, a d’ailleurs évoqué une situation « difficile », soulignant que les recettes fiscales ne répondent pas aux attentes prévues.

Kevin Warsh place l’inflation au cœur de la stratégie de la Fed

Lors de son intervention à Jackson Hole vendredi, Kevin Warsh, président de la Fed depuis mars 2026, a clairement positionné la lutte contre l’inflation comme la priorité immédiate de la banque centrale américaine. Il a qualifié la situation inflationniste aux États-Unis de « préoccupante » et estimé que la politique monétaire actuelle ne pouvait pas encore être qualifiée de « restrictive ». Autrement dit, la Fed conserve une marge de manœuvre pour resserrer davantage sa politique si l’inflation ne recule pas à un rythme suffisant.

Dans un discours teinté de prudence, Warsh a rappelé que la mission de la Fed était de ramener l’inflation à l’objectif de **2 %**, précisant : « Nous devons être sûrs que l’inflation sous-jacente se rapproche de notre objectif, de manière claire et à un rythme suffisant. Sinon, nous avons du pain sur la planche. C’est notre travail, notre mandat et la mission que nous devons remplir. »

« Kevin Warsh a profité du symposium de Jackson Hole pour asseoir sa crédibilité en tant que champion de la lutte contre l’inflation, plutôt que de se positionner comme un communicant favorable aux marchés. Le message était le suivant : l’économie est solide, l’IA pourrait stimuler la croissance à long terme, mais l’inflation reste la priorité immédiate de la politique monétaire. »
Christophe Boucher, Directeur des investissements chez ABN Amro Investment Solutions

Les analystes soulignent que, malgré l’absence d’annonce directe sur une hausse des taux, les propos de Warsh ont été perçus comme « hawkish » (restrictifs). Selon l’outil CME FedWatch, les marchés estiment désormais à plus de **55 %** la probabilité d’un relèvement des taux lors de la réunion de la Fed les **15 et 16 septembre**, contre environ **35 %** la veille de son intervention.

La France à l’épreuve : croissance atone et inflation persistante

Côté français, les dernières données économiques publiées vendredi par l’Insee confirment les difficultés structurelles de l’économie. Les prix à la consommation ont accéléré en août, avec une hausse de **2,4 %** sur un an, après **+2,1 %** en juillet. Une tendance qui s’inscrit dans un contexte de pression inflationniste persistante, alimentée par des tensions sur les coûts énergétiques et des tensions géopolitiques.

Le produit intérieur brut (PIB) français est quant à lui resté stable au deuxième trimestre (**0,0 %**), une révision à la baisse par rapport à la première estimation qui tablait sur une croissance de **+0,2 %**. Cette stagnation masque des disparités sectorielles et une demande intérieure en berne, selon les économistes. Antoine Fraysse-Soulier, responsable de l’analyse des marchés chez eToro, souligne que « l’acquis de croissance pour 2026 n’est désormais que de **+0,3 %**, signe d’un premier semestre particulièrement faible ».

Charlotte de Montpellier, économiste chez ING, va plus loin : « L’économie française a échappé de justesse à la récession. Les révisions à la baisse des chiffres du PIB confirment que l’activité économique a perdu davantage de dynamisme qu’on ne le pensait auparavant, ce qui rend les objectifs budgétaires du gouvernement encore plus difficiles à atteindre. »

Dans ce contexte, l’agence de notation Fitch devait réévaluer vendredi soir la note souveraine de la France, une décision qui intervient alors que le gouvernement peine à concilier soutien à l’activité et maîtrise des finances publiques. La situation budgétaire, déjà fragilisée par des recettes inférieures aux prévisions, rend cet exercice particulièrement ardu.

Les valeurs françaises dans la tourmente, sauf exceptions

Sur le plan boursier, la semaine a été contrastée pour les entreprises françaises. Parmi les valeurs en hausse, EssilorLuxottica a progressé de **2,4 %** après l’annonce d’un programme de rachat d’actions portant sur jusqu’à **5 millions** de titres. Une opération perçue comme un signal de confiance par les investisseurs.

Autre satisfecit, ID Logistics a bondi de **4 %**, porté par les commentaires positifs de TP ICAP Midcap, qui a réaffirmé sa confiance dans le spécialiste de la logistique contractuelle après la publication de ses résultats semestriels. Une bonne nouvelle qui contraste avec les inquiétudes macroéconomiques ambiantes.

Côté innovations, Pasqal, spécialiste français du quantique, a fait une entrée remarquée à la Bourse de New York. Son action a flambé de **60 %** sur le Nasdaq, confirmant l’engouement des investisseurs pour les technologies de rupture. Un succès qui rappelle l’attrait persistant pour les pépites technologiques françaises, malgré le contexte général morose.

Dollar renforcé et pétrole en légère baisse

Sur le marché des changes, l’euro a reculé de **0,5 %** face au dollar, s’échangeant à **1,1599 $**, sous l’effet direct des déclarations restrictives de Kevin Warsh. Une réaction qui illustre la sensibilité des devises aux signaux envoyés par les banques centrales. Du côté des matières premières, le pétrole a également été affecté par ce climat d’incertitude. Le contrat d’octobre sur le Brent de mer du Nord a cédé **0,4 %**, s’établissant à **88,18 $** le baril, tandis que le WTI new-yorkais a perdu le même pourcentage, à **83,16 $**. Une baisse modérée, mais qui reflète les craintes d’un ralentissement de la demande mondiale en cas de resserrement monétaire accru.

Et maintenant ?

La semaine à venir s’annonce décisive pour les marchés financiers. Les investisseurs scruteront avec attention la publication des prochaines statistiques économiques américaines, notamment les chiffres de l’emploi pour août, attendus mercredi 3 septembre. Ces données pourraient confirmer ou infirmer les anticipations d’une hausse des taux par la Fed dès sa réunion des **15 et 16 septembre**. En Europe, la publication des indices PMI manufacturiers et services, prévue vendredi 5 septembre, donnera un aperçu plus précis de la santé économique du continent, dans un contexte où la croissance française reste sous haute surveillance.

En France, l’attention se portera sur les annonces budgétaires complémentaires, alors que le gouvernement tente de concilier relance économique et rigueur financière. La réévaluation de la note souveraine par Fitch, attendue vendredi soir, pourrait également influencer la perception du risque pays par les investisseurs internationaux.

Bref, entre les incertitudes politiques, les signaux contradictoires de la Fed et une croissance française toujours fragile, les prochains jours s’annoncent aussi riches en rebondissements qu’en défis pour les acteurs économiques.

Le CAC 40 a progressé de **0,98 %** vendredi, mais a finalement reculé de près de **1 %** sur la semaine en raison d’une séance jeudi marquée par des craintes accrues sur la situation budgétaire française et le contexte politique. Jeudi, les investisseurs ont anticipé des risques liés aux finances publiques et à la croissance atone du PIB au deuxième trimestre (**0,0 %**), selon les données révisées de l’Insee.