Alors que les négociations entre Washington et Téhéran s'enlisent, le CAC 40 a subi une baisse marquée en fin de séance mercredi 3 juin, clôturant sur ses plus bas de la journée à -0,71%, à 8 150 points. Malgré la résistance ponctuelle du secteur technologique, l'indice parisien n'a pu compenser l'inquiétude persistante des investisseurs face à la remontée des craintes inflationnistes en Europe.
Ce qu'il faut retenir
- Le CAC 40 a reculé de 0,71% mercredi, clôturant à 8 150 points, un niveau proche des plus bas de la séance.
- L'inflation en zone euro a atteint +2,5% en mai (hors alimentation, énergie, alcool et tabac), dépassant légèrement les attentes des analystes.
- La BCE réunira son Conseil des Gouverneurs le 11 juin, une réunion qui s'annonce décisive pour la politique monétaire.
- La Chambre américaine des représentants a adopté une résolution symbolique exigeant le retrait des troupes américaines des hostilités contre l'Iran, un camouflet pour Donald Trump.
- Les indices américains ont également reculé : le Dow Jones a perdu 1,21%, le Nasdaq 0,89% et le S&P 500 0,74%.
- Le baril de WTI s'échangeait autour de 95,20 dollars, tandis que l'euro se traitait à 1,1610 dollar ce matin.
Selon BFM Bourse, cette journée boursière a été marquée par un retour des craintes inflationnistes, alimentées par la publication des premières estimations de l'inflation en zone euro. Les chiffres publiés plus tôt dans la semaine indiquent une hausse de 2,5% en rythme annuel pour mai, hors éléments volatils (alimentation, énergie, alcool et tabac). Ce niveau dépasse légèrement les prévisions des économistes, renforçant les pressions sur la Banque centrale européenne (BCE).
Une inflation persistante qui complique la tâche de la BCE
Cette inflation, entretenue en partie par la cherté des prix du pétrole, survient dans un contexte où le détroit d'Ormuz reste fermé à la navigation commerciale. Une situation qui aggrave les tensions sur les approvisionnements énergétiques et maintient les prix à un niveau élevé. La BCE, qui doit se réunir le 11 juin pour sa prochaine décision de politique monétaire, se trouve face à un dilemme : relever ses taux pour lutter contre l'inflation tout en évitant de freiner davantage une croissance déjà en perte de vitesse.
« Lors de sa réunion du 11 juin, la BCE devrait très probablement relever ses taux directeurs de 25 points de base, conformément à son récent discours restrictif », explique Martin Wolburg, économiste senior chez Generali Investments.
« Au-delà de cela, les perspectives de politique monétaire s'assombrissent, le Conseil des gouverneurs devant trouver un équilibre entre une inflation qui reste élevée et une activité économique en perte de vitesse. »
Un camouflet politique pour Donald Trump en pleine escalade militaire
Sur le plan géopolitique, la Chambre américaine des représentants a adopté mardi soir une résolution non contraignante ordonnant au président américain de « retirer les forces armées des États-Unis des hostilités contre la République islamique d'Iran ». Cette décision, adoptée avec le soutien de quatre députés républicains, constitue un revers symbolique pour Donald Trump, qui a engagé son pays dans ce conflit le 28 février 2026. Cependant, cette résolution est largement symbolique, car le président américain dispose d'un droit de veto.
Parallèlement, Israël et le Liban ont annoncé, à l'issue de deux jours de pourparlers à Washington, conditionner un cessez-le-feu à un « arrêt complet » des tirs du Hezbollah. Les deux parties ont également convenu de créer des « zones pilotes » sous contrôle de l'armée libanaise, une mesure visant à stabiliser la situation dans la région.
Les valeurs du CAC 40 en ordre dispersé
Côté entreprises, la séance a réservé quelques surprises. Valeo a enregistré une progression spectaculaire de plus de 18% après avoir évoqué son activité croissante dans les data centers, suscitant une frénésie chez les investisseurs et entraînant une liquidation des positions de vendeurs à découvert. De son côté, Sodexo a progressé de 4,4%, tandis que Barclays a relevé son objectif de cours sur le titre, anticipant un catalyseur avec la prochaine publication du groupe, prévue début juillet.
À l'inverse, Stellantis a reculé de 4% en raison de stocks élevés aux États-Unis, selon l'analyse de Bernstein. Dans le segment des petites et moyennes capitalisations, Maison Pommery & Associés a bondi de 15,6% après l'annonce de discussions en vue d'un rapprochement avec Henkell International, la division vins effervescents du groupe allemand Oetker.
Les indices américains en correction
De l'autre côté de l'Atlantique, les principaux indices américains ont mis fin à leur série de records historiques. Le Dow Jones a reculé de 1,21%, le Nasdaq Composite de 0,89%, et le S&P 500 — souvent considéré comme un baromètre de l'appétit pour le risque — a perdu 0,74%, clôturant à 7 553 points.
Ce repli s'inscrit dans un contexte de nervosité accrue sur les marchés, où le VIX, indice mesurant la volatilité implicite du S&P 500, s'est établi à 16,08 points à la clôture. Les Treasuries à 10 ans, quant à eux, affichaient un rendement légèrement supérieur à 4,48%, tandis que le baril de WTI s'échangeait autour de 95,20 dollars ce matin.
Un signal technique inquiétant pour le CAC 40
Sur le plan graphique, la situation reste tendue pour le CAC 40. Le test des 8 000 points en semaine 20 s'est soldé par un échec, libérant un potentiel baissier jusqu'à 7 682 points. Le gap baissier du 8 mai, qui avait immédiatement suivi un gap haussier le 6 mai, a envoyé un signal peu encourageant. Les analystes de BFM Bourse soulignent que « la situation reste très nerveuse à chaque fois que l'indice se rapproche de ce seuil ». Pour l'instant, l'indice bénéficie d'un léger répit au-dessus du gap du 8 mai, un repère technique majeur. « Attention à un potentiel effet d'aspiration à l'approche des 8 000 points », avertissent-ils.
Dans ce contexte, l'avis des analystes reste négatif à court terme pour le CAC 40, tant que l'indice évolue en dessous de la résistance à 8 362 points.
La BCE, confrontée à un arbitrage difficile entre inflation et croissance, pourrait opter pour un relèvement de ses taux le 11 juin, mais cette décision dépendra largement des prochaines publications économiques et de l'évolution des tensions géopolitiques. Autant dire que les prochains jours s'annoncent cruciaux pour les investisseurs.
Le CAC 40 a subi la pression combinée d'une inflation plus forte que prévu en zone euro et de l'inquiétude persistante liée au conflit irano-américain. Même si le secteur technologique a montré une certaine résistance, il n'a pas suffi à contrebalancer ces facteurs baissiers, selon BFM Bourse.
La prochaine réunion du Conseil des Gouverneurs de la BCE est prévue le 11 juin 2026. Les investisseurs attendent une décision sur les taux directeurs, probablement une hausse de 25 points de base, ainsi que des indications sur l'orientation future de la politique monétaire.