La Bourse de Paris a clôturé en légère progression ce mercredi 26 août, dans un contexte marqué par des indicateurs économiques américains et l’attente des résultats trimestriels de Nvidia. Selon BFM Bourse, le CAC 40 a enregistré une hausse de 0,27 %, s’établissant à 8 462,39 points à la clôture. Cette performance intervient alors que les investisseurs scrutaient les dernières données américaines, notamment l’inflation mesurée par l’indice PCE, ainsi que les comptes de l’un des géants de l’intelligence artificielle.
Ce qu'il faut retenir
- Le CAC 40 progresse de 0,27 %, soit 8 462,39 points à la clôture du 26 août 2026
- L’inflation américaine (PCE) reste stable à 3,7 %, un niveau légèrement supérieur aux attentes des analystes
- Le PIB américain du deuxième trimestre est confirmé en croissance de 1,5 % en rythme annualisé
- Nvidia publie ses résultats trimestriels après la clôture des marchés, avec des attentes fortes sur la demande et les marges
- OVHcloud chute de 13,6 % après l’annonce du départ de sa directrice financière
Les statistiques économiques américaines ont joué un rôle clé dans la dynamique des marchés. L’indice PCE, privilégié par la Réserve fédérale pour évaluer l’inflation, s’est établi à 3,7 % sur un an en juillet, un chiffre légèrement supérieur aux prévisions des économistes (3,6 %). L’inflation sous-jacente, dite « core PCE », est restée inchangée à 3,3 %, confirmant une tendance modérée mais persistante. « L’inflation sous-jacente étant conforme aux prévisions, la publication recèle peu de surprises à l’approche de Jackson Hole, mais elle renforce le discours selon lequel l’inflation reste « trop élevée » », a souligné Christophe Boucher, directeur des investissements chez Abn Amro Investment Solutions.
Les analystes anticipent une détente progressive de l’inflation, notamment grâce à la dissipation des effets des droits de douane et à un ralentissement des loyers. « L’inflation sous-jacente « core PCE », historiquement présentée comme la plus suivie par la Fed, reste stable à 3,3 % en juillet mais devrait progressivement décliner avec la dissipation des effets des droits de douane, la poursuite du ralentissement des loyers et … les changements méthodologiques que le BEA implémentera en septembre », a expliqué Bastien Drut, responsable Stratégie & Analyse chez CPRAM. De quoi permettre à la Fed d’envisager un statu quo plus longtemps ?
Côté macroéconomie, le produit intérieur brut (PIB) des États-Unis pour le deuxième trimestre a été confirmé en hausse de 1,5 % en rythme annualisé, un rythme modéré mais rassurant pour les investisseurs. Ces données, couplées à la stabilité relative de l’inflation, ont contribué à apaiser temporairement les craintes d’un durcissement monétaire plus marqué.
Nvidia sous les projecteurs : un test décisif pour le rallye de l’IA
L’attention des marchés se portait surtout sur Nvidia, dont les résultats trimestriels étaient attendus après la clôture des marchés américains. Le géant californien, pilier de la révolution de l’intelligence artificielle, devait publier ses chiffres pour le deuxième trimestre 2026. Les attentes étaient particulièrement élevées : selon les estimations compilées par LSEG et citées par Reuters, le chiffre d’affaires devrait presque doubler en un an pour atteindre 92,18 milliards de dollars.
« Nvidia publie ce soir après la clôture américaine. C’est le vrai juge de paix du rallye IA, bien plus que les chiffres du groupe eux-mêmes : ce que le marché veut entendre, c’est la visibilité sur la demande et les marges », a commenté Matéis Mouflet, analyste de marchés chez XTB France. « Les attentes sont hautes, et à ce niveau de valorisation, être bon ne suffit plus, il faut surprendre ». Les investisseurs guettaient donc des signaux forts sur la capacité de Nvidia à maintenir sa croissance face à une concurrence accrue et à une demande qui pourrait montrer des signes de ralentissement.
Les valeurs du CAC 40 en ordre dispersé
Dans le sillage de l’indice parisien, les performances des valeurs du CAC 40 ont été contrastées. Trois entreprises se sont distinguées en tête de classement : Arcelormittal (+3,2 %), Kering (+2,25 %) et Safran (+1,9 %). À l’inverse, Capgemini a enregistré la plus forte baisse (-2,65 %), tandis que TotalEnergies a cédé 0,55 %, pénalisée par la baisse des cours du pétrole. Le recul de TotalEnergies reflète les tensions persistantes sur le marché de l’énergie, dans un contexte où les prix de l’or noir restent volatils.
Le plus fort décrochage est venu d’OVHcloud, qui a perdu 13,6 % en une seule séance. La chute brutale fait suite à l’annonce surprise du départ de sa directrice financière, un événement qui a surpris les analystes et ébranlé la confiance des investisseurs dans la gouvernance de l’entreprise. OVHcloud, acteur clé du cloud en Europe, avait pourtant affiché jusqu’ici une croissance régulière, mais cette turbulence rappelle les risques liés aux changements de direction dans les entreprises technologiques.
L’euro sous pression face au dollar
Sur le marché des changes, l’euro a reculé de 0,2 % face au dollar américain, s’échangeant à 1,1652 dollar en fin de journée. Cette légère baisse s’inscrit dans un contexte où les anticipations de politique monétaire de la Fed et de la Banque centrale européenne (BCE) divergent. Alors que les données américaines suggèrent une inflation toujours élevée, la BCE pourrait adopter une approche plus prudente, ce qui pourrait peser sur la monnaie unique à moyen terme.
Bref, après une séance de consolidation, les marchés restent en attente de signaux forts pour confirmer ou infirmer la tendance haussière des dernières semaines. La volatilité pourrait persister jusqu’à la fin de l’été, dans un environnement où chaque donnée économique et chaque résultat d’entreprise compte double.
L’indice PCE (Personal Consumption Expenditures) est considéré comme l’indicateur préféré de la Réserve fédérale américaine pour mesurer l’inflation. Contrairement à l’IPC (Indice des Prix à la Consommation), il prend en compte un panier de biens et services plus large et intègre les variations de dépenses des ménages. La Fed l’utilise pour ajuster sa politique monétaire, ce qui en fait un indicateur clé pour les investisseurs qui anticipent les décisions de taux directeurs.