Depuis la publication du rapport de l'Anses sur le cadmium, les consommateurs se posent des questions sur les moyens de limiter leur exposition à ce métal lourd classé cancérogène, mutagène et toxique pour la reproduction. Selon Futura Sciences, choisir des produits bio pourrait être une solution, mais le débat est loin d'être tranché.

Le cadmium est principalement présent dans les sols agricoles, notamment dans les régions où les roches calcaires sont abondantes, comme en Champagne, en Charente ou dans le Jura. Une partie de ce cadmium a une origine naturelle, tandis que l'autre partie est issue de la pollution atmosphérique liée à l'industrialisation et à l'urbanisation du XXe siècle, ainsi que des engrais phosphatés importés du Maroc.

Ce qu'il faut retenir

  • Le cadmium est présent dans les sols agricoles et peut être absorbé par les plantes.
  • Les produits bio pourraient contenir moins de cadmium que les produits conventionnels, mais les études sont encore partielles et contradictoires.
  • La variété dans l'alimentation et la réduction de la consommation de produits gras et sucrés sont des moyens sûrs de réduire l'exposition au cadmium.

Les études scientifiques

Une méta-analyse publiée en 2014 dans le British Journal of Nutrition a montré que le cadmium est présent à des concentrations 48 % inférieures dans les cultures bio. Cependant, cette étude ne portait pas spécifiquement sur les produits consommés en France. Une autre étude, publiée en août 2025 dans la revue Agronomy, a analysé le recours aux engrais sur cinq ans dans 140 exploitations certifiées « agriculture biologique » françaises et a constaté que les agriculteurs bio utilisent très peu les engrais phosphatés riches en cadmium.

Selon Marc-André Selosse, chercheur au Muséum d'Histoire naturelle, les données disponibles en Europe suggèrent que les produits bio pourraient contenir 30 % de moins de cadmium que les produits conventionnels, mais ces données sont très parcellaires. Christophe Nguyen, directeur de recherche à l'Inrae, souligne que « dans la littérature scientifique, on observe qu'en moyenne, le bio est moins contaminé, mais pas systématiquement et pas pour toutes les cultures ».

Les conséquences pour la santé

L'excès d'imprégnation au cadmium de la population française (50 % des adultes et tous les enfants âgés de 2 à 3 ans dépasseraient les normes) est principalement lié à une consommation excessive de pain, pommes de terre, pâtes, riz, viennoiseries, pâtisseries, gâteaux et autres biscuits sucrés. Ces aliments contribuent à plus de la moitié (55 %) de la part de la source alimentaire à l'imprégnation humaine.

Et maintenant ?

Les études complémentaires devront être menées spécifiquement en France pour établir un comparatif fiable entre les produits bio et conventionnels. En attendant, varier son alimentation et remplacer plus souvent les pâtes et le pain par des légumineuses sont des moyens sûrs de réduire son exposition au cadmium. Il est également important de suivre les recommandations des autorités de santé et de rester informé sur les dernières recherches et découvertes sur le sujet.

En conclusion, même si les produits bio pourraient contenir moins de cadmium que les produits conventionnels, les études sont encore partielles et contradictoires. Il est donc important de continuer à suivre les recommandations des autorités de santé et de rester informé sur les dernières recherches et découvertes sur le sujet.