La Confédération Africaine de Football (CAF) a adopté une position conciliante face au projet de création et de vente d’une filiale commerciale de la Fifa, baptisée FIFA Forward Enterprise (FFE), contrairement à plusieurs confédérations comme l’UEFA ou l’AFC qui s’y opposent fermement. Selon RMC Sport, l’instance africaine a même appelé ses 54 associations membres à « étudier » cette initiative portée par Gianni Infantino, tout en soulignant l’importance du dialogue.
Ce qu'il faut retenir
- La CAF a adopté une position ouverte au projet FIFA Forward Enterprise, contrairement à l’UEFA et d’autres confédérations qui y sont opposées.
- L’instance africaine encourage ses membres à participer au processus de consultation lancé par la Fifa pour valider le projet.
- Une réunion au sommet est prévue par la CAF pour arrêter une position commune sur ce dossier.
- La filiale FFE, valorisée à 20 milliards de dollars, pourrait rapporter 4,2 milliards de dollars (3,7 milliards d’euros) avec la vente de 20 % de ses parts à des investisseurs privés.
- Chaque fédération soutenant le projet recevrait un chèque d’environ 40 millions de dollars (35 millions d’euros).
- La Fifa a fixé au 19 septembre 2026 la date limite pour obtenir l’adhésion d’au moins 50 % des fédérations nationales.
Un soutien inattendu à Gianni Infantino
Alors que l’UEFA, la CONCACAF et l’AFC ont déjà exprimé leur opposition au projet de vente de parts de la Fifa et de la Coupe du monde à des investisseurs privés, la CAF adopte une attitude radicalement différente. Patrice Motsepe, président de la CAF et proche allié de Gianni Infantino, semble avoir joué un rôle clé dans cette prise de position. L’instance africaine a d’ailleurs confirmé son engagement à collaborer avec la Fifa pour examiner la proposition, comme l’indique un communiqué publié ce mercredi 9 août 2026.
« La CAF encourage également ses associations membres à étudier la proposition FIFA Forward Enterprise et à participer au processus de consultation, conformément aux règlements et aux procédures établies de la CAF et de la FIFA », a précisé l’instance dans son message. Une position qui contraste avec les critiques virulentes formulées par les grandes fédérations européennes, comme celle de l’UEFA qui a convoqué une réunion d’urgence mardi pour discuter de ce dossier.
Un projet juteux pour les fédérations africaines
Le projet de la Fifa, dirigé par Gianni Infantino, vise à créer une filiale commerciale, la FFE, dont 20 % des parts seraient vendues à des investisseurs privés pour un montant estimé à 4,2 milliards de dollars. Selon les informations révélées par RMC Sport, le fonds Thrive Eternal, géré par un proche de l’ancien président américain Donald Trump, serait en première ligne pour ce rachat. Une manne financière qui pourrait séduire les fédérations africaines, souvent en quête de ressources pour développer le football sur le continent.
Si le projet est validé, chaque association nationale soutenant la FFE recevrait un chèque d’environ 40 millions de dollars (35 millions d’euros). Un argument de poids pour convaincre les fédérations réticentes. D’autant que la Fifa a fixé une date butoir : le 19 septembre 2026. Après cette échéance, si au moins 50 % des fédérations nationales approuvent le projet, Gianni Infantino soumettra sa création et sa vente à un vote devant le Conseil de la Fifa.
Une division au sein du football mondial
Cette divergence de vues entre la CAF et les autres confédérations illustre les tensions au sein du football mondial. Alors que l’UEFA et d’autres instances s’inquiètent de l’influence croissante des investisseurs privés dans la gouvernance du football, la CAF mise sur les retombées financières pour accélérer le développement du sport en Afrique. Une stratégie qui pourrait, à terme, renforcer la position de la Fifa et de son président en vue de l’élection présidentielle de mars 2027, à laquelle Patrice Motsepe, soutien indéfectible d’Infantino, pourrait jouer un rôle clé.
Dans son communiqué, la CAF a rappelé son engagement à « favoriser l’augmentation des ressources financières et autres, au profit du développement et de l’essor du football en Afrique et dans le monde ». Une priorité qui semble primer sur les craintes liées à la commercialisation accrue du football.
« La CAF s'engage à poursuivre la concertation et la collaboration avec ses associations membres, la FIFA, les autres confédérations de football et les parties prenantes, afin de favoriser l'augmentation des ressources financières et autres, au profit du développement et de l'essor du football en Afrique et dans le monde. »
— Communiqué de la CAF, 9 août 2026
Reste à savoir si les fédérations africaines, souvent confrontées à des difficultés financières, privilégieront les retombées immédiates promises par la FFE ou écouteront les mises en garde des grandes instances européennes. La décision finale pourrait bien redéfinir l’équilibre des forces au sein de la Fifa.
La CAF mise sur les retombées financières promises par la FIFA Forward Enterprise. Avec un chèque d’environ 40 millions de dollars par fédération, l’instance africaine espère accélérer le développement du football sur le continent, où les ressources sont souvent limitées.