Le Tribunal arbitral du sport (TAS) examinera le 8 octobre prochain l’appel déposé par la Fédération sénégalaise de football contre la décision de la Confédération africaine de football (CAF) d’attribuer la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2026 au Maroc sur tapis vert, a annoncé l’instance internationale dans un communiqué publié vendredi 24 juillet 2026. Selon Franceinfo - Sport, cette audience interviendra à l’automne, comme initialement prévu, mais sans procédure accélérée.
Ce qu'il faut retenir
- Le TAS a fixé au 8 octobre 2026 l’audience concernant l’appel du Sénégal contre la décision de la CAF.
- La finale de la CAN 2026, remportée 1-0 par le Sénégal sur le terrain le 18 janvier 2026, avait été invalidée par la CAF qui a attribué la victoire au Maroc sur tapis vert.
- Le jury d’appel de la CAF avait sanctionné le Sénégal pour forfait après l’abandon des joueurs en cours de match, déclenchant une polémique.
- Le TAS précise que la décision ne sera pas rendue le jour même et que les délibérations pourraient s’étaler sur plusieurs semaines.
Une finale chaotique et une décision controversée
Le 18 janvier 2026, la finale opposant le Maroc au Sénégal au Stade de Rabat avait basculé dans le chaos en fin de match. Un penalty accordé au Maroc dans le temps additionnel, après consultation de la VAR, avait provoqué l’indignation des Sénégalais. Brahim Díaz, l’auteur de la tentative, avait finalement échoué face au gardien, avant que le Sénégal ne l’emporte en prolongation grâce à Pape Gueye (1-0).
Mais cette issue n’a pas été retenue par la CAF. Saisie par la fédération marocaine, l’instance africaine avait finalement tranché le 17 mars 2026 en déclarant le Sénégal perdant par forfait. La victoire a alors été attribuée au Maroc sur le score de 3-0, une décision qui a suscité de vives réactions de la part des autorités sportives sénégalaises.
Le Sénégal conteste la décision devant le TAS
Le 25 mars 2026, la Fédération sénégalaise de football a déposé un recours devant le TAS, contestant la légalité de la sanction infligée par la CAF. Dans son appel, elle demandait à ce que la procédure soit accélérée, mais cette demande n’a pas été acceptée par le tribunal. « Les parties ne se sont pas mises d’accord pour mettre en œuvre une procédure accélérée », précise le TAS dans son communiqué.
L’instance arbitrale a également mis en garde contre les « informations erronées » circulant au sujet de cette procédure. « Seules les informations diffusées par les canaux officiels du TAS sont considérées comme officielles », rappelle-t-elle, invitant les médias et le public à se référer exclusivement à ses publications pour obtenir des mises à jour sur l’avancement de l’affaire.
Un contexte marqué par des incidents en série
La décision de la CAF fait suite à des événements particulièrement tendus lors de la finale. Après l’attribution du penalty litigieux, une grande partie de l’équipe sénégalaise, menée par son sélectionneur Pape Thiaw, avait quitté le terrain en signe de protestation. Les joueurs n’étaient revenus qu’un quart d’heure plus tard, tandis que des affrontements éclataient en tribune entre supporters sénégalais et forces de sécurité. Ces incidents avaient aggravé la polémique autour d’un match déjà marqué par une décision contestée de l’arbitre.
Pour le Sénégal, cette finale était synonyme de victoire légitime. Le pays avait célébré son titre de « champion d’Afrique » au Stade de France en janvier, organisant des festivités qui reflétaient la conviction d’avoir remporté la compétition de manière incontestable. La décision de la CAF a donc provoqué un choc au sein de la délégation et des supporters.
Les prochaines étapes et les incertitudes
Le TAS a indiqué que les délibérations de la formation arbitrale pourraient s’étaler sur plusieurs semaines après l’audience du 8 octobre. « À l’issue de l’audience, la formation arbitrale entamera ses délibérations. À ce stade, le TAS n’est pas en mesure d’indiquer quand une décision sera rendue, mais celle-ci ne sera pas prononcée le jour même de l’audience », précise le communiqué.
Cette incertitude laisse planer le doute sur l’issue finale de l’affaire. Si le TAS donne raison au Sénégal, la CAN 2026 pourrait être officiellement attribuée à la sélection sénégalaise. En revanche, un rejet de l’appel maintiendrait la victoire du Maroc sur tapis vert, une perspective qui continue de diviser la communauté footballistique africaine.
Cette affaire rappelle également les tensions récurrentes autour des décisions arbitrales dans le football africain, où les émotions et les enjeux sportifs se mêlent souvent à des considérations politiques et économiques. Reste à voir si le TAS parviendra à trancher de manière suffisamment convaincante pour apaiser les esprits.
Si le TAS invalide la décision de la CAF, le titre de la CAN 2026 serait officiellement attribué au Sénégal, qui avait remporté la finale sur le terrain. Cela entraînerait également une remise en question des procédures disciplinaires de la CAF, notamment en matière de forfaits et d’arbitrage vidéo.
Le TAS n’a pas précisé de délai exact pour la publication de sa décision, mais celle-ci ne sera pas rendue le jour de l’audience, prévue le 8 octobre 2026. Les délibérations pourraient s’étaler sur plusieurs semaines, voire davantage, en fonction de la complexité du dossier.