Le Premier ministre canadien Mark Carney a annoncé mardi un plan de 3,8 milliards de dollars dédié à la protection renforcée de la biodiversité, incluant la sauvegarde des saumons, des ours polaires et la création de nouveaux parcs nationaux. Selon RFI, cette initiative s’inscrit dans le cadre des engagements pris par le Canada lors de la COP15 sur la biodiversité en 2022, où près de 200 pays avaient promis de protéger 30 % des terres et des eaux de la planète d’ici 2030.
Ce qu'il faut retenir
- 3,8 milliards de dollars alloués par le Canada pour protéger sa biodiversité
- Objectif : 30 % des terres et eaux canadiennes protégées d’ici 2030, contre 14 % actuellement
- Le plan inclut la protection des saumons, des ours polaires et la création de nouveaux parcs nationaux
- Le Canada a quatre ans pour doubler la surface protégée, passant de 14 % à 30 %
Un engagement international à honorer
Lors de la COP15, organisée à Montréal en décembre 2022, le Canada avait rejoint 195 autres nations pour signer un accord historique visant à inverser le déclin de la biodiversité d’ici la fin de la décennie. Pourtant, à ce jour, seulement 14 % du territoire canadien est officiellement protégé, un chiffre jugé insuffisant par plusieurs experts et associations environnementales. Mark Carney, qui a succédé à Justin Trudeau au poste de Premier ministre en janvier 2025, a présenté ce plan comme une réponse concrète à cet objectif ambitieux. « Nous devons agir maintenant pour préserver notre patrimoine naturel », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse à Ottawa.
Des mesures concrètes, mais critiquées pour leur insuffisance
Parmi les annonces figure le renforcement des mesures de protection des écosystèmes aquatiques, essentiels à la survie des saumons, dont plusieurs espèces sont menacées par la surpêche et le réchauffement climatique. Le plan prévoit également la création de nouvelles réserves naturelles pour les ours polaires, dont la population canadienne, l’une des plus importantes au monde, reste vulnérable face à la fonte des glaces arctiques. Un fonds de 1,2 milliard de dollars sera spécifiquement dédié à la restauration des habitats naturels et à la lutte contre les espèces invasives.
Pourtant, certains écologistes estiment que ces annonces restent en deçà des besoins. « Doubler la surface protégée en quatre ans est un défi de taille, mais les moyens alloués ne suffiront pas à couvrir l’ensemble des enjeux », a réagi Sabine Jessen, directrice de la campagne pour les océans au sein de l’ONG Canadiens pour la responsabilité environnementale. « Il faudra des investissements bien plus importants pour protéger les corridors écologiques et les zones côtières, qui sont aujourd’hui gravement menacées. »
Un calendrier serré pour un objectif ambitieux
Le Canada dispose désormais de quatre années pour passer de 14 % à 30 % de territoires protégés. Pour y parvenir, le gouvernement compte s’appuyer sur une combinaison de mesures légales, financières et partenariales avec les communautés autochtones, qui gèrent déjà une part importante des terres protégées. Un rapport sera publié chaque année pour évaluer les progrès réalisés, avec une échéance clé prévue lors de la COP16, prévue en 2028 en Turquie.
Les provinces et territoires canadiens, qui disposent d’une large autonomie en matière de gestion des terres, devront également s’aligner sur cette stratégie. « La collaboration entre les différents niveaux de gouvernement sera déterminante », a souligné Mark Carney, rappelant que certains gouvernements régionaux avaient déjà mis en place des mesures strictes, comme la Colombie-Britannique, où près de 20 % du territoire est déjà protégé.
Reste à savoir si le Canada parviendra à tenir ses promesses d’ici 2030, alors que d’autres pays peinent déjà à atteindre leurs propres objectifs. Une chose est sûre : la pression sera forte sur Ottawa dans les mois à venir, alors que la communauté internationale observe de près les avancées du pays, qui abrite près de 20 % des forêts mondiales et une biodiversité parmi les plus riches au monde.
Le plan cible en priorité les écosystèmes aquatiques, notamment les habitats des saumons, ainsi que les zones arctiques pour la protection des ours polaires. Il inclut également la création de nouveaux parcs nationaux et la restauration des habitats naturels, avec un accent particulier sur les forêts et les zones côtières.
