Le Premier ministre canadien Mark Carney a tiré la sonnette d’alarme sur la montée de l’antisémitisme dans son pays, qualifiant la situation d’alarmant et sans précédent depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. « Dans tout le pays, l’antisémitisme a atteint des niveaux jamais vus depuis la fin de la guerre. L’année dernière, plus des deux tiers de tous les crimes haineux à motivation religieuse visaient des Canadiens juifs, qui ne représentent qu’un pour cent de la population », a-t-il déclaré lundi 1er juin 2026 lors d’un discours prononcé à la synagogue Holy Blossom Temple de Toronto, selon Courrier International.

Ce qu'il faut retenir

  • Un pic historique : l’antisémitisme au Canada a atteint des niveaux inédits depuis 1945, selon les propos de Mark Carney.
  • Des chiffres accablants : plus des deux tiers des crimes haineux à caractère religieux en 2025 ciblaient des Juifs, alors qu’ils ne constituent que 1 % de la population.
  • Une explosion des incidents : B’nai Brith Canada recense plus de 6 800 incidents antisémites en 2025, dont 11 violents, un chiffre en hausse constante depuis 2018.
  • Des attaques ciblées : tirs sur des écoles juives, cocktails Molotov contre des synagogues, agressions contre des centres communautaires et commerces juifs ont été signalés.
  • Une réponse gouvernementale : Ottawa annonce la création d’un Conseil consultatif sur les droits, l’égalité et l’inclusion, dirigé par Marc Miller et Marc Gold.

La visite de Mark Carney à Toronto s’inscrit dans un contexte marqué par une recrudescence des actes antisémites au Canada. Comme le rapporte Radio-Canada, cette intervention intervient moins d’un mois après qu’un incident impliquant des tirs provenant d’une arme factice ait visé trois membres de la communauté juive locale. Les autorités canadiennes soulignent que ces événements s’inscrivent dans une tendance plus large de hausse des crimes haineux dans le pays, avec une augmentation de 169 % entre 2018 et 2024, selon les statistiques officielles.

L’organisation juive B’nai Brith Canada a publié un communiqué le 8 mai 2026, révélant que plus de 6 800 incidents antisémites avaient été recensés en 2025, dont 11 incidents violents. « L’année 2026 s’annonce déjà comme la plus violente qu’ait récemment connue la communauté juive », précise l’association dans son rapport. Mark Carney a énuméré plusieurs types d’attaques : « des tirs sur des écoles juives, des cocktails Molotov lancés contre des synagogues, ainsi que des attaques contre des centres communautaires et des entreprises appartenant à des Juifs ».

Pour répondre à cette crise, le gouvernement canadien a annoncé la création d’un nouveau Conseil consultatif sur les droits, l’égalité et l’inclusion. Ce conseil sera présidé par le ministre de l’Identité canadienne, Marc Miller, et le sénateur juif Marc Gold. Selon la CBC, cette instance aura pour mission d’évaluer les causes de l’antisémitisme au Canada et de proposer des mesures pour combattre le racisme et la haine « sous toutes ses formes ». Cette initiative remplace les postes d’envoyés fédéraux chargés de lutter contre l’islamophobie et l’antisémitisme, supprimés en février 2026.

« Le Canada promet d’avoir un pays où les Canadiens juifs peuvent être visiblement, pleinement et joyeusement juifs dans la vie publique. »
— Mark Carney, Premier ministre du Canada

La situation actuelle contraste avec les classements internationaux. L’ONG Anti-Defamation League (ADL) continue de classer le Canada parmi les pays les moins sujets à l’antisémitisme. Cependant, le Toronto Star tempère ce constat en soulignant que la situation s’est fortement détériorée depuis les attaques du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023. Le National Post, quant à lui, adopte un ton plus critique à l’égard de Mark Carney, affirmant que « l’antisémitisme n’est pas un problème de relations publiques » et lui demandant de « cesser de récompenser le radicalisme » et de « cesser de demander aux Juifs d’être patients ».

Les observateurs s’interrogent sur les origines de cette montée de l’antisémitisme. Plusieurs facteurs pourraient expliquer cette tendance : l’influence des réseaux sociaux, la polarisation politique croissante, ou encore l’impact des conflits internationaux sur les tensions locales. Les autorités canadiennes, pour leur part, insistent sur la nécessité d’une réponse coordonnée et urgente pour endiguer ce phénomène.

Et maintenant ?

Le gouvernement canadien a fixé comme priorité la mise en place rapide du Conseil consultatif, dont les premières recommandations pourraient être attendues d’ici la fin de l’été 2026. Les prochaines semaines seront déterminantes pour évaluer l’efficacité des mesures annoncées et leur capacité à inverser la tendance actuelle. Reste à voir si ces initiatives suffiront à restaurer un climat de sécurité pour la communauté juive, ou si de nouveaux incidents viendront aggraver la situation.

Cette crise soulève également des questions sur le rôle des institutions publiques dans la lutte contre la haine. Comment concilier liberté d’expression et protection des minorités ? Quelles ressources seront allouées à ce Conseil consultatif pour qu’il puisse agir efficacement ? Les réponses à ces interrogations pourraient façonner l’avenir de la cohésion sociale au Canada pour les années à venir.

La communauté juive canadienne, forte de ses traditions et de son ancrage dans le pays, reste déterminée à faire face à cette situation. Comme l’a souligné Mark Carney, « le Canada doit être un pays où chacun peut vivre librement sa foi sans crainte ». La mise en œuvre concrète de cette promesse sera suivie de près par l’ensemble des acteurs politiques et sociaux.

Le Conseil consultatif sur les droits, l’égalité et l’inclusion, dirigé par Marc Miller et Marc Gold, devrait présenter ses premières recommandations d’ici la fin de l’été 2026. Ses travaux incluront une évaluation des causes de l’antisémitisme au Canada et des propositions pour renforcer la protection des minorités.

Plusieurs facteurs sont évoqués : l’impact des conflits internationaux sur les tensions locales, la polarisation politique accrue, et l’influence des réseaux sociaux qui amplifient les discours de haine. Le Toronto Star et le National Post soulignent que la détérioration de la situation coïncide avec les attaques du Hamas contre Israël en octobre 2023.