Alors que toute la Bretagne est placée en vigilance orange canicule depuis mardi 25 mai 2026, les établissements accueillant des personnes âgées multiplient les mesures de prévention. Avec des températures dépassant les 35°C cet après-midi dans la région, selon les prévisions de Météo-France, les infirmières à domicile et les équipes soignantes en Ehpad jouent un rôle clé pour veiller sur les publics les plus fragiles. C’est ce que rapporte Franceinfo – Santé, qui a recueilli les témoignages de professionnels et de résidents en Ille-et-Vilaine et dans les Côtes-d’Armor.
Ce qu'il faut retenir
- La Bretagne est en vigilance orange canicule depuis le mardi 25 mai 2026, avec des pics à plus de 35°C prévus ce 27 mai.
- Une résidence autonome pour seniors à Dinard a adapté ses locaux pour protéger ses 87 résidents.
- Les infirmières à domicile et en Ehpad surveillent particulièrement l’hydratation et l’adaptation des traitements des patients.
- Les équipes rappellent aux résidents de fermer les volets la journée et d’ouvrir les fenêtres la nuit pour créer des courants d’air.
- Certains patients, notamment dans les Côtes-d’Armor, vivent avec les volets fermés jour et nuit, nécessitant une attention accrue de la part des soignants.
Des mesures d’urgence dans les résidences pour seniors
À Dinard, en Ille-et-Vilaine, la résidence autonome pour seniors Dupuy, gérée par le CCAS de la ville, a mis en place un dispositif renforcé pour lutter contre la chaleur. Avec 87 résidents sous surveillance, l’établissement mise sur tous les moyens disponibles pour maintenir une température supportable. Climatiseurs, fontaines à eau et stores baissés : « Je bois plus, oui. Les chambres, il faut un petit peu baisser les stores, bien aérer. Et la nuit, moi, je laisse ouvert ma porte de chambre, comme ça, j’ai un petit peu d’air à rentrer. Et ce midi, on va prendre soin de nous, on va avoir de la glace », explique une résidente, citée par Franceinfo – Santé.
Esmeralda André, directrice de l’établissement, insiste sur la nécessité d’anticiper les risques : « N’hésitez pas à venir ici avec la climatisation. On rappelle à nos résidents de bien s’hydrater et de venir au maximum dans cette pièce s’il fait trop chaud dans leur logement. On veille aussi à ce qu’ils ferment bien leurs volets, à ce qu’ils boivent un verre d’eau par heure. Cette vigilance, notamment, on peut la mettre en place pendant les moments des repas », précise-t-elle.
Un suivi médical adapté aux températures extrêmes
À l’étage de la résidence, dans les chambres des résidents les plus fragiles, les infirmières et aides-soignantes se relaient pour adapter les soins. Valérie Laouissat, infirmière de suivi pour l’ADS Côte d’Émeraude, souligne les défis posés par la canicule : « Certains peuvent vouloir conserver des pulls, donc on essaie de négocier. S’il y a une perte de vigilance, on va s’inquiéter de savoir si l’hydratation est bien suffisante, par exemple », indique-t-elle. La gestion des médicaments devient également un point de vigilance : « Avec ces températures, difficile parfois de s’y retrouver », reconnaît-elle.
Dans un Ehpad des Côtes-d’Armor, une infirmière insiste auprès d’un patient réticent à ouvrir sa fenêtre : « Cette nuit, vous pourrez ouvrir un peu la fenêtre, comme ça l’air frais va rentrer, ça ne fera pas de mal ». Ces ajustements quotidiens, souvent anodins en temps normal, deviennent cruciaux lorsque les températures dépassent les seuils de dangerosité pour les personnes âgées.
Une vigilance partagée entre professionnels et familles
Les équipes soignantes ne sont pas les seules à agir. Les familles des résidents sont également appelées à jouer un rôle dans la prévention. À Dinard, les consignes sont claires : hydratation régulière, fermeture des volets en journée, et aération nocturne. « On rappelle à nos résidents de bien s’hydrater et de venir au maximum dans cette pièce s’il fait trop chaud dans leur logement », explique Esmeralda André. Ces recommandations, simples en apparence, peuvent faire la différence dans un contexte de canicule prolongée.
Pour les personnes vivant à domicile, les infirmières de secteur jouent un rôle central. Leurs tournées quotidiennes permettent de vérifier l’état de santé des patients, mais aussi de leur rappeler les gestes essentiels. « On essaie de négocier avec eux pour qu’ils adoptent les bons réflexes. Une perte de vigilance peut vite devenir critique », confie Valérie Laouissat.
Pour l’instant, les équipes sur le terrain adaptent leurs pratiques en temps réel. « On ajuste en fonction des retours des résidents et des conditions météo. L’objectif, c’est de limiter au maximum les risques liés à la chaleur », résume Esmeralda André. Une mission qui s’annonce d’autant plus complexe que la Bretagne, région habituellement tempérée, n’est pas toujours équipée pour faire face à des épisodes caniculaires aussi intenses.
Les signes à surveiller incluent une confusion, une déshydratation (muqueuses sèches, urines foncées), une fatigue intense, des maux de tête, des crampes ou une température corporelle anormalement élevée. En cas de doute, il est recommandé de contacter un professionnel de santé ou le 15 (SAMU) en urgence.