Ce jeudi 6 août 2026, 27 villes italiennes, dont Palerme, Rome, Florence et Turin, sont placées en alerte rouge canicule, selon RFI. Depuis la fin mai, de nombreuses régions subissent des températures extrêmes, un phénomène qui s’intensifie d’année en année en Europe. Pourtant, les travailleurs des secteurs les plus exposés – agriculture, BTP, livraison et coursiers – restent mal protégés face à ces conditions, en raison de l’absence de législation nationale adaptée.

Ce qu'il faut retenir

  • 27 villes italiennes en alerte rouge canicule ce 6 août 2026, dont Palerme, Rome, Florence et Turin
  • Depuis fin mai, une canicule persistante touche plusieurs régions du pays
  • Les travailleurs des secteurs agricoles, du BTP et de la livraison sont les plus exposés aux risques sanitaires
  • Aucune législation nationale ne protège spécifiquement ces travailleurs contre les effets de la chaleur extrême
  • Les entreprises locales et régionales appliquent des mesures disparates, souvent insuffisantes

Une vague de chaleur durable et ses conséquences

La canicule qui frappe l’Italie depuis plus de deux mois s’inscrit dans un contexte de réchauffement climatique marqué. Les températures enregistrées dépassent régulièrement les 40 °C, un seuil critique pour la santé humaine. Les régions du sud, comme la Sicile et la Calabre, sont particulièrement touchées, mais le nord du pays n’est pas épargné. Les autorités sanitaires alertent depuis des semaines sur les risques accrus pour les populations vulnérables, notamment les personnes âgées et les travailleurs en extérieur.

Pourtant, les secteurs économiques essentiels – comme l’agriculture, où les vendanges battent leur plein, ou le BTP, avec de nombreux chantiers en cours – continuent de fonctionner sous une chaleur étouffante. Les horaires de travail restent souvent inchangés, malgré des températures incompatibles avec un effort physique soutenu.

Des mesures de protection inégales et souvent insuffisantes

En l’absence de cadre légal national, les entreprises et les collectivités locales tentent de s’adapter comme elles le peuvent. Certaines municipalités ont instauré des pauses obligatoires en milieu de journée ou fourni des points d’eau et des zones ombragées. Cependant, ces initiatives restent ponctuelles et varient considérablement d’une région à l’autre. Dans le secteur agricole, par exemple, les travailleurs migrants, souvent précaires, n’ont parfois d’autre choix que de poursuivre leur activité sous peine de perdre leur emploi.

Les syndicats dénoncent depuis des années cette carence législative. « Les travailleurs exposés à la canicule devraient bénéficier de protections strictes, comme des pauses obligatoires, des équipements adaptés et des horaires aménagés », a déclaré Matteo Renzi, secrétaire général de la Confédération italienne des syndicats de travailleurs, d’après RFI. Il rappelle que d’autres pays européens, comme la France ou l’Espagne, ont mis en place des règles spécifiques pour limiter les risques sanitaires liés à la chaleur.

Les secteurs les plus touchés par l’absence de cadre légal

Parmi les métiers les plus exposés figurent les ouvriers agricoles, qui passent jusqu’à 10 heures par jour sous le soleil, souvent sans protection adéquate. Les livreurs à domicile et les coursiers, dont le nombre a explosé avec la croissance du commerce en ligne, sont également en première ligne. Leurs employeurs, majoritairement des plateformes numériques, appliquent rarement des mesures de sécurité renforcées, malgré les recommandations des experts en santé au travail.

Le BTP représente un autre secteur à haut risque. Les chantiers en extérieur, notamment dans les grandes villes, voient leurs ouvriers travailler sous des températures dépassant les 35 °C, avec des équipements parfois inadaptés. Les accidents du travail liés à la déshydratation ou aux coups de chaleur restent sous-estimés, faute de statistiques centralisées.

Et maintenant ?

Une proposition de loi visant à encadrer les conditions de travail en période de canicule est en discussion au Parlement italien. Elle prévoit notamment l’obligation pour les employeurs d’aménager les horaires, de fournir des équipements de protection et de former les salariés aux risques liés à la chaleur. Son adoption n’est cependant pas garantie avant la fin de l’été. Par ailleurs, les régions les plus touchées pourraient renforcer leurs propres dispositifs locaux, comme l’a évoqué la région Lombardie, qui étudie la mise en place de sanctions pour les entreprises ne respectant pas les mesures de prévention.

Dans l’attente d’une législation nationale, les associations de défense des droits des travailleurs appellent à une mobilisation accrue. Elles réclament notamment l’application immédiate des recommandations de l’Organisation mondiale de la santé, qui préconise de limiter le travail physique en extérieur lorsque les températures dépassent 35 °C.

Les principaux risques incluent les coups de chaleur, la déshydratation sévère, les troubles rénaux, et dans les cas extrêmes, le décès. Les travailleurs en extérieur sont particulièrement vulnérables en raison de l’effort physique prolongé et du manque de pauses adaptées.