Selon France 24, la vague de chaleur exceptionnelle qui frappe la Tunisie depuis plus de deux semaines a déjà causé entre 150 et 200 décès, principalement liés aux températures extrêmes. Parallèlement, les coupures de courant répétées ont plongé le pays dans une crise énergétique, révélant la dépendance croissante du pays aux importations d’électricité et ses faiblesses structurelles en matière de production locale.
Ce qu'il faut retenir
- Entre 150 et 200 morts sont à déplorer en Tunisie depuis le début de la canicule, selon l’Ordre des jeunes médecins.
- Les coupures de courant répétées ont paralysé l’économie locale, affectant commerçants, producteurs et ouvriers.
- La crise met en évidence la dépendance énergétique du pays, fortement tributaire des importations.
- Les températures extrêmes aggravent une situation déjà tendue, avec des conséquences économiques et sanitaires majeures.
Une crise sanitaire aggravée par la chaleur et les coupures
Les autorités tunisiennes peinent à contenir l’impact de la canicule, dont les températures ont dépassé les 45°C dans plusieurs régions. Selon l’Ordre des jeunes médecins, cité par France 24, les décès liés à la chaleur s’élèvent désormais entre 150 et 200, un bilan provisoire qui pourrait encore s’alourdir dans les prochains jours. Les hôpitaux, déjà sous tension, doivent gérer des afflux de patients souffrant de coups de chaleur ou d’insolations.
Côté infrastructure, les coupures de courant se sont multipliées depuis le début du mois d’août, perturbant non seulement les ménages, mais aussi les activités économiques. Les secteurs les plus touchés incluent l’artisanat, l’agriculture et les petites entreprises, qui subissent des pertes financières importantes en raison des interruptions répétées.
Une dépendance énergétique devenue criante
Cette crise a révélé, de manière brutale, l’extrême vulnérabilité de la Tunisie en matière d’approvisionnement électrique. Le pays, qui importe une partie significative de son électricité, dépend largement des voisins maghrébins et européens pour répondre à sa demande, surtout en période de forte chaleur. Les centrales locales, souvent obsolètes ou insuffisantes, peinent à suivre la consommation accrue liée à l’utilisation massive de climatiseurs.
« La situation actuelle montre à quel point notre système énergétique est fragile », a déclaré un responsable du ministère de l’Énergie sous couvert d’anonymat. « Nous devons accélérer les investissements dans les énergies renouvelables et améliorer la maintenance de nos infrastructures pour éviter de telles crises à l’avenir. » Les autorités ont annoncé des mesures d’urgence, mais leur mise en œuvre prendra du temps.
Un coût économique difficile à évaluer
Les conséquences économiques de cette double crise (canicule et coupures) commencent à se faire sentir. Les commerçants des souks et les petits producteurs agricoles, déjà fragilisés par l’inflation et la baisse de la consommation, voient leurs revenus s’effondrer. « Nous perdons des milliers de dinars par jour à cause des coupures », témoigne un commerçant de Tunis. « Les clients ne viennent plus, et les produits périssables sont perdus. »
Côté industrie, les entreprises tournent au ralenti, voire suspendent leur activité pendant les heures de coupure. Les syndicats avertissent que cette situation pourrait aggraver le chômage, déjà élevé dans le pays. Selon la Confédération générale tunisienne du travail (CGTT), plus de 50 000 emplois seraient menacés à court terme si la crise persiste.
Alors que les températures restent élevées et que les coupures se poursuivent, la priorité absolue reste la protection des populations les plus vulnérables, notamment les personnes âgées et les travailleurs en extérieur.
Les coupures sont principalement dues à la hausse de la consommation électrique, liée à l’utilisation massive de climatiseurs pendant la canicule. La Tunisie, qui importe une partie de son électricité, peine à répondre à la demande avec ses centrales locales, souvent vétustes ou insuffisantes. Cette dépendance aux importations aggrave la situation en cas de pic de consommation.