Selon Le Figaro, la canicule qui frappe la France depuis plusieurs jours devrait prendre fin dimanche, marquant ainsi la fin d’un épisode de chaleur exceptionnellement précoce et intense. Jusqu’à 37,8°C ont été enregistrés jeudi à Angoulême-La Couronne, battant le record national pour un mois de mai, tandis que 17 départements étaient encore placés en alerte orange vendredi. Les températures devraient commencer à baisser dès ce week-end, mais les entreprises de l’eau appellent à la prudence face à la pratique illégale de l’ouverture sauvage des bouches à incendie.

Ce qu’il faut retenir

  • Un record national de chaleur pour un mois de mai a été battu jeudi avec 37,8°C à Angoulême-La Couronne, selon les données provisoires de Météo-France.
  • 17 départements, dont Paris et sa petite couronne, étaient encore en alerte orange canicule vendredi, une situation qualifiée d’« exceptionnelle et historique » par Météo-France.
  • La vague de chaleur devrait s’achever dimanche sur l’ensemble du territoire, après avoir touché une grande partie de l’Europe de l’Ouest.
  • Les entreprises de l’eau dénoncent le « street-pooling », une pratique dangereuse consistant à ouvrir illégalement les bouches à incendie pour se rafraîchir.
  • Un plan d’endurance pour l’été est en cours de discussion à Matignon pour anticiper les risques liés aux vagues de chaleur et aux feux de forêt.
  • En Italie, cinq villes, dont Rome, ont été placées en alerte rouge, tandis que le Portugal a battu un record de chaleur pour un mois de mai avec 40,3°C à Mora.

Des records de chaleur battus en série

Jeudi, la France a enregistré des températures inédites pour un mois de mai. Outre le record national à Angoulême-La Couronne, 37,6°C ont été relevés à Narbonne, 37,4°C à Perpignan, et 36,1°C à Niort. À Paris, le mercure a atteint 33°C, une série de 8 jours consécutifs à plus de 30°C étant « inédite en mai » pour la capitale, selon Météo-France. L’indicateur thermique national, qui mesure la température moyenne sur l’Hexagone, a atteint 24,7°C en fin de journée, un niveau proche du record absolu de 24,9°C enregistré mardi.

Ce phénomène s’inscrit dans une vague de chaleur plus large touchant l’Europe. Le Royaume-Uni a également battu un record national avec 35,1°C à Londres, tandis que le Portugal a enregistré 40,3°C à Mora, un niveau jamais atteint en mai dans le pays. Selon Adrien Thomas, météorologue pour La Chaîne Météo, ces épisodes pourraient devenir « plus fréquents et plus précoces » en raison du changement climatique.

Des mesures d’urgence déployées face à la canicule

Face à l’intensité de l’épisode, plusieurs mesures ont été mises en place pour limiter les risques sanitaires et environnementaux. En Île-de-France, la circulation différenciée a été déclenchée jeudi midi et devrait se poursuivre jusqu’à samedi soir, autorisant uniquement les véhicules munis d’une vignette Crit’Air 0, 1 ou 2 à circuler. Les limitations de vitesse ont également été réduites de 20 km/h sur les autoroutes et routes nationales, et un forfait antipollution à 5,10 euros par jour a été instauré pour les transports en commun. Par ailleurs, le covoiturage a été rendu gratuit pour les abonnés Navigo.

Dans les écoles, la fermeture des établissements pour cause de canicule reste une mesure exceptionnelle. Le ministère de l’Éducation nationale a rappelé que cette décision ne peut intervenir qu’en dernier recours, après un dialogue entre le préfet, les autorités académiques et le maire. Une cartographie des établissements les plus exposés doit être établie pour prioriser les travaux de rénovation. Dans les Landes, une école a dû fermer ses portes jeudi et vendredi après-midi en raison de températures dépassant 50°C sous sa verrière, entraînant des malaises chez certains élèves.

Le « street-pooling », une pratique dangereuse et illégale

L’ouverture sauvage des bouches à incendie pour se rafraîchir, appelée « street-pooling », s’est multipliée ces derniers jours dans plusieurs villes, notamment en petite couronne parisienne où 17 cas ont été recensés. Les entreprises de l’eau, représentées par Jean-Pierre Hangouet de la Fédération professionnelle des entreprises de l’eau (FP2E), ont mis en garde contre cette pratique : « Les gens qui font ça ne se rendent pas compte qu’ils mettent en danger le bien public et leur propre sécurité », a-t-il déclaré à l’AFP. Selon lui, cette pratique, bien que difficile à quantifier, « récidive à chaque canicule ». Elle prive les réseaux d’eau potable de ressources et expose les riverains à des risques de noyade ou d’inondation.

Cette situation a conduit le gouvernement à rappeler l’illégalité de telles pratiques. Sébastien Lecornu, ministre des Transports, a souligné lors d’une réunion interministérielle à Matignon que « l’État n’est pas responsable de tout sur tous les sujets », rappelant que les collectivités locales ont également un rôle à jouer dans la gestion des crises climatiques.

L’Italie et l’Europe confrontées à une chaleur extrême

L’Europe de l’Ouest n’est pas la seule touchée par cette vague de chaleur. En Italie, cinq villes, dont Rome, Florence, Bologne et Turin, ont été placées en alerte rouge, un niveau maximal indiquant une « situation d’urgence » susceptible d’affecter la santé de l’ensemble de la population. Les températures devaient atteindre 33°C à Rome et 31°C à Turin, des niveaux inhabituels pour la fin mai. Le ministère de la Santé italien a précisé que ce niveau d’alerte est activé lorsque les températures élevées persistent pendant trois jours consécutifs ou plus.

Cette vague de chaleur s’inscrit dans un contexte plus large de réchauffement climatique. Simon Stiell, responsable de l’ONU Climat, a qualifié cet épisode de « rappel brutal » des conséquences de la crise climatique, soulignant que « le principal responsable en est la dépendance du monde à la combustion du charbon, du pétrole et du gaz ». Les experts s’attendent à ce que ces phénomènes deviennent plus fréquents et plus intenses dans les années à venir.

Et maintenant ?

Les prévisions de Météo-France indiquent que les températures devraient commencer à baisser dès samedi après-midi dans l’ouest et le nord du pays, tandis que le sud-est restera encore exposé à des pointes proches de 38-39°C jusqu’à dimanche. Une réunion interministérielle prévue ce week-end doit finaliser un « plan d’endurance » pour l’été, incluant des mesures pour adapter les infrastructures, gérer les ressources en eau et prévenir les risques d’incendie. Par ailleurs, la Commission européenne devrait publier un rapport sur les impacts économiques des vagues de chaleur, après une étude d’Allianz Trade estimant que ces épisodes pourraient coûter jusqu’à 240 milliards de dollars à la France d’ici 2030.

Cet épisode de canicule précoce rappelle l’urgence d’adapter les villes et les infrastructures aux nouvelles réalités climatiques. Les spécialistes s’accordent à dire que les records de chaleur pourraient devenir la norme plutôt que l’exception dans les décennies à venir. Pour l’instant, les autorités appellent à la prudence et à la solidarité, notamment envers les personnes âgées et les plus vulnérables, alors que la France tente de tirer les leçons de cette vague de chaleur historique.

Cette canicule est exceptionnelle par sa précocité et son intensité. Des records mensuels de chaleur ont été battus dans plusieurs villes, comme 37,8°C à Angoulême-La Couronne, un niveau jamais atteint en mai en France. De plus, une série de 8 jours consécutifs à plus de 30°C a été enregistrée à Paris, une situation inédite pour cette période de l’année.

Selon une étude d’Allianz Trade, les vagues de chaleur pourraient coûter jusqu’à 240 milliards de dollars à la France d’ici 2030, en raison d’une baisse de productivité, de dépenses accrues pour les États et d’une détérioration des finances publiques. En Europe, les pertes pourraient atteindre 788 milliards de dollars sur la même période.