Treize départements français sont placés en vigilance orange canicule ce mercredi 27 mai 2026, selon Capital. Face à cette vague de chaleur précoce, le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a confirmé qu’aucune fermeture généralisée des écoles n’est envisagée pour l’instant. Seules des décisions locales, prises par les préfets ou les maires, pourraient entraîner la fermeture ponctuelle d’un établissement si les conditions deviennent trop difficiles.

Ce qu'il faut retenir

  • Treize départements en vigilance orange canicule ce 27 mai 2026, selon Capital.
  • Aucune fermeture généralisée des écoles n’est prévue pour l’instant, mais des fermetures locales restent possibles en cas de canicule sévère.
  • Les parents ne peuvent pas retirer leurs enfants de l’école en cas de forte chaleur, sauf si la vigilance passe au rouge ou si une décision officielle de fermeture est prise.
  • Les épreuves du baccalauréat professionnel et général ne devraient pas être reportées, sauf décision exceptionnelle.
  • 20 à 30 % des établissements scolaires ne sont pas adaptés aux fortes chaleurs, selon les syndicats.
  • Un plan de 2 milliards d’euros a été lancé il y a trois ans pour rénover les écoles et améliorer leur isolation thermique.

Des fermetures ponctuelles possibles, mais pas de décision nationale

Interrogé par franceinfo, Édouard Geffray a précisé que « pour l’instant, ce n’est pas prévu » de fermer massivement les écoles en raison de la canicule. « L’école a malheureusement l’habitude d’accueillir des enfants par fortes chaleurs », a-t-il rappelé, soulignant que les collectivités locales, les préfets et l’Éducation nationale peuvent décider de fermer une école « si la situation devient trop chaude ». Les épreuves du baccalauréat professionnel, prévues cette semaine, et celles du bac général en juin ne devraient pas être reportées, sauf si la chaleur devenait exceptionnelle. « Cela a déjà pu arriver dans le passé, pour l’instant ce n’est pas prévu », a-t-il ajouté.

Pourtant, la situation reste sous haute surveillance. Les températures élevées enregistrées depuis plusieurs jours ont déjà causé sept décès en France, selon les dernières données disponibles. Face à ces risques, le gouvernement mise sur des mesures locales plutôt qu’une fermeture systématique, laissant aux autorités territoriales le soin d’apprécier la situation dans chaque établissement.

Retirer ses enfants de l’école reste interdit sans motif légal

Face à l’inquiétude des parents, la question du retrait préventif des enfants se pose. Dans l’état actuel des règles, cela reste strictement interdit. Les fortes chaleurs ne figurent pas parmi les motifs légitimes d’absence prévus par le Code de l’éducation. Les familles risquent une amende pouvant aller jusqu’à 750 euros en cas d’absences répétées et non justifiées pour les enfants âgés de 3 à 16 ans soumis à l’obligation scolaire.

Les seuls cas où un retrait est possible sont deux : soit la vigilance canicule passe au niveau rouge, soit le préfet ou le maire prend une décision officielle de fermeture. Aucune autre justification, même motivée par des craintes pour la santé de l’enfant, n’est reconnue par la loi. Cette rigidité s’inscrit dans le cadre du respect de l’obligation scolaire, un principe encadré par la réglementation française.

Un parc scolaire partiellement adapté aux canicules

Si les écoles sont habituées à gérer les vagues de chaleur, leur capacité à le faire dépend largement de leur infrastructure. Selon les syndicats enseignants, 20 à 30 % des établissements scolaires en France ne seraient « absolument pas adaptés » aux fortes chaleurs. Les salles de classe mal isolées, l’absence de climatisation ou de ventilation efficace rendent certaines écoles particulièrement vulnérables lors des épisodes caniculaires précoces ou intenses.

Face à ce constat, Édouard Geffray a rappelé qu’un plan de rénovation ambitieux a été lancé il y a trois ans. Doté de 2 milliards d’euros, ce dispositif vise à moderniser les infrastructures scolaires, notamment pour permettre des économies d’énergie et améliorer le confort thermique. À ce jour, 6 200 établissements sur les 60 000 que compte le pays sont en cours de rénovation. Ces travaux, qui s’étaleront sur plusieurs années, devraient progressivement réduire les risques liés aux températures extrêmes.

Les enseignants peuvent-ils refuser de travailler en cas de canicule ?

Contrairement aux élèves, les enseignants disposent d’un droit de retrait en cas de danger pour leur santé. S’ils estiment que les conditions de travail deviennent dangereuses en raison de la chaleur, ils peuvent cesser leur activité, à condition d’en informer leur hiérarchie au préalable. Cependant, aucune température n’entraîne un arrêt automatique du travail : la décision revient à chaque enseignant, en fonction de son évaluation des risques.

Cette marge de manœuvre reflète la prise en compte des réalités terrain. Pourtant, elle peut aussi générer des disparités entre établissements, certains pouvant se retrouver sans personnel enseignant en cas de canicule prolongée. Les syndicats plaident pour une harmonisation des pratiques et une meilleure anticipation des épisodes de forte chaleur dans la gestion des ressources humaines.

Et maintenant ?

La situation pourrait évoluer dans les prochains jours, selon l’évolution des températures et les décisions locales. Si la vigilance orange est maintenue ou si des records de chaleur sont battus, des fermetures ponctuelles pourraient se multiplier. Les épreuves du baccalauréat, qui se déroulent dans un contexte déjà tendu, feront l’objet d’une attention particulière : leur maintien ou leur report dépendra des conditions climatiques et des annonces officielles. Par ailleurs, les prochaines semaines devraient voir se poursuivre les travaux de rénovation dans les écoles les plus exposées, une priorité pour limiter l’impact des canicules futures sur la scolarité des élèves.

Alors que la France s’adapte progressivement au changement climatique, la gestion des canicules dans les écoles illustre les défis posés par les phénomènes météorologiques extrêmes. Entre respect des règles et adaptation aux réalités locales, le ministère de l’Éducation nationale doit trouver un équilibre pour garantir à la fois la sécurité des élèves et la continuité du service public.

En cas de malaise ou de problème de santé lié à la chaleur, il est impératif d’alerter immédiatement l’équipe éducative ou le service de santé scolaire si l’établissement en dispose. Les enseignants sont formés pour réagir en cas de coup de chaleur ou de déshydratation. Les parents doivent ensuite être contactés pour organiser le retour à domicile de l’enfant ou son transport vers un centre médical si nécessaire. Il est recommandé de signaler tout antécédent médical de l’enfant à l’école en début d’année pour faciliter une prise en charge adaptée.