Alors que la France traverse un épisode de chaleur exceptionnel pour un mois de mai, avec des températures record, les questions sur les boissons à privilégier ou éviter en période de canicule s’imposent. Selon Numerama, un dôme de chaleur persistant s’est installé sur le pays, poussant les températures à des niveaux historiquement élevés pour la saison. Cette situation, qui préfigure déjà les conditions estivales, impose une vigilance accrue, notamment en matière d’hydratation.
Dans ce contexte, les conseils d’experts prennent une importance particulière. Faïza Bossy, médecin généraliste interrogée par Numerama, rappelle que le corps humain doit transpirer pour réguler sa température interne. « Quand il fait chaud, le corps se régule. Le seul moyen pour lui de se protéger, c’est de transpirer », explique-t-elle. Ce phénomène, qui refroidit la peau et participe à la régulation du débit sanguin, s’accompagne d’une augmentation des pertes d’eau et de sels minéraux. Il est donc essentiel de boire davantage que d’habitude, entre 1,5 et 2 litres par jour en période de forte chaleur.
Ce qu’il faut retenir
- La France connaît un pic de chaleur historique pour un mois de mai, avec un dôme thermique persistant signalé par des images satellites.
- Le corps humain régule sa température par la transpiration, ce qui augmente ses besoins en hydratation jusqu’à 1,5 à 2 litres par jour.
- L’eau reste la boisson idéale, éventuellement aromatisée au citron ou à la menthe, mais toujours à température ambiante pour éviter de perturber la régulation thermique.
- Certaines boissons comme les sodas, les jus de fruits industriels ou l’alcool sont à limiter, car ils favorisent la déshydratation.
- L’eau de coco et les soupes froides (à base de pastèque, melon ou fraise) sont des alternatives efficaces pour s’hydrater tout en apportant des minéraux.
L’eau, base incontournable de l’hydratation
Face à la chaleur, les spécialistes s’accordent sur un point : l’eau doit rester la boisson principale. Selon Numerama, elle peut être légèrement aromatisée pour varier les plaisirs. « L’eau citronnée active la salive et évite d’avoir la bouche sèche, ce qui est agréable quand il fait chaud », précise Faïza Bossy. Une eau mentholée peut également apporter une sensation de fraîcheur immédiate, sans pour autant être indispensable.
En revanche, la température de l’eau consomme une attention particulière. « Il faut la boire à température ambiante », insiste la médecin. « Sinon, vous risquez de faire contracter les vaisseaux sanguins de votre système digestif. Avec la chaleur, les vaisseaux se dilatent déjà, et le froid risque de les forcer à se contracter. » Le corps, déjà sollicité, n’a pas besoin de ce surcroît d’effort. Autant dire que l’idée d’une boisson glacée, bien que tentante, n’est pas la meilleure option.
Les alternatives à l’eau : atouts et limites
Plusieurs boissons peuvent compléter l’apport hydrique, mais avec des précautions. L’eau de coco, par exemple, est souvent présentée comme une alliée inattendue des canicules. « L’eau de coco est proche du plasma sanguin », explique Faïza Bossy. Ce liquide, naturellement isotonique, a la même pression osmotique que le sang et permet une réhydratation efficace sans apport sucré. Elle constitue ainsi une option intéressante pour varier les plaisirs.
Les soupes, qu’elles soient à base de légumes, de pastèque ou de fraise, sont également recommandées. « Elles contiennent de l’eau et des sels minéraux, et se rapprochent en cela de la composition de notre sueur », souligne la médecin. Une soupe froide à la fraise ou au melon peut donc être une manière rafraîchissante de s’hydrater tout en apportant des nutriments essentiels.
Les boissons à éviter absolument
Certaines boissons, en revanche, sont à proscrire ou à limiter fortement pendant les épisodes de forte chaleur. Les sodas et les jus de fruits industriels, par exemple, sont souvent cités comme des pièges. « Même s’ils donnent cette sensation de fraîcheur initiale, les sodas déshydratent », rappelle Faïza Bossy. Leur teneur élevée en sucre et en additifs favorise en effet l’élimination d’eau par les reins. Si le choix se limite entre un soda et un jus de fruits, la médecin conseille tout de même d’opter pour le second, moins déshydratant.
L’alcool, et plus particulièrement la bière, est également à éviter. « La bière est sucrée et alcoolisée. Elle est diurétique et déshydratante », rappelle l’experte. En terrasse, une bière fraîche peut sembler tentante, mais elle aggrave la déshydratation. Si une consommation est inévitable, il est conseillé de « boire autant d’eau et manger » pour limiter les effets négatifs. Bref, l’alcool reste un mauvais allié en période de canicule.
Thé, café et autres boissons chaudes : à consommer avec modération
Contrairement aux idées reçues, le thé et le café ne sont pas interdits pendant les fortes chaleurs. « Il ne faut pas en abuser, car ils ont un effet diurétique », précise Faïza Bossy. Ces boissons favorisent en effet la sécrétion d’urine, ce qui augmente les pertes d’eau. Pour limiter cet effet, la médecin recommande de les consommer tièdes plutôt que chauds. « Une option peut être de consommer son thé ou son café tiède », suggère-t-elle.
Quant à l’eau pétillante, elle n’est pas à proscrire systématiquement, mais il faut éviter les versions sucrées. Ces dernières, en plus de déshydrater, peuvent aggraver la sensation de soif. Les eaux pétillantes naturelles, sans sucre ajouté, peuvent en revanche être une alternative rafraîchissante pour celles et ceux qui n’aiment pas l’eau plate.
Comment et quand s’hydrater ?
Au-delà du choix des boissons, la régularité et la quantité sont essentielles. Selon Numerama, il est recommandé de boire un verre d’eau, soit environ 200 mL, chaque heure. Cette fréquence permet de maintenir un bon niveau d’hydratation sans forcer sur les quantités. En cas d’activité physique — déconseillée en période de forte chaleur —, il faut anticiper : boire 2 verres d’eau avant l’effort, puis s’hydrater modérément pendant et après l’activité.
Peut-on trop boire ? Oui, mais cela reste rare. « Le rein peut éliminer 1 litre », indique Faïza Bossy. « Au-delà de 2 litres, les reins éliminent de l’eau et des sels minéraux. » Il est donc inutile de chercher à boire plus que nécessaire. Le risque principal reste celui de la déshydratation, bien plus que celui d’un excès d’hydratation.
Reste à voir si ces températures record en mai annoncent un été particulièrement chaud. Pour l’instant, l’important est de s’adapter rapidement. Le corps met en moyenne une quinzaine de jours pour s’acclimater à la chaleur, mais avec un épisode aussi précoce, cette adaptation pourrait être perturbée. En attendant, les gestes simples — boire régulièrement, éviter les boissons déshydratantes et privilégier les aliments riches en eau — restent les meilleurs alliés.
Boire une boisson trop froide peut provoquer une contraction brutale des vaisseaux sanguins dans le système digestif. Or, en période de forte chaleur, ces vaisseaux sont déjà dilatés pour favoriser la dissipation de la chaleur. Ce choc thermique interne force le corps à travailler davantage pour réguler sa température, ce qui est contre-productif.