Avec les vagues de chaleur qui frappent la France cet été, la température de l’eau froide au robinet dépasse désormais régulièrement les 25°C dans plusieurs régions. Un seuil qui interroge les Français sur les risques sanitaires potentiels. Selon Le Figaro, cette situation, bien que source d’inconfort, ne relève pas forcément d’un problème de potabilité, mais mérite une attention particulière.

Ce qu'il faut retenir

  • En période de canicule, la température de l’eau « froide » au robinet peut dépasser 25°C, seuil de référence pour l’eau potable défini par les autorités sanitaires.
  • Une eau stagnante dans les canalisations, à une température comprise entre 25°C et 45°C, peut favoriser la prolifération de bactéries comme les légionelles.
  • Les autorités recommandent de laisser couler l’eau quelques minutes avant consommation si elle n’a pas été utilisée depuis plus de 24 heures.
  • L’eau chaude du robinet ne doit jamais être bue, cuisinée ou utilisée pour préparer des aliments en raison des risques de contamination.
  • En cas de chaleur prolongée, l’eau du robinet peut développer un léger goût de chlore, qui disparaît après réfrigération.

Une eau tiède qui interroge les Français

Alors que les températures extérieures flirtaient avec les 40°C ces dernières semaines, nombreux sont les habitants des grandes villes ou des régions du Sud à constater une eau tiède au robinet. Une situation qui, parfois, pousse même à vérifier l’étiquetage des robinets pour s’assurer que le circuit d’eau froide n’a pas été inversé avec celui de l’eau chaude. Selon Le Figaro, cette confusion, bien que compréhensible, ne reflète pas toujours la réalité des réseaux d’adduction d’eau potable.

En effet, la hausse des températures touche l’ensemble du système de distribution. Un tiers de l’eau potable consommée en France provient de fleuves et de rivières, dont la température a fortement augmenté cet été. Dans le Sud-Ouest, la Garonne a ainsi approché les 28°C, un phénomène qui impacte directement la qualité de l’eau avant même son traitement. « La température de l’eau captée peut influencer les traitements nécessaires pour garantir sa potabilité », explique un expert cité par le quotidien.

Des risques sanitaires limités, mais à surveiller

Si boire une eau à 25°C ne présente pas de danger en soi, les autorités sanitaires rappellent que des précautions s’imposent lorsque l’eau stagne dans les canalisations. « Les légionelles prolifèrent dans les eaux stagnantes dont la température est comprise entre 25°C et 45°C », précise un rapport de l’Agence régionale de santé (ARS). Ces bactéries peuvent provoquer des infections grippales, comme la fièvre de Pontiac, ou, dans les cas les plus graves, des pneumopathies sévères.

Pour limiter ces risques, Nathalie Davoisne, directrice du Centre d’information sur l’eau (Cieau), recommande de laisser couler l’eau quelques minutes avant de la consommer si elle n’a pas été utilisée depuis plus de 24 heures. « Au-delà de 24 heures sans ouvrir le robinet, il faut laisser couler l’eau jusqu’à ce qu’elle soit fraîche ou tiède », souligne-t-elle. Cette mesure vaut d’ailleurs en toutes circonstances, même hors période de canicule.

Un traitement de l’eau plus complexe et coûteux

La hausse des températures complique également le traitement de l’eau potable. « C’est plus difficile de traiter de l’eau à 25 degrés, car il y a un développement de micro-organismes », détaille Yann Oudard, directeur général adjoint du Syndicat mixte de l’eau et de l’assainissement de Haute-Garonne (SMEA 31). Ce dernier, interrogé par TF1 et cité par Le Figaro, explique que cette situation entraîne une augmentation des coûts : « On utilise plus de produits et plus d’électricité pour traiter la même eau qu’en période normale ».

Ces traitements supplémentaires peuvent, en outre, altérer le goût de l’eau, qui peut développer un léger goût de chlore. Un phénomène temporaire, selon Nathalie Davoisne, qui disparaît après une heure au réfrigérateur, à condition de conserver l’eau dans un récipient fermé. Les autorités sanitaires déconseillent cependant de la garder plus de 24 à 48 heures, au risque de voir des bactéries se développer, surtout si le contenant n’est pas parfaitement propre.

L’eau chaude du robinet, un danger avéré

Contrairement à l’eau tiède du robinet, l’eau chaude, stockée dans un chauffe-eau et susceptible de stagner longtemps, présente des risques sanitaires bien réels. « Elle peut favoriser la prolifération de micro-organismes et la dissolution de métaux présents dans les conduits », met en garde l’ARS. Il est donc impératif de ne jamais boire, cuisiner ou préparer des aliments avec de l’eau chaude du robinet, même filtrée.

Cette recommandation s’applique également aux machines à café, aux bouilloires ou à tout autre appareil utilisant de l’eau chaude directement issue du réseau domestique. Les experts insistent : en période de canicule comme en temps normal, l’eau froide du robinet reste la seule option sûre pour la consommation.

Et maintenant ?

Alors que les épisodes de canicule pourraient se multiplier dans les années à venir en raison du changement climatique, les gestionnaires de réseaux d’eau potable devront adapter leurs infrastructures pour limiter les impacts des fortes chaleurs. Des investissements dans l’isolation des canalisations ou dans des systèmes de refroidissement des eaux captées pourraient être nécessaires. Par ailleurs, les autorités sanitaires pourraient renforcer leurs campagnes de sensibilisation sur les bonnes pratiques à adopter en cas de chaleur prolongée. Une chose est sûre : la vigilance reste de mise, surtout pour les publics les plus vulnérables comme les personnes âgées ou les nourrissons.

Comment conserver et consommer son eau en période de canicule ?

Pour éviter tout risque, Le Figaro rappelle les bonnes pratiques à adopter avec l’eau du robinet en été :

  • Laisser couler l’eau 5 à 10 minutes avant de la consommer si elle n’a pas été utilisée depuis plus de 24 heures.
  • Éviter de boire l’eau chaude du robinet, même après filtration, et privilégier systématiquement l’eau froide pour la consommation et la préparation des aliments.
  • Conserver l’eau au réfrigérateur dans un récipient propre et fermé, et la consommer dans les 24 à 48 heures.
  • En cas de goût de chlore persistant, laisser reposer l’eau à l’air libre pendant une heure avant de la réfrigérer.

Ces mesures, bien que simples, permettent de réduire significativement les risques liés à une eau tiède ou stagnante, tout en garantissant une consommation sûre.

Un léger goût de chlore peut apparaître lorsque l’eau est plus chaude que d’habitude, car les traitements de désinfection doivent être intensifiés. Pour le faire disparaître, il suffit de laisser reposer l’eau dans un récipient ouvert pendant environ une heure avant de la consommer. Si le goût persiste au-delà, cela peut indiquer un problème dans le réseau local — dans ce cas, il est conseillé de signaler le problème à votre mairie ou à votre fournisseur d’eau.

Aucune étude ne démontre que boire une eau à 25°C provoque des troubles digestifs. En revanche, si l’eau est stagnante et contient des bactéries comme les légionelles, elle peut causer des infections. Les risques sont donc liés à la qualité de l’eau et non à sa température en elle-même. Pour limiter tout danger, il est recommandé de laisser couler l’eau avant consommation et d’éviter les eaux stagnantes dans les canalisations.

Alors que la France subit des vagues de chaleur de plus en plus intenses, la question de la qualité de l’eau potable en période de canicule reste un sujet de préoccupation pour les autorités sanitaires comme pour les citoyens. Si les risques sanitaires directs sont limités, une vigilance accrue et des gestes simples permettent de garantir une consommation sûre.