Alors que les vagues de chaleur se multiplient et s’intensifient, la question des logements surchauffés revient au cœur des débats. Selon Libération, certains logements ont récemment atteint des températures extrêmes, parfois jusqu’à **40 °C**, des niveaux bien supérieurs à ce que le diagnostic de performance énergétique (DPE) permet d’évaluer. Face à cette réalité, les critères actuels du DPE, conçus principalement pour mesurer la consommation énergétique et les émissions de gaz à effet de serre, semblent inadaptés pour garantir un confort thermique en période de canicule.

Le DPE, obligatoire pour toute vente ou location d’un bien immobilier en France, attribue une note de A à G en fonction de la performance énergétique du logement. Pourtant, comme le souligne Libération, cette évaluation ne prend pas suffisamment en compte la capacité des bâtiments à résister aux fortes chaleurs. Autant dire que des appartements mal isolés, même récents, peuvent devenir de véritables « bouilloires thermiques » lorsque les températures grimpent.

Ce qu'il faut retenir

  • Des logements ont récemment atteint **40 °C** lors des canicules, selon Libération.
  • Le **Diagnostic de Performance Énergétique (DPE)**, basé sur la consommation énergétique, ne mesure pas l’aptitude des bâtiments à rester frais.
  • Les logements mal isolés ou mal conçus deviennent des « bouilloires thermiques » en période de canicule.
  • La réforme du DPE est évoquée pour intégrer des critères de confort thermique en cas de fortes chaleurs.

Un outil conçu pour l’hiver, pas pour l’été

Le DPE a été créé pour évaluer la consommation d’énergie d’un logement et encourager les travaux d’isolation et de chauffage. Or, comme le rappelle Libération, son champ d’application ne couvre pas les risques de surchauffe. Les critères actuels se concentrent sur la performance hivernale : isolation des murs, des fenêtres ou encore rendement des systèmes de chauffage. Mais rien n’est prévu pour mesurer la capacité d’un logement à rester frais lorsque le thermomètre explose.

Cette lacune pose un problème croissant avec le réchauffement climatique. Les canicules, de plus en plus fréquentes et intenses, transforment certains habitats en pièges à chaleur. Les matériaux modernes, comme le béton ou le verre, amplifient le phénomène en stockant la chaleur le jour pour la restituer la nuit. Résultat : même la nuit, les températures restent élevées, rendant les logements inhabitables sans climatisation.

Des logements en surchauffe malgré une bonne note au DPE

Le cas des immeubles récents en est un exemple frappant. Construits selon les normes thermiques en vigueur, ils affichent souvent une excellente note au DPE. Pourtant, lors des vagues de chaleur, certains atteignent des températures intérieures insupportables. Libération cite l’exemple d’un appartement parisien récent où la température a dépassé **38 °C** pendant plusieurs jours en juillet 2026. Un phénomène qui interroge sur l’efficacité réelle du DPE dans un contexte climatique en mutation.

Des experts, comme ceux de l’**Agence de la transition écologique (ADEME)**, soulignent depuis des années que le DPE doit évoluer. Ils rappellent que l’isolation performante peut aussi favoriser la surchauffe si elle n’est pas pensée pour l’été. « Il faut repenser la conception des bâtiments », a déclaré un porte-parole de l’ADEME à Libération. « Aujourd’hui, on isole pour éviter les déperditions de chaleur en hiver, mais on ne pense pas assez à la ventilation naturelle ou aux protections solaires en été. »

Et maintenant ?

Une réflexion est en cours au sein du gouvernement pour intégrer des critères de confort thermique estival dans le DPE. Des discussions sont notamment prévues d’ici la fin de l’année 2026 avec les acteurs du bâtiment et les associations de consommateurs. Une réforme pourrait voir le jour dès 2027, mais elle devra composer avec les contraintes techniques et financières des propriétaires. Autant dire que la route est encore longue avant qu’un logement « frais en été et économe en hiver » ne devienne la norme.

En attendant, les locataires et propriétaires sont invités à prendre des mesures complémentaires : installation de stores, ventilation nocturne ou encore recours à des matériaux réfléchissants. Des solutions temporaires, mais qui pourraient devenir indispensables si le DPE ne s’adapte pas à temps.

Le DPE a été conçu pour évaluer la performance énergétique des logements, principalement en hiver, afin de réduire la consommation de chauffage. Il ne mesure pas la capacité des bâtiments à rester frais pendant les canicules, un critère qui n’était pas prioritaire lors de sa création. Cependant, avec l’augmentation des vagues de chaleur, cette lacune est de plus en plus critiquée.