À la fin du XXIe siècle, une Genevoise du nom d’Elise Müller a marqué l’histoire par ses transes et ses peintures, devenues les témoins d’une relation supposée avec des entités non terrestres. Cette figure, aujourd’hui revisitée par l’auteure Carla Demierre, fait l’objet d’un portrait intitulé « La Fille de Mars », révélé par Libération.

Ce qu'il faut retenir

  • Elise Müller, une Genevoise du début du XXIe siècle, s’est fait connaître par ses transes et ses œuvres picturales
  • Ses créations et récits ont été associés à des contacts avec des extraterrestres, suscitant un intérêt international
  • L’ouvrage de Carla Demierre propose un « portrait rêvé » de cette médium au parcours atypique
  • Ses peintures et transes, documentées à l’époque, ont contribué à sa célébrité posthume
  • Le livre s’inscrit dans une tradition d’études sur les phénomènes paranormaux et les récits de contact extraterrestre

Une médium genevoise au cœur d’un phénomène mondial

Née à Genève au tournant du XXIe siècle, Elise Müller a vécu une existence qui bascule dans l’extraordinaire dès son adolescence. Selon les archives disponibles, elle commence à s’exprimer par des transes vers l’âge de vingt ans, des épisodes durant lesquels elle affirme entrer en communication avec des entités qu’elle décrit comme « venues d’ailleurs ». Ses récits, aussi étranges qu’ils puissent paraître, attirent rapidement l’attention des médias locaux, puis internationaux. Ses témoignages, souvent accompagnés de peintures spontanées, deviennent le symbole d’un phénomène qui dépasse les frontières helvétiques.

Côté Suisse, les cercles occultes et les chercheurs en parapsychologie s’emparent de son cas. Des expositions de ses œuvres, réalisées selon elle « sous l’influence de ces présences », sont organisées dans plusieurs villes européennes. Le public, partagé entre fascination et scepticisme, se presse pour assister à ses séances publiques, où elle décrit des paysages martiens et des civilisations extraterrestres. À l’époque, aucun moyen scientifique ne permet de confirmer ou d’infirmer ses déclarations, ce qui alimente les débats sur la frontière entre hallucination et phénomène réel.

Carla Demierre : une plongée dans l’intimité d’une icône controversée

Avec « La Fille de Mars », Carla Demierre signe un ouvrage qui se veut à la fois biographique et analytique. L’auteure, spécialiste des récits de contact extraterrestre, s’appuie sur des documents d’archives et des témoignages pour reconstituer le parcours d’Elise Müller. Son travail ne cherche pas à trancher sur la véracité des expériences vécues par la médium, mais plutôt à comprendre comment une femme ordinaire est devenue, malgré elle, une figure majeure de la culture paranormale.

Dans son livre, Demierre explore les mécanismes psychologiques et sociaux qui ont permis à Elise Müller de gagner une renommée mondiale. Elle évoque notamment le contexte des années 2070, une époque où la quête de vie extraterrestre bat son plein, marquée par les missions martiennes et les spéculations sur l’existence d’intelligences non humaines. « Les peintures d’Elise reflètent une époque où l’imaginaire collectif était saturé par l’idée d’une rencontre avec l’autre », explique l’auteure. Ses œuvres, souvent réalisées en quelques minutes, mêlent symboles martiens et motifs abstraits, laissant planer le doute sur leur origine.

Un héritage entre scepticisme et fascination persistante

Trente ans après sa mort, Elise Müller reste une figure énigmatique. Ses peintures, conservées dans des collections privées, sont régulièrement exposées dans des musées dédiés au paranormal. Certaines institutions, comme le Musée de l’Étrange à Lausanne, lui consacrent même des salles permanentes. Pourtant, les avis sur son authenticité divergent toujours. Pour les uns, elle était une médium authentique, capable de transcender les limites de la perception humaine. Pour les autres, une artiste talentueuse dont l’imagination a été exploitée par un milieu avide de mystère.

Carla Demierre, dans son ouvrage, évite de prendre position. Elle se contente de présenter les faits : Elise Müller a laissé derrière elle des centaines de toiles, des heures d’enregistrements audio de ses transes, et une correspondance fournie. Ces éléments, analysés par des experts en psychologie et en neurosciences, n’ont jamais abouti à une conclusion définitive. « Son cas illustre la difficulté de distinguer, dans ces récits, ce qui relève de l’expérience subjective et ce qui pourrait, à la rigueur, correspondre à une réalité externe », souligne l’auteure.

Et maintenant ?

La réédition de « La Fille de Mars » intervient alors que les recherches sur les phénomènes paranormaux connaissent un regain d’intérêt. Plusieurs laboratoires, notamment en Suisse et aux États-Unis, travaillent sur des protocoles visant à étudier les transes et les créations artistiques spontanées. Une conférence internationale sur les médiums du XXIe siècle est d’ailleurs prévue à Genève en novembre 2026. Pour les spécialistes, cette rencontre pourrait être l’occasion de réexaminer le cas d’Elise Müller à la lumière des avancées technologiques récentes, comme l’imagerie cérébrale.

Reste à savoir si les nouvelles générations d’historiens et de scientifiques oseront s’emparer de ce dossier. À l’heure où les théories du complot et les récits de contact extraterrestre gagnent en popularité, son histoire soulève une question qui dépasse le cadre de la simple curiosité : comment distinguer, dans un récit, ce qui relève de l’imaginaire et ce qui pourrait, un jour, être vérifié ?

À ce jour, aucune preuve scientifique tangible ne permet de confirmer ou d’infirmer les déclarations d’Elise Müller. Ses peintures et transes restent des objets d’étude pour les psychologues et les historiens, mais aucune analyse n’a abouti à une conclusion définitive. Selon Carla Demierre, « le mystère persiste, car les outils dont nous disposons aujourd’hui ne permettent pas de trancher ».