L’attaquant sénégalais Paul Valère Bassène, évoluant sous les couleurs du Raja de Berkane, a écopé d’un carton rouge surprenant ce mercredi 3 juin 2026 lors d’un match de première division marocaine. Alors que son équipe s’imposait 1-0 face au Raja Casablanca – un résultat qui place Berkane à la deuxième place du classement à huit journées de la fin –, l’international de 23 ans a marqué d’un but et célébré sa réalisation d’une manière qui a rapidement attiré l’attention des instances. Selon RMC Sport, il s’est saisi des parties génitales en adressant un regard moqueur au public, un geste immédiatement signalé au VAR par l’arbitre central. Après visionnage de la séquence, l’officiel a décidé de l’expulser, malgré une première absence de réaction directe sur le terrain.
Ce qu'il faut retenir
- Paul Valère Bassène, attaquant sénégalais de 23 ans, a reçu un carton rouge pour une célébration jugée obscène lors de la victoire de son équipe 1-0 face au Raja Casablanca, le 3 juin 2026.
- L’expulsion est intervenue après l’intervention du VAR, l’arbitre n’ayant pas réagi spontanément au geste.
- Berkane a tenu le score malgré l’infériorité numérique en fin de match et conserve ainsi sa deuxième place au classement.
- Le joueur a présenté des excuses publiques sur Instagram, soulignant que son geste n’avait pas de volonté offensante, mais reflétait son « esprit de guerrier ».
- Malgré ses excuses, Bassène a été la cible de messages racistes en ligne, qu’il a dénoncés en traitant ses détracteurs de « lâches » et « d’idiots ».
Ce match s’inscrit dans un contexte particulièrement tendu entre les deux nations footballistiques voisines. À peine cinq mois après la finale houleuse de la CAN 2026 – disputée au Maroc et dont le résultat final est encore en suspens devant le Tribunal arbitral du sport –, les relations entre les deux sélections restent sous haute tension. Berkane, qui compte dans ses rangs Bassène, s’est imposé sur la pelouse du Raja Casablanca grâce à son unique but, marqué en première mi-temps. Le club marocain, réduit à dix après l’expulsion, n’a pas réussi à égaliser, permettant à l’équipe visiteuse de consolider sa position au classement.
Une célébration controversée et l’intervention du VAR
Selon les images diffusées par SNRT News et relayées par RMC Sport, la séquence litigieuse s’est produite immédiatement après que Bassène ait inscrit le but de la victoire. Sous les yeux des supporters du Raja, le joueur s’est saisi des parties génitales tout en adressant un regard provocateur vers les gradins. L’arbitre principal, qui avait initialement laissé passer le geste, a été alerté par le VAR. Ce dernier a demandé à l’officiel de revoir la séquence sur le bord du terrain. Après visionnage, le verdict est tombé : expulsion immédiate. Le Sénégalais a quitté le terrain sans manifester de contestation, tandis que ses coéquipiers ont tenu bon malgré le handicap numérique.
Berkane a ainsi remporté un succès précieux, se maintenant dans la course au titre de première division marocaine. À huit journées de la fin, la deuxième place occupée par le club reste un objectif réaliste, même si la course au titre semble plus serrée que jamais. Le match a également été marqué par une forte intensité, reflétant les tensions persistantes entre les deux clubs dans un derby marocain.
Un mea culpa public et une polémique qui s’étend
Quelques heures après le coup de sifflet final, Paul Valère Bassène a publié un message d’excuses sur son compte Instagram, tentant de clarifier l’intention derrière son geste. « À la Fédération marocaine de football, à mon club la RS Berkane, au Raja club et à l’ensemble des supporters et amateurs du foot, je tiens à présenter mes sincères excuses pour ma célébration jugée démesurée suite à mon but », a-t-il écrit. Il a ajouté : « Mon geste n’avait absolument pas pour intention d’offenser qui que ce soit. Il s’agissait simplement d’exprimer, dans l’élan de l’émotion, l’état d’esprit de guerrier qui nous anime sur le terrain – une façon de dire qu’on se bat comme un homme, avec engagement et détermination. Rien de plus. »
Dans une autre publication, Bassène a également réagi aux réactions négatives en ligne. Considérant que ses détracteurs étaient des « lâches » et des « idiots », il a défendu l’idée que son geste relevait davantage de l’enthousiasme sportif que d’une provocation calculée. Pourtant, cette affaire a rapidement débordé du cadre strictement sportif. Des messages racistes ont circulé à son encontre sur les réseaux sociaux, alimentant une polémique qui dépasse le simple cadre disciplinaire. Le joueur a rappelé, dans son message, son attachement aux valeurs du fair-play et du respect mutuel.
« Je comprends toutefois que ce geste ait pu être mal interprété, et je l’assume pleinement. Le football est avant tout un sport de respect et je n’aurais pas dû laisser l’intensité du moment prendre le dessus de cette manière. Je réaffirme mon attachement aux valeurs du fair-play et du respect mutuel et je m’engage à être plus attentif à mon comportement sur le terrain à l’avenir. »
Paul Valère Bassène, attaquant du RS Berkane
Un contexte footballistique et diplomatique toujours tendu
Cette affaire survient dans un contexte où les relations entre le Maroc et le Sénégal restent particulièrement sensibles sur le plan sportif. Lors de la CAN 2026, disputée au Maroc, la finale opposant les deux équipes s’était achevée sur un résultat controversé, entraînant des accusations de partialité arbitrale et des incidents en marge du match. Le verdict du Tribunal arbitral du sport, attendu prochainement, pourrait encore envenimer ou apaiser les tensions entre les deux pays. Dans ce climat, chaque rencontre entre clubs ou sélections des deux nations est scrutée à la loupe, tant sur le terrain qu’en dehors.
Le match de ce 3 juin 2026 entre Berkane et le Raja Casablanca n’a pas échappé à cette règle. Les supporters des deux camps étaient particulièrement investis, et l’expulsion de Bassène a ajouté une dimension polémique à une rencontre déjà chargée. Malgré tout, Berkane a su préserver son avantage numérique en fin de match, évitant ainsi une défaite qui aurait pu relancer les critiques sur ses capacités à gérer les situations tendues.
Cette polémique rappelle une fois encore à quel point le football, lorsqu’il est porté par des passions nationales, peut devenir un miroir des tensions géopolitiques. Entre célébrations excessives et accusations de partialité, chaque geste compte – et chaque décision arbitrale peut peser lourd dans l’équilibre déjà fragile des relations entre voisins.
Outre l’expulsion immédiate lors du match du 3 juin 2026, Paul Valère Bassène pourrait faire l’objet de sanctions supplémentaires de la part de la Fédération royale marocaine de football. Une suspension pour les prochains matchs est probable, et la Confédération africaine de football (CAF) pourrait également se saisir de l’affaire, notamment en raison des messages racistes adressés au joueur après son geste. Une convocation pour un entretien éducatif n’est pas exclue.
À ce stade, aucune plainte officielle n’a été déposée par le Raja Casablanca concernant la célébration de Bassène. Le club s’est principalement concentré sur la gestion de son match et la préservation du résultat. En revanche, des réactions de supporters et de figures du football marocain ont été relayées, critiquant le manque de fair-play du joueur sénégalais.