Aleksander Ceferin, président de l’UEFA depuis 2016, a clairement écarté toute candidature à la présidence de la Fédération internationale de football (Fifa), dont le prochain scrutin est prévu en mars 2027 à Rabat. Dans un entretien accordé au podcast britannique The Rest is Politics, diffusé lundi 24 août, le dirigeant slovène de 58 ans a indiqué n’être « pas intéressé » par le poste, préférant « profiter de la vie » tout en maintenant son opposition à l’actuel président, Gianni Infantino.
Ce qu'il faut retenir
- Aleksander Ceferin, président de l’UEFA depuis 2016, a annoncé qu’il ne se présenterait pas à l’élection présidentielle de la Fifa en mars 2027, selon Franceinfo - Sport.
- Le Slovène a justifié sa décision par son attachement à l’UEFA et son souhait de « profiter de la vie », tout en réaffirmant sa crédibilité comme opposant à Gianni Infantino.
- Il a évoqué la possibilité qu’un candidat s’oppose à Infantino lors du scrutin, sans préciser s’il s’agirait de lui ou d’un autre représentant, comme le Canadien Victor Montagliani.
- L’UEFA menace toujours de boycotter les compétitions de la Fifa si Infantino reste en poste, malgré le retrait de son projet controversé d’ouverture à des investisseurs.
- Les confédérations européenne (UEFA), nord-américaine (Concacaf) et asiatique (AFC) ont récemment signé un texte commun pour rallier la « famille du football » derrière leur opposition à la direction actuelle de la Fifa.
- Gianni Infantino, seul candidat déclaré à ce jour, a rencontré ce week-end Victor Montagliani en République dominicaine pour tenter de désamorcer les tensions.
Un choix assumé, loin des ambitions présidentielles
Aleksander Ceferin a tenu à clarifier sa position dans un contexte marqué par une crise profonde au sein de la Fifa. Depuis plusieurs mois, le projet d’ouverture de l’instance mondiale à des investisseurs privés, porté par Gianni Infantino, a suscité une vive opposition, notamment de la part de l’UEFA. Dans son entretien au podcast The Rest is Politics, le dirigeant européen a expliqué qu’il n’avait « aucun intérêt » pour la présidence de la Fifa. « J’aime l’UEFA et le travail que j’y fais », a-t-il déclaré, ajoutant que sa crédibilité en tant qu’opposant à Infantino passait justement par son désistement.
Le Slovène, dont le mandat à la tête de l’UEFA court jusqu’en 2027, a également évoqué son envie de « profiter de la vie ». Une déclaration qui tranche avec les tensions persistantes au sein du football mondial, où les divisions entre confédérations s’accentuent. Pourtant, malgré ce refus de candidature, Ceferin maintient une posture ferme face à la direction actuelle de la Fifa.
L’UEFA reste en première ligne contre Infantino
Aleksander Ceferin a rappelé que l’UEFA n’excluait pas de boycotter les compétitions de la Fifa si Gianni Infantino devait rester en poste. Une menace réitérée malgré l’abandon du projet controversé d’ouverture à des investisseurs. « La première option est qu’il se rende compte qu’il n’a pas le soutien nécessaire à sa réélection », a expliqué Ceferin. « L’autre option est qu’il participe au scrutin, mais dans ce cas, je pense que nous aurons un candidat contre lui. Je ne sais pas encore qui. »
Cette position s’inscrit dans un contexte de front commun entre plusieurs confédérations. L’UEFA, la Concacaf (Amérique du Nord et Caraïbes) et l’AFC (Asie) ont récemment signé un texte pour « rallier la famille du football » derrière leur opposition à la gouvernance actuelle. Un rapprochement qui pourrait se traduire par une candidature unifiée contre Infantino lors du prochain scrutin.
Les tensions persistent, malgré les rencontres diplomatiques
Gianni Infantino, seul candidat déclaré à ce jour, tente de désamorcer les critiques en multipliant les rencontres avec les dirigeants des confédérations. Ce week-end, il s’est entretenu avec Victor Montagliani, président de la Concacaf, lors d’une réunion de l’Union caribéenne de football en République dominicaine. « Nous voulons développer le football dans chacune de nos 211 fédérations membres à travers le monde. Certaines, malheureusement, n’ont pas besoin de ça et ne veulent pas que les autres progressent, mais nous devons réduire l’écart entre les grands pays et tous les autres », a-t-il déclaré.
Une rhétorique qui n’a pas convaincu Aleksander Ceferin, qui a balayé les accusations d’« Europe arrogante » portées contre les opposants à Infantino. « Quelqu’un devrait rappeler à Infantino qu’il est européen, et qu’il était soutenu par l’UEFA », a-t-il ironisé dans le podcast. Une pique qui illustre l’ampleur des divisions au sein du football mondial, où les alliances se redessinent à l’approche du scrutin de 2027.
Un scrutin en mars 2027 à Rabat, dans un climat électrique
Le prochain congrès de la Fifa, prévu en mars 2027 à Rabat (Maroc), s’annonce sous haute tension. Avec 211 membres votants, l’élection s’annonce serrée, d’autant que plusieurs confédérations ont d’ores et déjà exprimé leur mécontentement. Parmi les noms évoqués pour défier Infantino, celui de Victor Montagliani revient régulièrement. Le Canadien, président de la Concacaf, est perçu comme l’un des principaux opposants à la direction actuelle de la Fifa, aux côtés de l’UEFA et de l’AFC.
Aleksander Ceferin a laissé planer le doute sur une éventuelle participation à la course, tout en soulignant que sa crédibilité passait par son refus de se présenter. « Je ne sais pas encore qui » sera le candidat face à Infantino, a-t-il indiqué, sans exclure qu’il puisse jouer un rôle dans l’ombre. Pour l’heure, Gianni Infantino reste le seul en lice, mais le paysage pourrait évoluer d’ici les prochains mois.
En attendant, le football mondial reste sous haute surveillance, dans un climat où les alliances se recomposent et où les ambitions présidentielles pourraient bien rebattre les cartes.