La Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en Centrafrique (Minusca) a officiellement rétrocédé la base militaire de Mbaïki aux autorités centrafricaines. Selon RFI, cette cérémonie de transfert, organisée mercredi 10 juin 2026, s'est déroulée en présence des représentants locaux, des partenaires de la Minusca ainsi que du corps diplomatique accrédité en Centrafrique.
Ce qu'il faut retenir
- La Minusca a rétrocédé la base de Mbaïki à l'État centrafricain le 10 juin 2026.
- Le transfert inclut la sécurisation des zones concernées, la protection des civils et l'entretien de certaines voies de communication.
- Les responsabilités transférées couvrent aussi l'appui aux autorités administratives locales.
- La cérémonie s'est tenue en présence des autorités locales, des partenaires de la Minusca et du corps diplomatique.
- Cette rétrocession intervient après plus de dix ans de présence onusienne dans la région.
Un retrait progressif de la Minusca après une décennie d'engagement
Le retour de la base de Mbaïki aux forces centrafricaines marque une étape supplémentaire dans le processus de retrait progressif de la Minusca du territoire national. Selon RFI, cette mission onusienne, déployée depuis 2014, a pour mandat initial de stabiliser le pays en proie à des conflits armés récurrents et de protéger les populations civiles. La rétrocession de cette base, située dans la préfecture de Lobaye, s'inscrit dans une stratégie plus large de transition des responsabilités sécuritaires vers les institutions locales.
Autant dire que ce transfert n'est pas anodin : il implique un changement majeur dans la gestion de la sécurité dans cette zone, autrefois sous la responsabilité exclusive des Casques bleus. La Minusca, dont le mandat a été régulièrement prolongé depuis son déploiement, voit ainsi son rôle évoluer vers une mission d'appui technique et logistique plutôt que d'opération directe.
Des responsabilités transférées, mais un défi sécuritaire toujours présent
Avec ce transfert, la Minusca cède non seulement des infrastructures, mais également un ensemble de missions clés. Selon le communiqué officiel, les autorités centrafricaines héritent de la sécurisation des zones concernées, une tâche qui inclut la lutte contre les groupes armés et la protection des civils. L'entretien de certaines voies de communication, souvent utilisées par les humanitaires, est également transféré aux mains locales.
Pour autant, la situation sécuritaire dans la région de Lobaye reste fragile. Les tensions entre groupes armés et les défis logistiques pourraient compliquer la prise en charge immédiate par l'État centrafricain. La Minusca a d'ailleurs souligné, lors de la cérémonie, l'importance de maintenir une coordination étroite avec les forces nationales pour éviter toute dégradation de la stabilité.
Une cérémonie symbolique en présence des acteurs clés
La cérémonie de transfert, présidée par les autorités locales et en présence du représentant spécial de la Minusca, a revêtu un caractère symbolique fort. Selon RFI, le gouverneur de la Lobaye, plusieurs maires des communes environnantes, ainsi que des représentants du corps diplomatique, dont ceux de l'Union européenne et de la France, ont assisté à l'événement. Ce rassemblement illustre l'engagement international continu envers la Centrafrique, malgré le retrait progressif des forces onusiennes.
Parmi les intervenants, le représentant de la Minusca a rappelé que ce transfert s'inscrivait dans une logique de « renforcement des capacités nationales ». Il a également insisté sur la nécessité de poursuivre les efforts en matière de formation des forces de sécurité centrafricaines pour garantir une transition réussie.
Cette rétrocession marque donc un tournant dans l'engagement international en Centrafrique, mais elle ouvre aussi une période d'incertitude quant à l'avenir sécuritaire du pays.