Pour la première fois depuis quatre ans, l'hymne russe n'a pas retenti aux championnats d'Europe de natation qui se déroulent actuellement à Paris. Cette absence s'explique par une divergence de positions entre la fédération internationale, World Aquatics, et sa consœur européenne, European Aquatics. Selon Franceinfo - Sport, cette situation illustre les tensions persistantes autour de la réintégration des athlètes russes et biélorusses dans les compétitions internationales, deux ans après le début de la guerre en Ukraine.

Ce qu'il faut retenir

  • World Aquatics a autorisé en avril 2026 la participation des nageurs et plongeurs russes et biélorusses sous leurs couleurs nationales, sous conditions de contrôles antidopage stricts.
  • European Aquatics, en revanche, a reporté l'application de cette décision après les championnats d'Europe à Paris, jusqu'au 1er septembre 2026.
  • Sur les 1 600 sportifs présents, environ 130 athlètes russes et biélorusses étaient inscrits mais n'ont pas pu entendre leur hymne en cas de victoire.
  • Neuf fédérations nordiques ont menacé de ne plus organiser de compétitions tant que la situation n'évolue pas.
  • La Russie était exclue des compétitions internationales depuis l'invasion de l'Ukraine en février 2022.

Une réintégration controversée sous conditions

World Aquatics a pris une décision audacieuse dès avril 2026 en rouvrant ses compétitions aux athlètes de Russie et de Biélorussie. Ceux-ci peuvent désormais concourir sous leurs couleurs nationales, à condition de satisfaire à au moins quatre contrôles antidopage successifs auprès de l'Agence internationale de contrôle. Une première depuis l'exclusion décidée après l'invasion de l'Ukraine en février 2022. « Nous sommes déterminés à faire en sorte que les piscines demeurent des lieux où les athlètes de toutes les nations peuvent se réunir pour des compétitions pacifiques », avait alors déclaré Husain Al Musallam, le président de World Aquatics, dans un communiqué.

Pourtant, cette réintégration n'est pas totale. Les nageurs et plongeurs russes et biélorusses restent sous statut neutre pour l'instant, ce qui signifie qu'ils ne peuvent pas brandir leur drapeau ni entendre leur hymne lors de victoires. Une neutralité qui s'applique également aux championnats d'Europe, bien que World Aquatics ait validé leur participation sous bannière nationale.

European Aquatics fait de la résistance

C'est ici que le bât blesse. European Aquatics, la fédération européenne, a choisi de reporter l'application de la décision de World Aquatics après la compétition parisienne. Concrètement, les quelque 130 représentants russes et biélorusses présents à Paris – sur un total de plus de 1 600 sportifs inscrits en natation, plongeon, natation artistique et eau libre – n'entendront pas leur hymne national en cas de victoire, même s'ils concourent sous leurs couleurs. La réintégration complète est donc reportée au 1er septembre 2026, date fixée par European Aquatics pour une application différée.

Cette position a suscité de vives réactions, notamment de la part de l'Ukraine, mais aussi de plusieurs fédérations nordiques. Ces dernières ont averti qu'elles ne participeraient plus à aucune compétition tant que la situation actuelle ne changerait pas. Erkki Susi, président de la Fédération estonienne de natation, a confirmé que neuf fédérations – Danemark, Estonie, îles Féroé, Islande, Finlande, Lettonie, Lituanie, Norvège et Suède – boycotteraient les événements dans les années à venir si la réintégration se maintenait.

Un titre européen remporté sans hymne national

L'exemple le plus marquant de cette situation s'est illustré dès le 3 août 2026, lorsque la nageuse russe Vasilina Khandoshka a remporté le titre européen en natation artistique lors du solo libre féminin. Pourtant, ce n'est pas l'hymne russe qui a retenti, mais celui d'European Aquatics. Une première depuis quatre ans pour les compétitions européennes, même si World Aquatics avait déjà autorisé la réintégration sous conditions dès avril.

Cette absence d'hymne national soulève des questions sur l'unité du mouvement sportif européen. Alors que World Aquatics avance l'argument d'une réconciliation par le sport, European Aquatics semble privilégier une approche plus prudente, en attendant une résolution politique plus claire du conflit en Ukraine. Une divergence qui pourrait avoir des répercussions durables sur l'organisation des compétitions à venir.

Et maintenant ?

Les championnats d'Europe de natation se poursuivent à Paris jusqu'au 16 août 2026. D'ici là, les observateurs s'attendent à d'autres podiums remportés par des athlètes russes ou biélorusses sous bannière neutre, sans hymne national. La décision finale sur leur réintégration définitive au niveau européen sera prise le 1er septembre 2026, comme l'a annoncé European Aquatics. Il reste à voir si cette date sera respectée ou si de nouvelles tensions viendront compliquer le processus.

Par ailleurs, les fédérations nordiques pourraient durcir leur position si European Aquatics maintenait sa décision, ce qui pourrait entraîner des boycotts lors des prochaines compétitions internationales. La situation reste donc sous haute surveillance, alors que le monde du sport tente de concilier éthique, diplomatie et performance.

Dans l'immédiat, les athlètes russes et biélorusses continueront de concourir sous statut neutre à Paris, sans hymne national pour célébrer leurs victoires. Une solution temporaire qui, pour beaucoup, ne fait que prolonger une crise déjà bien installée dans le paysage sportif international.

European Aquatics a décidé de reporter l'application de la réintégration totale jusqu'au 1er septembre 2026, après les championnats d'Europe à Paris. Cette position reflète une volonté de prudence, dans un contexte de tensions persistantes liées à la guerre en Ukraine et aux sanctions sportives qui en découlent.