Les Championnats d'Europe de natation en eau libre s'apprêtent à investir un nouveau site parisien, avec des conditions d'eau jugées bien plus favorables que lors des Jeux olympiques de 2024. Ce mardi 12 août 2026, les épreuves se dérouleront dans la Seine, entre le pont de Bir-Hakeim et l'Île aux Cygnes, sous le regard de la Tour Eiffel. Selon RMC Sport, les premiers retours des nageurs confirment une nette amélioration de la qualité de l'eau, un point crucial après les polémiques ayant émaillé l'organisation des JO deux ans plus tôt.

Ce qu'il faut retenir

  • Les Championnats d'Europe de natation en eau libre débutent ce mardi 12 août 2026 dans la Seine, entre l'Île aux Cygnes et le pont de Bir-Hakeim.
  • Le nageur britannique Hector Pardoe déclare que « la Seine a assurément un goût plus propre qu'en 2024 », après un entraînement de 2,5 km.
  • Le site de compétition a été déplacé de plusieurs hectomètres par rapport aux JO, réduisant ainsi l'exposition aux courants et aux pollutions.
  • Les conditions météo et hydrologiques s'annoncent optimales, avec un courant moins fort que lors des Jeux olympiques.
  • Marc-Antoine Olivier, médaillé de bronze olympique en 2016, souligne que « ce sont des conditions totalement différentes par rapport à 2024 ».

Un site repensé pour limiter les risques de pollution

Pour ces Championnats d'Europe, l'organisation a choisi de déplacer le lieu de départ et d'arrivée des épreuves. Désormais, elles se tiendront près de l'Île aux Cygnes et du pont de Bir-Hakeim, un choix qui présente plusieurs avantages. D'abord, ce secteur est moins exposé aux rejets polluants en provenance des égouts parisiens, un problème récurrent lors des fortes pluies. Ensuite, les nageurs bénéficient d'une vue imprenable sur la Tour Eiffel, un cadre idyllique pour une compétition internationale. Enfin, la mairie de Paris y a installé l'un des trois bassins de baignade autorisés cet été dans la capitale, une première depuis des décennies.

Ce changement de site s'inscrit dans une stratégie plus large pour améliorer la qualité de l'eau de la Seine. Lors des Jeux olympiques de 2024, plusieurs entraînements de triathlon et de natation en eau libre avaient été annulés en raison d'une eau jugée impropre à la baignade. Le triathlon masculin avait même été reporté d'une journée, sous les yeux de millions de téléspectateurs. La cause ? Une pluviométrie exceptionnellement élevée, qui avait saturé les réseaux d'assainissement et provoqué des rejets directs dans le fleuve.

Des déclarations encourageantes pour les athlètes

Hector Pardoe, qui avait terminé 6e du 10 kilomètres lors des JO de Paris 2024, a pu s'entraîner dans la Seine ce dimanche. Son constat est sans équivoque : « J'ai remarqué une chose tout de suite... La Seine a assurément un goût plus propre qu'en 2024 », a-t-il écrit sur son compte Instagram après avoir nagé 2,5 kilomètres. Une déclaration qui tranche avec les critiques formulées deux ans plus tôt, lorsque les athlètes dénonçaient des conditions de nage difficiles et des annulations de dernière minute.

Marc-Antoine Olivier, triple médaillé mondial et olympique, partage ce constat. « Ce sont des conditions totalement différentes par rapport à 2024 », a-t-il confié à RMC Sport. « L’eau libre, on est en milieu naturel. Il faut s’adapter. Je pense qu’il y aura moins de courant qu’en 2024. » Pour le Français, médaillé de bronze à Rio en 2016, ces Championnats d'Europe représentent une occasion de tourner la page des Jeux olympiques, marqués par des conditions de course chaotiques. « Nous courons plus en amont cette fois-ci au pont de Grenelle, et bien qu'il faille encore penser au courant, il n'est pas aussi fort que ce que nous avons vécu pendant les Jeux olympiques », a-t-il précisé.

Un défi sportif dans un cadre désormais maîtrisé

Les épreuves de natation en eau libre, introduites aux Jeux olympiques de Tokyo en 2021, restent un exercice exigeant. Contrairement aux bassins fermés, où les conditions sont contrôlées, les nageurs en milieu naturel doivent composer avec les courants, la température de l'eau et les éventuelles perturbations. Deux ans après les polémiques de Paris 2024, les organisateurs semblent avoir tiré les leçons du passé. En déplaçant le site de compétition et en choisissant une zone moins exposée aux rejets polluants, ils limitent les risques de nouveaux reports ou annulations.

La première épreuve, le 10 kilomètres, est programmée ce mardi à partir de 10 heures. Les athlètes s'élanceront depuis le pont de Bir-Hakeim, avec une arrivée prévue sur l'Île aux Cygnes. Les conditions météo annoncées sont favorables, avec un ensoleillement prévu et des températures estivales. Pour les nageurs, l'enjeu est double : performer dans un cadre désormais plus sûr, tout en relevant le défi d'une discipline où la nature joue un rôle aussi important que le talent.

Et maintenant ?

Ces Championnats d'Europe pourraient marquer un tournant pour la baignade dans la Seine. Si les conditions restent stables, ils pourraient servir de démonstration pour les futures compétitions, voire pour l'ouverture de la capitale à la baignade en eau libre. La mairie de Paris a déjà annoncé son intention de créer d'autres bassins de baignade d'ici 2028, en prévision des Jeux olympiques de Los Angeles. Reste à voir si cette dynamique se poursuivra après l'événement.

Pour les organisateurs, l'objectif est clair : montrer que la Seine est désormais apte à accueillir des compétitions internationales sans les aléas de 2024. Pour les athlètes, il s'agit de confirmer que leurs efforts porteront leurs fruits dans un environnement maîtrisé. Quant aux Parisiens, ils pourront enfin profiter d'un fleuve rendu à ses usages traditionnels, après des décennies de pollution.

Plusieurs facteurs expliquent cette amélioration. D'abord, la mairie de Paris a investi dans des infrastructures de dépollution, comme le bassin de rétention des égouts à Austerlitz, mis en service en 2025. Ensuite, les conditions météo en 2026 ont été moins pluvieuses qu'en 2024, limitant les rejets directs dans le fleuve. Enfin, le déplacement du site de compétition vers une zone moins exposée aux pollutions a joué un rôle clé.

Après les Championnats d'Europe, la mairie de Paris prévoit d'organiser un festival de baignade en septembre 2026, ouvert au grand public. En 2028, des épreuves de triathlon pourraient être organisées dans le cadre des Jeux olympiques de Los Angeles, si les conditions le permettent.