Le directeur général de la Maif, Pascal Demurger, a appelé ce vendredi 29 août 2026 à une régulation et à une mutualisation entre assureurs pour éviter que certaines régions, trop exposées aux risques climatiques, ne deviennent non assurables. Selon nos confrères de BFM Business, il a mis en garde contre le retrait des assureurs privés de zones jugées non rentables, comme les territoires frappés par la sécheresse ou les incendies.
« Si jamais on ne fait rien, si on laisse juste le marché faire, alors oui, demain, il y a un vrai risque que des assureurs se retirent des zones les plus exposées parce qu’elles ne sont pas rentables », a-t-il déclaré lors d’un entretien sur TF1. Pascal Demurger, qui co-préside également le mouvement patronal Impact France, défend l’idée d’une prise en charge collective de ces territoires. « Il faut une régulation, il faut une mutualisation entre tous les assureurs », a-t-il précisé, dans le cadre d’un débat sur l’indemnisation des victimes d’incendies.
Ce qu’il faut retenir
- Risque de désengagement des assureurs dans les zones les plus exposées aux catastrophes naturelles, comme les incendies ou la sécheresse.
- Pascal Demurger, patron de la Maif, plaide pour une mutualisation des risques entre les assureurs pour éviter que ces territoires ne deviennent non assurables.
- Il co-préside le mouvement patronal Impact France, qui milite pour un impact social et environnemental accru des entreprises.
- Demurger s’est également prononcé contre une baisse générale des charges pour les entreprises, estimant que cela ne garantirait pas une hausse automatique des salaires.
- Il propose en revanche de taxer davantage les gros héritages, tout en excluant les petits héritages de cette mesure.
Un appel à une régulation publique pour sauver l’assurabilité des territoires
Face à l’aggravation des risques climatiques, Pascal Demurger a souligné l’urgence d’une intervention publique. « Il faut une régulation, il faut une mutualisation entre tous les assureurs », a-t-il répété, insistant sur la nécessité d’une « prise en charge collective » des zones sinistrées. Selon lui, sans cette coordination, les assureurs privés pourraient se retirer massivement des régions les plus exposées, faute de rentabilité.
Cette position s’inscrit dans un contexte où les événements climatiques extrêmes — incendies, sécheresses, inondations — se multiplient en France. En 2025, plus de 1,2 million de Français avaient déjà été touchés par des catastrophes naturelles, selon le ministère de la Transition écologique. Les assureurs, qui couvrent traditionnellement ces risques via le régime Cat Nat (Catastrophes naturelles), pourraient être contraints de réévaluer leur politique en l’absence de mécanismes de solidarité renforcés.
« Si on ne fait rien, demain, il y a un vrai risque que des assureurs se retirent des zones les plus exposées parce qu’elles ne sont pas rentables. »
Pascal Demurger, directeur général de la Maif
Pascal Demurger et Impact France : une vision économique et sociale
Pascal Demurger, en plus de diriger la Maif, co-préside le mouvement Impact France, qui rassemble des entreprises engagées dans une démarche sociale et environnementale. Lors des « Universités d’été de l’Économie de demain », organisées ce vendredi 29 août 2026, plusieurs candidats à l’élection présidentielle de 2027 étaient invités à débattre de ces enjeux. Parmi les sujets abordés figuraient notamment l’indemnisation des victimes de catastrophes naturelles et la fiscalité des entreprises.
Dans ce cadre, Demurger a réaffirmé son opposition à une baisse généralisée des charges pour les entreprises, une mesure parfois évoquée pour stimuler l’emploi. « Je ne suis pas sûr que si la fiscalité diminuait, les salaires augmenteraient automatiquement. (...) Je n’en suis vraiment pas convaincu, en tout cas pas dans toutes les entreprises », a-t-il déclaré. Il a cependant reconnu l’existence d’un « sujet de niveau de salaires », notamment pour les bas salaires, et a pointé du doigt les charges comme la CSG et la CRDS qui pèsent sur le pouvoir d’achat.
Fiscalité et héritages : une question de redistribution
Sur le volet fiscal, Pascal Demurger a défendu une taxation accrue des gros héritages, tout en excluant les petits héritages de cette mesure. « Il dépend du montant : évidemment, un héritage à X millions ou dizaines de millions d’euros, oui, il y a un sujet à regarder, car autrement on transmet les inégalités de génération en génération », a-t-il expliqué. En revanche, « les petits héritages, je crois qu’il ne faut pas y toucher » a-t-il ajouté, soulignant la nécessité de ne pas pénaliser les classes moyennes.
Il s’est également prononcé en faveur d’une surtaxe de l’impôt sur les sociétés pour les grandes entreprises, une mesure que le gouvernement envisage d’intégrer dans le budget 2027. « C’est normal que tout le monde contribue. Et les grandes entreprises comme les autres. On ne peut pas tout faire peser sur le contribuable, les particuliers, les ménages », a-t-il justifié. Cette proposition s’inscrit dans un débat plus large sur la répartition de la charge fiscale entre entreprises et ménages.
Reste à voir si les propositions de Pascal Demurger, soutenues par certains acteurs économiques, trouveront un écho suffisant pour aboutir à une régulation ambitieuse. Une chose est sûre : le débat sur l’assurabilité des territoires face au changement climatique ne fait que commencer.
Les zones les plus exposées aux catastrophes naturelles, comme les incendies ou la sécheresse, pourraient devenir non assurables si les assureurs privés estiment que les risques y sont trop élevés et non rentables. Sans mécanisme de solidarité ou de mutualisation, ces territoires risquent de se retrouver sans couverture, laissant les habitants et les collectivités exposés à des pertes financières majeures.