Selon Euronews FR, une étude publiée dans la revue Science Advances révèle que le changement climatique place les enfants de 0 à 9 ans dans une situation de vulnérabilité accrue face à la chaleur. Jusqu’à 560 millions d’enfants dans le monde subissent chaque année au moins un mois supplémentaire de stress thermique, un phénomène directement lié au réchauffement climatique d’origine humaine. Les chercheurs de la Vrije Universiteit Brussel, auteurs de cette analyse, soulignent que cette exposition disproportionnée menace leur santé et aggrave les risques de complications physiologiques et socio-économiques.
Ce qu’il faut retenir
- Jusqu’à 560 millions d’enfants de 0 à 9 ans sont exposés chaque année à au moins un mois supplémentaire de stress thermique.
- Les enfants sont trois fois plus exposés que les personnes âgées de 60 à 69 ans.
- Les régions les plus touchées incluent l’Asie du Sud, l’Asie du Sud-Est et l’Afrique de l’Ouest, où les populations sont jeunes et les infrastructures de refroidissement limitées.
- Dans un scénario de réchauffement à 1,5 °C, 620 millions d’enfants subiraient au moins un mois de stress thermique supplémentaire, dont 390 millions pendant cinq mois ou plus.
- À 2 °C de réchauffement, 650 millions d’enfants seraient concernés par un mois supplémentaire, et 420 millions par cinq mois ou plus.
Une vulnérabilité physiologique et sociale exacerbée
Les enfants, et particulièrement les nouveau-nés et les tout-petits, sont physiologiquement plus vulnérables à la chaleur extrême. Leur capacité à réguler leur température corporelle est limitée : ils transpirent moins par kilogramme de poids corporel et ont un métabolisme plus élevé, ce qui les expose davantage aux risques de coup de chaleur, d’insuffisance rénale ou de lésions pulmonaires. Rosa Pietroiusti, auteure principale de l’étude, précise : « Le changement climatique provoque déjà des épisodes de chaleur dangereuse pour des centaines de millions d’enfants dans le monde, faisant peser de graves risques sur leur santé. »
Au-delà des effets directs, la chaleur aggrave indirectement leur situation. Dans les régions les plus touchées, la pauvreté, l’accès limité à des logements adaptés, aux systèmes de refroidissement ou à des soins de santé de qualité réduisent considérablement leurs moyens de protection. Les chercheurs notent également que les enfants subissent les conséquences de la chaleur via des mécanismes indirects : propagation de maladies vectorielles comme la dengue ou le paludisme, perturbations de l’alimentation infantile ou complications néonatales.
Des régions tropicales et pauvres en première ligne
Les projections des scientifiques indiquent que les régions tropicales et les pays à faible revenu, où les populations sont majoritairement jeunes, enregistrent les plus fortes hausses de chaleur humide. L’Asie du Sud, l’Asie du Sud-Est et l’Afrique de l’Ouest concentrent aujourd’hui le plus grand nombre d’enfants exposés à un stress thermique dangereux. Ces zones cumulent des vulnérabilités socio-économiques et environnementales, rendant les populations locales d’autant plus exposées aux impacts du réchauffement climatique.
Les auteurs de l’étude rappellent que ces inégalités ne sont pas près de se résorber. Même dans un contexte de vieillissement démographique mondial, les enfants resteront disproportionnellement touchés. Leur exposition à la chaleur s’inscrit dans la durée, avec des effets cumulatifs tout au long de leur vie. « Les enfants sont particulièrement vulnérables aux impacts du changement climatique et devront faire face à des effets qui vont s’intensifier tout au long de leur existence », écrivent-ils.
Des scénarios alarmants pour les prochaines décennies
Les projections établies par les chercheurs dessinent un avenir inquiétant. Si la température moyenne mondiale atteint 1,5 °C de réchauffement — objectif central de l’Accord de Paris —, 620 millions d’enfants de 0 à 9 ans seraient confrontés à au moins un mois supplémentaire de stress thermique chaque année. Parmi eux, 390 millions vivraient cinq mois ou plus dans ces conditions. À 2 °C, ces chiffres s’élèveraient respectivement à 650 millions et 420 millions.
Ces estimations reposent sur des modèles climatiques intégrant les tendances actuelles d’émissions de gaz à effet de serre. Elles soulignent l’urgence d’agir pour limiter le réchauffement, mais aussi d’adapter les politiques publiques aux besoins spécifiques des populations les plus vulnérables. La santé des enfants, leur développement et leur sécurité alimentaire et hydrique dépendent en grande partie des décisions prises aujourd’hui.
La question de l’équité intergénérationnelle se pose avec acuité : les générations futures, déjà les plus exposées, devront-elles assumer seules les conséquences des choix actuels ? Les chercheurs insistent sur la nécessité de renforcer les systèmes de santé, d’améliorer l’accès au refroidissement et de protéger les communautés les plus pauvres. Autant dire que le temps presse.
Les enfants, et surtout les nourrissons, ont une capacité réduite à réguler leur température corporelle. Leur métabolisme plus élevé et leur production de sueur moins efficace par kilogramme de poids corporel les rendent plus sensibles aux coups de chaleur. De plus, leur exposition prolongée à des températures élevées peut aggraver des problèmes de santé préexistants et perturber leur développement physique.