Une vidéo montrant des participants d’une féria dans l’Ain entonnant des chants à caractère raciste a suscité l’indignation après sa diffusion sur les réseaux sociaux. Selon BFM - Faits Divers, la Licra de l’Ain a déposé plainte et s’est constituée partie civile contre les auteurs de ces propos, tandis que la mairie de Marboz et la préfecture ont également saisi la justice. La séquence, enregistrée le week-end dernier, a été visionnée plus de 2,7 millions de fois sur X, révélant un climat de tension qui contraste avec l’esprit festif de l’événement.

Le 29 juillet 2026, Philippe Marga, président de la Licra de l’Ain, a annoncé avoir transmis un dossier à la procureure de la République de Bourg-en-Bresse. La fédération départementale accuse les auteurs d’injures publiques à caractère raciste, voire d’incitation à la haine. « Nous estimons que ce type de comportement, qui se répand de plus en plus, doit être sanctionné », a-t-il déclaré à BFMTV. Anticipant les arguments d’une éventuelle défense fondée sur l’ivresse ou la liberté d’expression, il a rappelé que l’ivresse constitue une circonstance aggravante et que « le racisme n’est pas une opinion, c’est un délit ».

Ce qu'il faut retenir

  • Une vidéo montrant des participants à la Féria de Marboz (Ain) chantant « On n’aime pas les bougnoules et on s’en fout » a été visionnée 2,7 millions de fois sur X.
  • La Licra de l’Ain a déposé plainte le 29 juillet 2026 pour injures publiques et incitation à la haine.
  • La mairie de Marboz et la préfecture de l’Ain ont également saisi la justice pour les mêmes motifs.
  • Les autorités locales et départementales condamnent fermement ces actes et rappellent que le racisme est un délit.

Une séquence virale qui choque l’opinion publique

La vidéo, diffusée sur X après avoir été tournée lors de la Féria de Marboz, met en scène plusieurs jeunes hommes, bière à la main, répétant en chœur un chant xénophobe. La publication, rapidement relayée, a suscité une vague de réactions indignées, tant au niveau local que national. Selon BFM - Faits Divers, l’enregistrement a été réalisé dans la commune de Marboz, située près de Bourg-en-Bresse, avant d’être massivement partagé en ligne. Les images ont immédiatement contrasté avec l’image conviviale et festive que véhicule habituellement la Féria de Marboz, un événement annuel marquant l’été dans l’Ain.

Face à l’ampleur de la polémique, la Licra de l’Ain a choisi d’agir en justice. Dans un communiqué, Philippe Marga a souligné que ces chants ne relevaient pas d’un simple dérapage isolé, mais d’une manifestation claire de racisme. « Ces propos ne sont pas acceptables, quel que soit le contexte », a-t-il précisé, ajoutant que « la justice doit envoyer un signal fort pour dissuader ce type de comportements ».

Réactions des autorités locales et préfectorales

La mairie de Marboz a réagi avec fermeté dès le lendemain de la diffusion de la vidéo. Sur son compte Facebook, elle a condamné « très fortement ces propos » et a rappelé que « [les chants tenus] ne reflètent en aucun cas l’image de la commune ni l’esprit de tolérance et de convivialité de la Féria de Marboz ». La municipalité a également rappelé que les organisateurs de l’événement travaillent toute l’année pour promouvoir la diversité et le respect entre les participants. « Ces quelques individus ont trahi l’esprit de partage et de joie qui anime habituellement notre fête », a-t-on pu lire dans le message publié en ligne.

De son côté, la préfecture de l’Ain a également réagi avec sévérité. Dans un message publié sur X, elle a rappelé que ces chants « n’ont rien à voir avec la fête. Ils n’ont rien à voir avec la Féria de Marboz. Ils n’ont rien à voir avec l’Ain ». Les autorités ont précisé avoir saisi le procureur de la République de Bourg-en-Bresse, conformément à l’article 40 du Code de procédure pénale, qui impose à toute autorité publique de signaler un crime ou un délit dont elle a connaissance. « Les participants étaient venus partager un moment de joie. Quelques individus ont choisi la haine. Ils devront en répondre », a-t-on ajouté.

Un cadre juridique qui s’applique sans ambiguïté

La Licra de l’Ain a choisi de se constituer partie civile dans cette affaire, une démarche qui permet à l’association de soutenir l’action publique et de demander des réparations. Selon Philippe Marga, l’objectif est double : « punir les auteurs de ces actes et envoyer un message clair à la société ». Il a rappelé que, contrairement à ce que pourraient prétendre certains défenseurs, le racisme n’est pas une opinion protégée par la liberté d’expression, mais un délit puni par la loi. « L’ivresse, si elle est avérée, ne constitue pas une excuse. Elle aggrave même la situation », a-t-il insisté.

La justice va désormais devoir trancher. Les investigations pourraient porter sur l’identité des participants, leur responsabilité individuelle et collective, ainsi que sur les circonstances entourant ces chants. Si les faits sont établis, les auteurs pourraient encourir des peines pouvant aller jusqu’à un an de prison et 45 000 euros d’amende pour injures raciales, selon les dispositions de la loi sur la liberté de la presse.

Et maintenant ?

La procédure judiciaire est désormais entre les mains du parquet de Bourg-en-Bresse. Les prochaines étapes devraient inclure l’audition des témoins, l’analyse des images et, éventuellement, l’identification des personnes présentes sur la vidéo. La Licra de l’Ain a indiqué qu’elle suivrait de près l’avancée de l’enquête. Une date pour une éventuelle audience n’a pas encore été fixée, mais l’affaire pourrait être jugée dans les prochains mois. Par ailleurs, la mairie de Marboz a annoncé qu’elle organiserait des actions de sensibilisation contre le racisme lors des prochaines éditions de la Féria, afin de réaffirmer les valeurs de tolérance et de convivialité qui animent l’événement.

Cette affaire rappelle que les propos racistes, même énoncés dans un cadre festif ou sous l’emprise de l’alcool, ne sont pas dépourvus de conséquences juridiques. Elle intervient dans un contexte national marqué par une recrudescence des actes et des discours à caractère raciste, selon plusieurs associations de défense des droits humains. Les autorités locales et les organisateurs d’événements festifs sont désormais incités à renforcer leurs dispositifs de prévention et de modération.

En France, les injures à caractère raciste sont punies par la loi. Selon l’article 24 de la loi sur la liberté de la presse, elles peuvent entraîner jusqu’à un an d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende. Si l’ivresse est avérée, elle peut être considérée comme une circonstance aggravante. Les auteurs pourraient également être condamnés à verser des dommages et intérêts à la partie civile, en l’occurrence la Licra.

Oui. La mairie de Marboz a annoncé qu’elle renforcerait ses dispositifs de prévention et de modération lors des prochaines éditions de la Féria. Des actions de sensibilisation contre le racisme seront organisées, et des médiateurs pourraient être déployés pour veiller au respect des valeurs de tolérance et de convivialité qui animent l’événement. Ces mesures s’ajouteront aux contrôles habituels effectués par les forces de l’ordre.