Le géant sidérurgique ArcelorMittal, premier pollueur industriel de France, importe du charbon toxique en provenance du Mozambique, où l'exploitation minière détruit les écosystèmes et menace la santé des populations locales. Entre août 2025 et aujourd'hui, au moins 79 000 tonnes de ce combustible ont été acheminées vers l'usine d'ArcelorMittal à Dunkerque, révèle une enquête menée par Reporterre, en collaboration avec le média Socialter et le collectif Disclose.
Ce qu'il faut retenir
- 79 000 tonnes de charbon en provenance de la mine de Moatize (Mozambique) ont été importées en France par ArcelorMittal en août 2025.
- Cette mine, qualifiée d'ultratoxique, expose les habitants à une pollution chronique de l'air et des eaux, ainsi qu'à des explosions quotidiennes.
- ArcelorMittal est le premier producteur d'acier et le premier pollueur industriel en France.
- L'enquête de Disclose et Socialter a permis de retracer l'origine de ce charbon jusqu'à sa destination finale en Europe.
- Les populations locales subissent une menace permanente sur leur santé et leur environnement.
Une mine mozambicaine aux conséquences désastreuses
À Moatize, dans le nord du Mozambique, l'exploitation minière d'ArcelorMittal s'accompagne d'un bilan environnemental et sanitaire catastrophique. Les riverains dénoncent une pollution de l'air persistante, des rejets massifs de particules fines et une contamination des sols et des cours d'eau. Ces particules, hautement toxiques, pénètrent dans les organismes, provoquant des troubles respiratoires chroniques et d'autres maladies graves chez les habitants.
Les explosions régulières liées à l'extraction aggravent la situation. Chaque jour, des détonations retentissent, dispersant davantage de poussières et de polluants dans l'atmosphère. Les témoignages recueillis par les journalistes décrivent un environnement asphyxié où la qualité de vie s'est dégradée de manière irréversible.
Un charbon toxique acheminé vers la France
Le charbon extrait à Moatize n'est pas destiné à rester au Mozambique. Selon l'enquête menée par Reporterre, 79 000 tonnes ont été expédiées vers l'usine d'ArcelorMittal à Dunkerque en août 2025. Ce transport, qui traverse plusieurs continents, illustre la chaîne d'approvisionnement opaque et polluante de la sidérurgie mondiale.
Les organisations Disclose et Socialter ont reconstitué le parcours de ce charbon, des mines du Mozambique jusqu'aux hauts-fourneaux français. Elles soulignent que cette pratique contribue à délocaliser la pollution : les émissions de CO₂ et les particules fines sont comptabilisées au Mozambique, tandis que l'acier produit alimente les marchés européens.
ArcelorMittal, premier pollueur français, sous le feu des critiques
Avec une production annuelle de plus de 15 millions de tonnes d'acier, ArcelorMittal est le leader mondial du secteur. Pourtant, cette position s'accompagne d'un bilan environnemental désastreux. Le groupe est classé premier pollueur industriel en France, selon les données de l'Agence nationale pour la prévention et la réduction des pollutions (ADEME).
Ses activités, à la fois en France et à l'étranger, génèrent d'importantes émissions de gaz à effet de serre et de particules fines. L'importation de charbon mozambicain en est une illustration frappante. Elle permet à l'entreprise de continuer à produire de l'acier tout en externalisant une partie de sa pollution, un modèle économique aujourd'hui de plus en plus contesté.
Les prochains mois s'annoncent décisifs pour évaluer l'impact de ces révélations. Les autorités françaises et européennes pourraient être amenées à renforcer les contrôles sur les importations de combustibles fossiles, tandis que les populations mozambicaines continueront de subir les conséquences de cette exploitation minière.
Le charbon extrait à Moatize est qualifié d
- riche en soufre et en métaux lourds, ce qui génère une pollution de l'air et des sols particulièrement nocive ;
- extrait dans des conditions peu contrôlées, entraînant des rejets massifs de particules fines lors des explosions et du transport ;
- à l'origine de maladies respiratoires et cardiovasculaires chez les populations locales, selon les études menées par des ONG et des chercheurs.
