La maladie d'Alzheimer est une préoccupation majeure pour les personnes âgées, avec près d'un million de personnes vivant avec cette maladie en France, selon l'Inserm. Une étude récente, publiée dans la revue Neurology Open Access, explore le lien entre le taux de vitamine D à la quarantaine et la santé du cerveau des années plus tard, comme le rapporte Futura Sciences.
Cette étude, menée par les chercheurs de l'Université de Boston, a suivi 793 adultes âgés d'environ 39 ans, sans troubles cognitifs au départ. Leur taux sanguin de vitamine D a été mesuré une première fois, puis, 16 années plus tard, des examens d'imagerie cérébrale ont permis d'évaluer la présence de deux protéines associées à la maladie d'Alzheimer : la protéine tau et la bêta-amyloïde.
Ce qu'il faut retenir
- Un taux plus élevé de vitamine D à la quarantaine pourrait être lié à une réduction de l’apparition des marqueurs cérébraux associés à la maladie d’Alzheimer des années plus tard.
- Les personnes ayant un taux de vitamine D supérieur à 30 ng/mL à la quarantaine présentaient moins d'accumulation de protéine tau dans le cerveau des années plus tard.
- La vitamine D pourrait agir sur certains mécanismes spécifiques, mais pas sur l'ensemble du processus pathologique.
Les résultats de l'étude
Les résultats de l'étude montrent que les personnes ayant un taux de vitamine D supérieur à 30 ng/mL à la quarantaine présentaient moins d'accumulation de protéine tau dans le cerveau des années plus tard. « Ces résultats suggèrent que des taux plus élevés de vitamine D à la quarantaine pourraient protéger contre le développement de dépôts de protéine tau », explique Martin David Mulligan, auteur de l'étude.
La protéine tau joue un rôle essentiel dans le fonctionnement normal des neurones. Mais lorsqu'elle s'accumule de manière anormale, elle forme des enchevêtrements toxiques qui perturbent la communication entre les cellules cérébrales. Ces dépôts constituent l'un des premiers signes biologiques de la maladie d'Alzheimer, bien avant les symptômes.
Les implications de l'étude
L'étude n'a trouvé aucune association entre la vitamine D et la protéine bêta-amyloïde, un autre marqueur classique de la maladie. Cela suggère que la vitamine D pourrait agir sur certains mécanismes spécifiques, mais pas sur l'ensemble du processus pathologique. Les chercheurs insistent sur un point essentiel : il s'agit d'une corrélation, et non d'une preuve de cause à effet.
Le lien entre vitamine D et santé cérébrale n'est pas nouveau. Dès 2017, des travaux menés par l’Inserm montraient qu'une carence ou une insuffisance en vitamine D était associée à un risque multiplié par deux de démence, et jusqu'à trois fois plus élevé pour Alzheimer. Ces recherches suggéraient également que l'effet pouvait être amplifié par d'autres facteurs nutritionnels, comme un faible apport en « bonnes graisses » ou en antioxydants.
En conclusion, cette étude suggère que le taux de vitamine D à la quarantaine pourrait jouer un rôle important dans la prévention de la maladie d'Alzheimer. Il est important de poursuivre les recherches pour comprendre les mécanismes impliqués et pour déterminer si la supplémentation en vitamine D pourrait être une stratégie efficace pour réduire le risque de démence.
