Le septième album studio de Charli XCX, « Music, Fashion, Film », a suscité des réactions contrastées à sa sortie le 10 août 2026. D’après Euronews FR, cette œuvre de trente minutes peine à convaincre malgré quelques morceaux prometteurs et une ambition artistique assumée. L’auteure de l’article, critique pour Euronews Culture, admet d’emblée son scepticisme initial, non par rejet d’un changement musical, mais par crainte de voir un projet aussi attendu se diluer dans des expérimentations trop hâtives.

Ce qu'il faut retenir

  • Un album de 30 minutes seulement, structuré autour de 11 titres courts, loin de la longueur habituelle des projets pop.
  • Le single principal, « Rock Music », et sa vidéo jugée provocatrice mais peu inspirée ont marqué le début de critiques mitigées.
  • La pochette de l’album réunit des icônes comme John Cale, Marc Jacobs et Martin Scorsese, reflétant les trois thèmes du disque, mais avec un résultat jugé trop artificiel.
  • Malgré des morceaux comme « SS26 » ou « Camera » salués pour leur énergie ou leur introspection, l’ensemble reste inégal et souvent inabouti.
  • Le morceau « Wink Wink » cristallise les critiques avec ses paroles jugées soit géniales, soit prétentieuses, selon les interprétations.
  • Pour Euronews FR, succéder à « Brat » (2024), l’un des albums les plus acclamés de ces dernières années, représente un défi artistique de taille.

Un album attendu mais décevant, entre hommages et provocations ratées

Dès sa sortie, « Music, Fashion, Film » a suscité des réactions mitigées, et le moins que l’on puisse dire est que la critique de Euronews FR ne mâche pas ses mots. L’auteure, qui se définit comme une fan de longue date de Charli XCX – depuis « Sucker » en 2014 et « Charli » en 2019 –, reconnaît avoir été immédiatement rebutée par le single « Rock Music ». Ce titre, avec ses guitares saturées et des paroles comme « Moi et mes amis, on sort / On prend des photos et on fait des trucs ensemble / Et parfois on pleure / On s’embrasse, vraie ambiance incestueuse », a été perçu comme une provocation maladroite plutôt qu’un hommage à l’ironie pop. La vidéo associée, mettant en scène Charli XCX dans des postures de « cigfluencer » calculées, n’a fait qu’aggraver cette impression, selon la critique.

La pochette de l’album, quant à elle, mise sur un casting de stars : le musicien John Cale (Velvet Underground), le styliste Marc Jacobs et le réalisateur Martin Scorsese. Si l’idée de réunir ces trois figures pour incarner les thèmes « musique, mode, cinéma » peut sembler ambitieuse, le résultat est jugé trop forcé. L’ensemble manque de naturel, comme si l’album cherchait désespérément à légitimer sa propre existence à travers des icônes plutôt qu’à travers sa musique.

Entre promesses et morceaux inaboutis, un projet en demi-teinte

L’album s’ouvre sur « Rock Music », un titre qui peine à convaincre, mais laisse rapidement place à « SS26 », souvent cité comme le point fort de l’opus. Ce morceau, décrit comme une « bande-son d’une apocalypse policée », est salué pour son énergie et son ambition. Pourtant, il reste isolé dans un disque où la plupart des titres dépassent à peine les deux minutes. Beaucoup de morceaux, comme « 2007 » ou « Yeah », sont qualifiés de « vides » ou de « quasi-néants », tandis que d’autres, comme « Card Declined » ou « Camera », montrent un potentiel non exploité faute de développement suffisant.

Sur « Camera », l’auteure relève une tentative intéressante d’auto-analyse : « Je ne me sens pas gênée même si je suis nulle / Je suis toujours en quête d’une expérience qui semble dangereuse / Et peut-être que c’est ça, peut-être que c’est ce dont j’ai besoin / Parce que c’est la seule façon d’avoir l’impression de ne pas vraiment être moi. » Pourtant, le morceau s’arrête abruptement, laissant l’auditeur sur sa faim. L’album donne ainsi l’impression d’être un « carnet de croquis » publié en urgence, rempli d’idées prometteuses mais rarement abouties.

« Wink Wink » : le morceau qui divise et cristallise les critiques

Parmi les titres les plus discutés figure « Wink Wink », souvent présenté comme l’exemple le plus parlant des forces et faiblesses de l’album. Moins bâclé que d’autres morceaux en version démo, il alterne entre des « éclairs de génie accrocheur » et un semi-flux de conscience qui frise l’agacement. Les paroles oscillent entre des images évocatrices (« Je léchais la crème sur les fraises en été… ») et des provocations gratuites (« Et peut-être que j’ai baisé ton père… »). La fin du morceau, avec sa référence à la « bad girl » et son clin d’œil ironique, est perçue comme une tentative désespérée de se cacher derrière l’humour pour éviter toute critique.

L’auteure va jusqu’à qualifier cette stratégie de « banter », un terme qu’elle juge passif-agressif et révélateur d’une certaine complaisance. Pour elle, ce procédé revient à masquer un manque de profondeur derrière des apparences d’audace. « Arrêtez. Faites-vous aider », ironise-t-elle, soulignant que cette approche risque de desservir Charli XCX en la faisant passer pour une artiste plus intéressée par l’image que par la substance.

Un défi artistique : succéder à « Brat » sans tomber dans la redite

Le vrai défi pour Charli XCX était de suivre « Brat », sorti en 2024 et salué comme l’un des albums les plus marquants de ces dernières années. Comme le rappelle Euronews FR, basculer trop loin dans un nouveau style risquait de braquer sa base de fans, tandis qu’une suite directe aurait pu donner l’impression d’un simple « ronron ». Pourtant, avec « Music, Fashion, Film », c’est une troisième option qui semble s’imposer : un album qui passe presque inaperçu malgré quelques éclairs de qualité. Outre « SS26 » et « Camera », le titre « I’m Afraid » et le morceau de clôture « No One Lasts Forever », en featuring avec le réalisateur David Cronenberg, sont cités comme des moments forts. Mais ces réussites restent trop rares pour sauver un projet globalement décevant.

Pour la critique, l’album révèle une Charli XCX en quête de sens, explorant son rapport à l’identité, à la célébrité et aux pressions qui accompagnent un succès aussi soudain qu’inattendu. Pourtant, ces thèmes, bien que porteurs, semblent mal maîtrisés, comme si l’artiste avait précipité la maturation de ses idées. Le résultat est un disque qui donne l’impression de tourner en rond, entre auto-référence et tentatives d’innovation mal abouties.

Et maintenant ?

Avec « Music, Fashion, Film », Charli XCX tente de se réinventer après le raz-de-marée de « Brat ». Si l’album peine à convaincre, la critique de Euronews FR souligne que le vrai défi reste de trouver un équilibre entre innovation et fidélité à son public. Pour l’artiste, l’enjeu sera désormais de transformer ces expérimentations en une œuvre aboutie, sans sacrifier ni sa créativité ni son audience. Reste à voir si ses futurs projets parviendront à concilier ces exigences.

Disponible depuis le 10 août 2026, « Music, Fashion, Film » s’adresse aux fans de Charli XCX en quête de nouveautés, mais aussi aux observateurs qui suivent de près l’évolution de la pop britannique. Si l’album ne révolutionne pas le genre, il offre quelques pépites qui pourraient, avec le temps, être réévaluées à leur juste valeur.

Selon Euronews FR, ce format ultra-condensé (30 minutes) reflète une volonté de l’artiste de proposer une série de vignettes musicales plutôt qu’un album traditionnel. Cette approche, bien que risquée, cherche à capturer des idées brutes et des émotions immédiates, mais elle se heurte à un manque d’aboutissement pour plusieurs titres.