Chaque été, des centaines de randonneurs empruntent les sentiers des Cévennes pour suivre les traces de l’écrivain écossais Robert Louis Stevenson et de son âne. Ce parcours de 270 km, aujourd’hui baptisé « chemin de Stevenson », attire autant les familles que les marcheurs solitaires en quête d’évasion et de lenteur. Selon Franceinfo - Culture, cette aventure, popularisée par le film « Antoinette dans les Cévennes » et par l’œuvre littéraire de Stevenson, offre une immersion totale dans des paysages préservés du Massif central.
L’attrait pour cette randonnée ne se dément pas. Jeudi 30 juillet, un reportage diffusé dans le journal de 13 heures de France 2 a mis en lumière cette expérience unique. Deux amis belges, accompagnés de leurs enfants et de deux ânes, ont ainsi choisi de se lancer sur ce chemin emblématique. Leur objectif ? Parcourir sept jours en autonomie, à la vitesse de 3 km/h, en s’immergeant dans un environnement où le goudron laisse rapidement place aux sentiers caillouteux et aux paysages sauvages.
Ce qu'il faut retenir
- Un parcours de 270 km, nommé en hommage à Robert Louis Stevenson, qui l’a immortalisé dans son récit « Voyage avec un âne dans les Cévennes » en 1878.
- Une randonnée populaire, renforcée par la comédie « Antoinette dans les Cévennes » (2020), mettant en scène Laure Calamy et son âne.
- Une immersion sur sept jours, à un rythme d’environ 3 km/h, avec des pauses régulières toutes les demi-heures.
- Un départ à 1 034 mètres d’altitude, avec une montée de 4 km et 300 mètres de dénivelé dès le premier jour.
- Une expérience adaptée aux familles, comme en témoignent deux Belges accompagnés de leurs enfants et de deux ânes.
Une aventure familiale et littéraire
Pour cette famille belge, l’idée de marcher avec des ânes remonte à un an. « Ça me fait plaisir, confie la mère de famille. Ils apprécient encore ces petits plaisirs tout simples de pouvoir être au contact de l’animal. » Une complicité qui transforme l’expérience en moment privilégié, loin de l’agitation urbaine. Les enfants, fiers de leur âne, suivent le groupe à un rythme soutenu, mais sans précipitation. « L’âne est super gentil. Il va à un bon rythme quand même », témoigne une jeune randonneuse.
Le père, quant à lui, souligne l’effet apaisant de cette marche. « Mon plaisir, c’est de les observer. Je trouve que c’est absolument fantastique le contact qu’ils ont avec l’âne. Je ne suis pas sûr et certain qu’ils auraient marché au même rythme sans les ânes. Ils auraient très certainement râlé dans une montée », explique-t-il. Une réflexion qui résume l’esprit de cette randonnée : un retour à l’essentiel, où la lenteur devient une vertu.
Un chemin qui séduit par son authenticité
Le chemin de Stevenson n’est pas qu’une simple marche en montagne. Il incarne une philosophie de vie, celle de l’éloge de la lenteur et de la reconnexion avec la nature. Les randonneurs qui s’y engagent savent qu’ils ne parcourront que 11 km le premier jour, une distance modeste mais suffisante pour s’imprégner de l’environnement. Le parcours, balisé et exigeant, demande de la préparation. Les participants doivent trouver leur route, gérer les pauses, et surtout, créer une relation de confiance avec leurs ânes.
Ce contact avec l’animal est au cœur de l’expérience. Laurie Meynet, guide accompagnatrice de l’agence « SAS Gentiane », rappelle que « quatre heures de marche avec les ânes sans compter les pauses » sont prévues pour la première journée. Une initiation qui permet aux novices de se familiariser avec le rythme et les besoins des animaux. « Après le film, il y a eu beaucoup plus de monde que d’habitude », confie une randonneuse, soulignant l’impact culturel de « Antoinette dans les Cévennes » sur la fréquentation du chemin.
Un héritage littéraire qui traverse les siècles
Robert Louis Stevenson a écrit « Voyage avec un âne dans les Cévennes » après avoir traversé la région en 1878. Son récit, mêlant aventure et introspection, a inspiré des générations de randonneurs. Aujourd’hui, le chemin porte son nom et attire des milliers de personnes chaque année. Le départ se fait traditionnellement dans le village du Puy-en-Velay, avant de longer les crêtes des Cévennes jusqu’à Saint-Jean-du-Gard. Un trajet qui alterne forêts, plateaux et villages typiques, offrant une diversité de paysages à couper le souffle.
Les randonneurs ne sont pas les seuls à s’inspirer de Stevenson. Des passionnés de longue date, comme ceux croisés en chemin, ont découvert cette aventure grâce à son œuvre. D’autres ont été séduits par le film, qui a contribué à populariser cette randonnée auprès d’un public plus large. « Ça me fait du bien de revenir à la nature », confie un jeune homme au terme de sa première montée. Une phrase qui résume l’attrait intemporel de ce parcours.
Pour les familles ou les groupes souhaitant tenter l’aventure, il est conseillé de bien préparer son itinéraire et de s’informer sur les étapes clés. Le chemin de Stevenson offre une parenthèse hors du temps, où chaque pas compte et où la lenteur devient une forme de liberté. Une raison de plus pour succomber à son charme, été après été.
Non, le chemin de Stevenson est accessible à tous, y compris aux débutants. Cependant, une bonne condition physique est recommandée, car certaines sections présentent des dénivelés importants. La présence d’ânes peut faciliter la progression, mais il est conseillé de se préparer en amont, notamment pour gérer les pauses et les étapes.