Les tensions commerciales entre les États-Unis et l’Iran s’intensifient, plaçant la Chine et l’Inde dans une position délicate. Selon nos confrères de RFI, Pékin et New Delhi, deux des principaux partenaires économiques de Téhéran, viennent d’être frappés par des sanctions américaines ciblant les pays continuant à commercer avec l’Iran. Une guerre économique que ni l’un ni l’autre ne semblent prêts à abandonner sans résistance.
Ce qu'il faut retenir
- Sanctions américaines : Washington a récemment sanctionné la Chine et l’Inde pour leurs échanges avec l’Iran, malgré l’embargo imposé par les États-Unis.
- Partenariats stratégiques : Pékin et New Delhi maintiennent des relations commerciales majeures avec Téhéran, notamment dans les secteurs énergétique et industriel.
- Enjeux économiques : Les deux pays doivent désormais arbitrer entre leurs intérêts économiques et les pressions diplomatiques américaines.
- Réactions internationales : Les mesures de Washington pourraient redessiner les alliances commerciales en Asie, avec des répercussions sur l’équilibre géopolitique régional.
Washington resserre l’étau sur Téhéran et ses partenaires
Les États-Unis, sous la présidence de Joe Biden, poursuivent une politique de « pression maximale » contre l’Iran, comme l’avait initiée Donald Trump. Selon nos confrères de RFI, cette stratégie inclut désormais des sanctions contre les pays tiers commerçant avec Téhéran, une mesure qualifiée de « guerre économique » par plusieurs analystes. La Chine et l’Inde, deux des plus grandes économies asiatiques, figurent en tête de liste des cibles américaines.
Pour Washington, l’objectif est clair : asphyxier l’économie iranienne en privant Téhéran de ses principaux partenaires commerciaux. « Les sanctions visent à isoler l’Iran sur la scène internationale », a déclaré un porte-parole du département d’État américain, sans préciser si des exemptions pourraient être accordées à Pékin ou New Delhi.
La Chine et l’Inde face à un dilemme économique et politique
Côté chinois, les échanges avec l’Iran restent stratégiques. Pékin est le premier importateur de pétrole iranien, avec des volumes atteignant 800 000 barils par jour avant les sanctions américaines, selon les données de 2025. « Nous défendons nos intérêts légitimes et continuerons à commercer avec l’Iran dans le respect du droit international », a affirmé un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères. Pour autant, la Chine pourrait temporiser pour éviter une escalade avec les États-Unis, tout en maintenant ses liens économiques avec Téhéran.
L’Inde, de son côté, importe également du pétrole iranien à hauteur de 300 000 barils par jour, un chiffre qui pourrait être réduit sous la pression américaine. New Delhi a déjà commencé à diversifier ses approvisionnements, augmentant ses importations en provenance d’Arabie saoudite et des États-Unis. Pourtant, l’Inde maintient des projets d’infrastructure en Iran, comme le port de Chabahar, un corridor clé pour relier l’Asie centrale à l’océan Indien.
Quelles stratégies pour contourner les sanctions ?
Pour éviter les foudres de Washington, la Chine et l’Inde explorent plusieurs pistes. Pékin mise sur le troc et les paiements en monnaie locale, tandis que New Delhi tente de négocier des dérogations partielles. « Nous étudions toutes les options pour préserver nos relations commerciales avec l’Iran, y compris via des mécanismes alternatifs de paiement », a indiqué un haut responsable indien sous couvert d’anonymat.
Côté iranien, Téhéran mise sur des partenariats avec la Russie et la Turquie pour contourner l’embargo. « L’Iran ne sera pas isolé », a affirmé le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, lors d’une conférence à Moscou en août 2026. Un discours qui reflète la volonté de l’Iran de maintenir ses liens économiques malgré les pressions.
Reste à voir si la Chine et l’Inde parviendront à préserver leurs échanges avec Téhéran sans déclencher une crise majeure avec les États-Unis. Une chose est sûre : l’Asie centrale et le Moyen-Orient resteront au cœur des tensions géopolitiques dans les mois à venir.
Les sanctions américaines visent principalement le secteur pétrolier iranien, les transactions financières et les entreprises commerçant avec Téhéran. Pour les pays tiers comme la Chine ou l’Inde, les mesures incluent des restrictions sur les exportations vers les États-Unis et des sanctions ciblées contre des entités spécifiques impliquées dans le commerce avec l’Iran.