Alors que les incendies ravagent toujours le Sud-Ouest et la Provence, le gouvernement a décidé d’activer le dispositif de chômage partiel pour les entreprises affectées. Les salariés concernés continueront à percevoir 72 % de leur salaire net, une partie étant prise en charge par l’État, a annoncé le ministre du Travail et des Solidarités, Jean-Pierre Farandou, cité ce 28 juillet dans un communiqué officiel. Selon BFM Business, cette mesure vise à protéger les emplois et à soutenir l’activité économique dans les zones sinistrées.

Ce qu'il faut retenir

  • Les entreprises touchées par les incendies en Gironde, Sud-Ouest et Provence peuvent bénéficier du chômage partiel.
  • Les salariés percevront 72 % de leur salaire net, avec une prise en charge partielle par l’État.
  • Le ministère du Travail a donné instruction de traiter en urgence les demandes d’activité partielle.
  • Plus de 13 000 entreprises ont été évacuées en Gironde, dont 7 000 artisanales et 6 300 commerciales.
  • Le gouvernement a également instauré un échéancier de 12 mois pour le paiement des cotisations sociales patronales.
  • Les employeurs sont invités à privilégier le télétravail et à limiter les expositions aux fumées.

Un dispositif accéléré pour préserver l’emploi et l’activité économique

Dans un contexte où l’activité économique est fortement perturbée, voire totalement arrêtée dans les zones les plus touchées, le gouvernement a pris des mesures exceptionnelles. Selon BFM Business, le ministre du Travail a demandé aux services de l’État de traiter « en urgence » les demandes d’activité partielle déposées par les entreprises sinistrées. « Notre priorité est simple : protéger les salariés, préserver l’emploi, l’activité économique et accompagner les entreprises touchées », a déclaré Jean-Pierre Farandou, soulignant l’urgence de la situation.

Le chômage partiel permettra aux salariés évacués ou dans l’impossibilité de travailler en raison des fumées de continuer à percevoir une partie de leur salaire. Les entreprises dont l’activité est directement menacée par les incendies pourront également y recourir, qu’elles aient été évacuées ou non. Ce dispositif couvre les cas où la poursuite de l’activité n’est plus possible en raison des risques pour la santé ou la sécurité des employés, malgré les mesures de prévention mises en place.

Gironde en première ligne : plus de 13 000 entreprises évacuées

Les chiffres publiés par le ministère de l’Économie et ceux avancés par la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) de Gironde illustrent l’ampleur de la crise. Selon Roland Lescure, ministre de l’Économie, « plus de 13 000 entreprises ont été évacuées en Gironde et ne peuvent plus mener leur activité normale », dont 7 000 entreprises artisanales et 6 300 entreprises commerciales. De son côté, le président de la CCI de Gironde, interrogé par BFM Business, a estimé à « environ 14 500 entreprises » le nombre total d’entreprises impactées, soit « à peu près 130 000 personnes qui ne peuvent pas travailler aujourd’hui ». Ces chiffres ne comprennent pas les entreprises dont l’activité est indirectement affectée par les incendies.

Un accompagnement financier et social renforcé

Pour soulager la trésorerie des entreprises, le gouvernement a mis en place un échéancier exceptionnel pour le paiement des cotisations sociales patronales. Selon BFM Business, l’Urssaf pourra accorder un report de paiement pouvant aller jusqu’à douze mois, sous réserve d’une demande préalable de l’employeur. Cette mesure s’ajoute aux dispositifs déjà annoncés pour soutenir les acteurs économiques en difficulté. « L’administration peut être empathique : les entreprises touchées pourront payer leurs charges plus tard après en avoir fait la demande », avait précisé le gouvernement dans une précédente communication.

« Notre priorité est simple : protéger les salariés, préserver l’emploi, l’activité économique et accompagner les entreprises touchées. »
— Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail et des Solidarités

Des recommandations pour limiter les risques liés aux fumées

Au-delà du soutien financier, le gouvernement a rappelé les mesures de prévention à appliquer pour protéger les salariés exposés aux fumées des incendies. Le ministère du Travail recommande de privilégier le télétravail lorsque cela est possible, et de limiter les déplacements et activités physiques en extérieur. En cas d’exposition prolongée en extérieur, le port du masque FFP2 est vivement conseillé. Ces consignes s’appliquent aux entreprises dont l’activité ne peut être suspendue, notamment dans les secteurs essentiels comme la logistique ou les services publics.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines seront décisives pour évaluer l’efficacité des mesures mises en place. Les entreprises concernées devront déposer leurs demandes de chômage partiel et de report de cotisations dans les délais impartis pour en bénéficier pleinement. Le gouvernement pourrait, si nécessaire, prolonger ou adapter ces dispositifs en fonction de l’évolution de la situation. Une cellule de crise reste mobilisée pour suivre l’impact des incendies sur le tissu économique local et ajuster les aides en conséquence. La reprise d’activité dépendra également de l’évolution des feux et des conditions météorologiques.

Cette crise met en lumière la vulnérabilité des entreprises face aux catastrophes naturelles, un enjeu qui pourrait se renforcer avec l’intensification des épisodes de sécheresse et de canicule en France. Les pouvoirs publics et les acteurs économiques devront probablement anticiper de nouvelles solutions pour protéger durablement l’emploi et l’activité dans les territoires exposés.

Selon BFM Business, sont éligibles les entreprises sinistrées, celles situées dans une zone ayant fait l’objet d’une évacuation, celles ne pouvant poursuivre leur activité en raison des conséquences des incendies, et celles dont la poursuite de l’activité n’est plus possible en raison des risques pour la santé ou la sécurité des salariés, malgré les mesures de prévention.

Les entreprises doivent déposer une demande d’activité partielle auprès des services de l’État, qui seront traités en urgence. Le ministère du Travail a précisé les modalités d’éligibilité dans un communiqué publié le 28 juillet. Il est conseillé de se rapprocher de la préfecture ou de la DIRECCTE de sa région pour obtenir les informations nécessaires.