Le groupe japonais SoftBank va investir 75 milliards d’euros en France dans les infrastructures liées à l’intelligence artificielle, dont 45 milliards d’ici à 2031 dans les Hauts-de-France, a annoncé son président, Masayoshi Son, dans un entretien accordé à La Tribune dimanche. Cette annonce spectaculaire ouvre la neuvième édition du sommet Choose France, qui se tient ce lundi au château de Versailles, où le président Emmanuel Macron cherche à attirer un nouveau record d’investissements étrangers en France, selon BFM Business.

Depuis le lancement de ces sommets annuels en 2018, les entreprises internationales ont investi 87 milliards d’euros dans l’Hexagone. Le chef de l’État a d’ailleurs évoqué vendredi des annonces « formidables » pour l’édition 2026, lors d’une visite de site industriel près de Châteaudun (Eure-et-Loir).

Ce qu'il faut retenir

  • 75 milliards d’euros d’investissements annoncés par SoftBank dans l’intelligence artificielle, dont 45 milliards dans les Hauts-de-France d’ici 2031.
  • Revolut porte à plus d’un milliard d’euros ses engagements en France en moins d’un an, avec la création de 400 emplois d’ici 2030.
  • Marcegaglia investit 600 millions d’euros supplémentaires à Fos-sur-Mer, portant son engagement total à 1,2 milliard d’euros pour une nouvelle aciérie.
  • Foxconn doit officialiser un investissement de 120 millions d’euros à Angers pour une ligne de production de cartes mères dédiées à l’IA.
  • Ecolab injecte 100 millions d’euros dans deux sites industriels, dont une usine de fer décarboné à Fos-sur-Mer et une unité photovoltaïque en Moselle.

Un sommet sous le signe de l’intelligence artificielle et de l’industrie verte

Le sommet Choose France 2026 s’annonce comme un tournant, avec des annonces majeures dans des secteurs clés pour l’avenir économique français. L’intelligence artificielle et la décarbonation de l’industrie figurent en tête des priorités, comme en témoigne l’engagement sans précédent de SoftBank. « La rencontre avec le président Macron en avril a renforcé ma conviction : la France est un pays combatif, persuasif et persistant pour défendre ses atouts économiques », a expliqué Masayoshi Son à La Tribune.

Côté industriel, le projet Mistral du sidérurgiste italien Marcegaglia illustre cette dynamique. L’entreprise va investir 600 millions d’euros supplémentaires à Fos-sur-Mer, portant son engagement total à 1,2 milliard d’euros. Ce projet prévoit la création de la première aciérie française depuis plus de cinquante ans, ainsi que le premier grand laminoir du pays depuis cette période. L’usine intégrera l’intelligence artificielle et fonctionnera avec une électricité décarbonée, visant des performances de référence en sobriété énergétique.

Des engagements majeurs dans la finance, la tech et l’énergie

Le secteur financier n’est pas en reste. La néobanque britannique Revolut, déjà engagée à hauteur d’un milliard d’euros lors du dernier sommet, a annoncé dimanche un investissement supplémentaire de 100 millions d’euros, ainsi que la création de 200 nouveaux emplois d’ici 2030. « En moins de douze mois, l’entreprise aura engagé plus d’un milliard d’euros et 400 créations de postes dans l’Hexagone », précise-t-elle dans un communiqué. Revolut prévoit d’employer 650 personnes en France d’ici 2030, dans le cadre d’un plan global de 13 milliards d’euros d’investissements et de 10 000 emplois créés sur cinq ans, présenté en septembre 2025.

Dans le domaine des technologies, le géant taïwanais Foxconn devrait officialiser un investissement de 120 millions d’euros à Angers. Ce projet, réalisé en partenariat avec Bull (ex-filiale d’Atos spécialisée dans les supercalculateurs), vise à lancer une ligne de production de cartes mères dédiées à l’intelligence artificielle. L’usine sera implantée sur le site industriel de Bull à Angers, où seront fabriqués des équipements pour les centres de données et les infrastructures high-tech.

Le secteur de l’énergie et des matériaux durables est également mis à l’honneur. Le spécialiste américain du traitement de l’eau, Ecolab, a annoncé un investissement de 100 millions d’euros répartis sur deux sites : Fos-sur-Mer, où sera construite une usine de fer décarboné en partenariat avec Rio Tinto, Engie et Siemens, et Hambach en Moselle, où une usine de cellules photovoltaïques HoloSolis verra le jour. Cette dernière, portée par le néerlandais InnoEnergy, sera la plus grande d’Europe à son démarrage en 2027.

Un rendez-vous annuel devenu un levier d’attractivité économique

Depuis son lancement en 2018, le sommet Choose France s’est imposé comme un événement clé pour promouvoir l’attractivité de la France auprès des investisseurs étrangers. En huit éditions, les entreprises internationales y ont annoncé des engagements totalisant 87 milliards d’euros, selon les chiffres communiqués par l’Élysée. « Ces annonces confirment la capacité de la France à attirer des projets industriels ambitieux et à se positionner comme un leader dans les secteurs de demain », souligne un observateur économique proche du dossier.

Le choix du château de Versailles comme cadre de ce sommet n’est pas anodin. Il symbolise à la fois le prestige de la France et sa volonté de modernisation. Pour Emmanuel Macron, il s’agit aussi de montrer que le pays reste un partenaire fiable pour les grands groupes mondiaux, malgré un contexte économique et géopolitique parfois incertain. « La France offre un écosystème favorable, une main-d’œuvre qualifiée et des infrastructures de pointe », a-t-il défendu lors de sa visite de site en Eure-et-Loir.

Et maintenant ?

Les annonces faites lors de ce sommet devraient se concrétiser progressivement d’ici 2027-2030, avec des impacts attendus sur l’emploi, l’innovation et la transition écologique. Les prochaines étapes concerneront notamment le lancement des appels d’offres pour les infrastructures liées à l’IA, ainsi que les autorisations administratives pour les nouvelles usines. Reste à voir si ces engagements seront suivis d’effets concrets sur le terrain, dans un contexte où la compétitivité française est souvent questionnée.

Ce sommet intervient alors que l’Europe tente de réduire sa dépendance technologique et industrielle, notamment vis-à-vis des États-Unis et de la Chine. Les projets annoncés en France pourraient ainsi s’inscrire dans une stratégie plus large de souveraineté européenne, notamment dans les secteurs de l’énergie verte et de l’intelligence artificielle.

Pour l’heure, les observateurs attendent avec impatience la clôture de cette édition 2026, qui pourrait battre le record de 20 milliards d’euros d’investissements annoncés l’an dernier. Une chose est sûre : le château de Versailles, symbole d’un héritage historique, devient aussi celui d’une ambition industrielle renouvelée.

Les annonces portent principalement sur trois secteurs : l’intelligence artificielle (avec SoftBank et Foxconn), l’industrie verte et décarbonée (Marcegaglia, Ecolab, Rio Tinto) et la finance/tech (Revolut). Ces domaines correspondent aux priorités stratégiques de la France pour les années à venir.

Ces projets s’articulent autour de plusieurs axes : la relance industrielle, la transition écologique et le développement des technologies de pointe. Ils visent à renforcer la souveraineté économique de la France tout en créant des emplois qualifiés et en modernisant les infrastructures.